Les partis flamands se cherchent de nouveaux présidents

Bart Tommelein (Open VLD) ©Photo News

CD&V, Open Vld, sp.a et Groen doivent prochainement se choisir un nouveau président. Cette instabilité mine les négociations gouvernementales en cours.

Recherche candidat à la présidence. Tel pourrait être le mot d’ordre pour les quatre partis traditionnels en Flandre. CD&V, Open Vld, sp.a et Groen doivent prochainement remplacer leurs présidents respectifs: Wouter Beke, Gwendolyn Rutten, John Crombez et Meyrem Almaci. Cette valse des présidences est-elle révélatrice d’un problème de légitimité? Les quatre partis ont en effet déçu aux récentes élections. Mais surtout, cette instabilité mine les négociations en cours. "Avec quel mandat les présidents se présentent-ils à la table des négociations, sachant qu’ils seront amenés à prendre des décisions qui engageront leurs successeurs pour plusieurs années?" interroge Nicolas Bouteca, politologue à l’université de Gand (UGent).

Voyons comment se présente la situation dans chacun des partis concernés.

Open Vld

Bien que l’élection présidentielle ne soit prévue que pour l’année prochaine chez les libéraux flamands, l’ancien ministre et actuel bourgmestre d’Ostende Bart Tommelein est sorti du bois hier à la radio. "J’ai de l’ambition pour une telle fonction."

Il croisera sur sa route une autre personnalité du parti, l’ex-député flamand Francesco Vanderjeugd. Tommelein est soutenu par le président de la Chambre Patrick Dewael et le bourgmestre de Malines Bart Somers. Le bourgmestre de Courtrai Vincent Van Quickenborne pousse, lui, la candidature du député Egbert Lachaert. L’objectif sera le même pour chacun d’entre eux: récupérer les électeurs de centre droit partis à la N-VA.

sp.a

Hannes De Reu (sp.a). ©BELGA

Un seul candidat s’est jusqu’ici présenté pour succéder à John Crombez. Il s’agit d’un certain Hannes De Reu (33 ans), responsable des relations avec le syndicat et la mutuelle. D’autres candidats pressentis sont la cheffe de groupe à la Chambre Meryame Kitir, le chef de groupe au Parlement flamand Conner Rousseau et le bourgmestre de Louvain Mohamed Ridouani, même si ce dernier affirme ne pas vouloir franchir le pas.

"John Crombez est mieux considéré par les militants sp.a que par certains mandataires."
nicolas bouteca
politologue à l’université de gand

John Crombez, lui, n’exclut pas de rempiler. "Il est bien considéré auprès des militants du parti, mieux en tout cas que chez certains mandataires", souligne Nicolas Bouteca. Les candidats ont jusqu’au 4 octobre pour se manifester.

Groen

Bjorn Rzoska (Groen). ©BELGA

C’est le seul parti où un candidat se détache clairement pour succéder à Meyrem Almaci. Björn Rzoska (46 ans) officie jusqu’ici comme chef de groupe au Parlement flamand. Son discours pragmatique est de nature à séduire des militants très remontés contre la façon dont le tandem Almaci-Calvo a galvaudé, à coup de slogans moralisateurs, une victoire qui semblait pourtant promise aux écologistes.

 "Nombreux sont ceux qui pensent que Groen est un parti pour les nantis, ce qui nous a fait perdre beaucoup d’électeurs", analyse Björn Rzoska, qui s’est choisi une colistière en la personne de Rina Rabau (35 ans), conseillère communale à Malines et cheffe de cabinet d’Ecolo-Groen à Ixelles.

Notons que ce vendredi, Meyrem Almaci a fait part de son intention de prolonger son mandat à la tête du parti. Elle se présente en duo avec Dany Neudt, chef de cabinet de l'échevin gantois Bram Van Braeckevelt.

CD&V

Hilde Crevits (CD&V) ©BELGA

Reste le cas du CD&V, le parti qui a sans doute essuyé l’échec le plus cuisant le 26 mai. Un groupe de travail, baptisé "les douze apôtres", doit évaluer les causes de l’échec. En attendant, le nom le plus souvent cité pour succéder à Wouter Beke est Hilde Crevits, ministre de l’Enseignement et étiquetée ACW (MOC). Sammy Mahdi, président des jeunes CD&V, n’exclut pas de se porter candidat.

En tout état de cause, ce ne seront plus les piliers traditionnels qui composent l’ossature du parti ("standen") qui trancheront. "L’idée est justement de se détacher des ‘standen’ pour pouvoir être plus flexible dans les prises de position politiques", explique Nicolas Bouteca. Les déboires du parti dans l’affaire des coopérateurs Arco (portés à bout de bras par l’ACW) ont manifestement laissé des traces.


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