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Les patrons flamands font le forcing pour obtenir le bonus emploi

Tous les présidents de partis avaient répondu présents à l'invitation du Voka. ©Photo News

Le patronat flamand plaide pour l’instauration du bonus emploi, une mesure qui figure dans l’accord de gouvernement régional mais qui depuis lors a pris du plomb dans l’aile.

Il faut réformer le marché du travail, c’est-à-dire le régionaliser davantage et instaurer le bonus emploi ("jobbonus") pour les bas salaires en Flandre. Tel est le message adressé par le patron des patrons flamands Wouter De Geest lors de la rentrée politique du Voka, lundi soir à Bozar à Bruxelles.

Ces mesures sont jugées nécessaires pour augmenter le taux d’emploi (l’objectif est d’atteindre 80% en fin de législature) et éviter que la reprise économique ne soit freinée par les pénuries de main-d’œuvre.

600
euros
Le bonus emploi vise à accorder un supplément de 50 euros par mois ou 600 euros par an pour ceux qui gagnent moins de 1.700 euros bruts par mois.

Si la régionalisation est un thème récurrent dans le discours des patrons flamands, le bonus emploi, qui vise à rendre le travail plus attractif, figure dans l’accord de gouvernement flamand de 2019. L’idée est d’accorder un supplément de 50 euros par mois (soit 600 euros par an) pour ceux qui gagnent moins de 1.700 euros bruts par mois. Ce supplément diminuerait à mesure que l’on s’approcherait des 2.500 euros brut par mois. Au-delà, le bonus ne s’appliquerait plus. Le coût budgétaire est estimé à 329 millions d’euros par an.

Si le Voka insiste sur le bonus emploi, c’est parce que l’idée a pris du plomb dans l’aile depuis 2019. Parmi les partis de la majorité flamande, seul l’Open Vld y est encore totalement favorable. La N-VA et le CD&V ainsi que les syndicats n’y tiennent plus tellement, les uns parce que cela va alourdir un déficit budgétaire déjà considérable (5 milliards d’euros pour la Flandre cette année) en raison du covid, les autres parce que l’efficacité en termes de mise à l’emploi est sujette à débat.

Pourquoi ? Parce qu’entre-temps le gouvernement fédéral a décidé de relever le salaire minimum à 1.702 euros. Résultat : le nombre de bénéficiaires de la mesure serait beaucoup plus restreint.

"Il n’est pas nécessaire d’attendre une nouvelle réforme de l’État."
Wouter De Geest
Président du Voka

Par ailleurs, il subsiste une incertitude sur le régime fiscal du bonus emploi. Si le fédéral décide de taxer le bonus flamand, cela reviendrait à opérer un transfert de la Flandre vers le reste du pays.

Dans son discours lundi soir devant les patrons flamands, le ministre-président Jan Jambon (N-VA) a soufflé le chaud et le froid. Le chaud d’abord en rappelant que le bonus emploi figure dans l’accord. "Pacta sunt servanda", a-t-il martelé. Le froid ensuite en indiquant que "toutes les pistes seront examinées pour réduire de moitié le déficit budgétaire". Pour la réponse définitive, Jan Jambon a fixé rendez-vous lundi prochain au Parlement flamand pour la "déclaration de septembre" (septemberverklaring), qui marque traditionnellement la rentrée politique au nord du pays.

Politiques asymétriques

En ce qui concerne la régionalisation des politiques de l’emploi, Wouter De Geest estime "qu’il n’est pas nécessaire d’attendre une nouvelle réforme de l’État". "Avec des politiques asymétriques, la Flandre peut mettre des accents propres en matière de suivi, d’indemnisation et de formation des demandeurs d’emploi", a-t-il plaidé.

C’est d’ailleurs le message que la ministre flamande l’Emploi Hilde Crevits (CD&V) compte adresser au ministre fédéral de l’Emploi, Pierre-Yves Dermagne (PS), qui préside la Conférence pour l’emploi qui se tient cette semaine.

2
ans
Le président de l’Open Vld, Egbert Lachaert, a plaidé pour une limitation des allocations de chômage à deux ans.

En attendant, le président de l’Open Vld Egbert Lachaert, rejoint par Bart De Wever (N-VA), a plaidé pour une limitation des allocations de chômage à deux ans, tout en admettant qu’il n’existe actuellement pas de majorité pour avancer dans cette direction. "À défaut, il faudrait au minimum un contrat entre le demandeur d’emploi et le VDAB (l’office régional de l’emploi, NDLR)", a-t-il indiqué.

Le président des socialistes flamands Conner Rousseau, lui, ne souhaite pas de limitation dans le temps mais des sanctions renforcées pour les chômeurs qui refusent des offres d’emploi.

Le résumé

  • La dynamisation du marché du travail était au centre de la rentrée politique du Voka.
  • Les patrons flamands souhaitent une régionalisation accrue des politiques d'emploi.
  • Ils plaident également pour un bonus emploi en faveur des bas salaires, idée qui figure dans l'accord de majorité régionale.
  • La majorité flamande semble toutefois divisée sur l'opportunité du bonus emploi.

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