Le WWF et Greenpeace s'opposent à l'extraction de sable en mer du Nord

©Hollandse Hoogte / Evert van Moo

Plusieurs organisations de défense de l’environnement font front commun au Conseil d’État pour contester les concessions d’extraction de sable et graviers en mer du Nord.

Quatre associations de défense de l’environnement, dont le World Wide Fund for Nature Belgium et l’aile belge de Greenpeace, contestent les concessions en mer du Nord accordées par le gouvernement fédéral à trois industriels, Belmagri, Alzagri et DC Industrial, une filiale du groupe De Cloedt. Elles demandent au Conseil d’État d’annuler l’arrêté ministériel du 30 juillet dernier ayant prolongé ces concessions pour dix ans, jusqu’au 31 décembre 2029.

Les trois concessions portent sur les mêmes activités, l’extraction de sable et de graviers du lit du plateau continental. Outre le WWF et Greenpeace, le recours est porté par l’ASBL Natuurpunt et le Bond Beter Leefmilieu Vlaanderen.

"Nous sommes obligés de recourir à la voie judiciaire pour inverser la tendance."

Quel est le fond du problème? "Malgré sa taille limitée, la mer du Nord est très fréquentée, explique une porte-parole des quatre associations. Diverses activités y cherchent une place: pêche et aquaculture, activités militaires, extraction de sable et de gravier, transport maritime, ports, production d’énergie en mer, canalisations et câbles, tourisme et loisirs, recherche scientifique…"

Or l’état de la nature en mer du Nord est très préoccupant, ainsi qu’on peut le lire dans le dernier rapport d’évaluation de la directive-cadre sur la stratégie pour le milieu marin. "L’eutrophisation (soit le déséquilibre du milieu provoqué par l’accumulation locale de certains nutriments, NDLR), la perturbation des fonds marins et les déchets demeurent des problèmes. La mer du Nord est également plus chaude et plus acide depuis les années 1970 et des espèces non indigènes y ont été ajoutées."

Les associations ajoutent que les zones naturelles protégées en mer ne le sont réellement que sur papier. Dans ces zones, "on peut toujours exercer des activités potentiellement nuisibles telles que la pêche, l’extraction de sable, des exercices militaires, etc., grâce à une faille dans la législation environnementale qui les exonère de l’obligation de réaliser une évaluation d’impact sur l’environnement", souligne leur porte-parole.

Des règles de protection plus strictes

Selon elles, les mêmes lois et règles devraient s’appliquer à toutes les activités exercées dans la partie belge de la mer du Nord; cela aurait pour effet que plus aucune activité ne serait permise dans les zones naturelles protégées, sauf moyennant l’obtention, soumise à conditions très strictes, d’un permis Natura 2000. On n’y est donc pas, et "comme il existe peu d’initiatives concrètes des autorités en faveur d’une protection efficace de la nature", les quatre associations se sentent "obligées de recourir aux moyens d’action" qu’offre la justice pour espérer "inverser la tendance".

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