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Les propositions de Pieter De Crem pour éviter un Blankenberge-bis

Ce qu'il s'est passé à Blankenberge ce samedi pourrait se reproduire. Les troubles de jeunes dans des zones récréatives sont des faits bien connus par les forces de l'ordre. ©BELGA

Le ministre De Crem a dû s'expliquer en Commission de l'Intérieur suite aux événements qui ont secoué la Côte ce week-end. Il promet des propositions pour canaliser les auteurs de faits similaires dans ce type de circonstances. Notamment des interdictions dans certains lieux.

Comment éviter un nouveau week-end noir à la Côte, avec afflux massif de touristes et bagarre sur la plage? Le ministre de l'Intérieur, Pieter De Crem, était soumis aux questions des députés dans une Commission rappelée dare-dare ce mardi matin, face à une droite flamande grondant sur l'origine "allochtone" des jeunes violents et une gauche qui demande que toute une population ne soit pas stigmatisée.

Pieter De Crem a rappelé le déroulement des événement et la coopération des différentes polices. ©Photo News

Attaqué sur sa gestion du problème et un manque soupçonné de coordination, Pieter De Crem a rappelé que les bourgmestres, en cette période de crise sanitaire, avaient eux-mêmes demandé, et obtenu, de pouvoir effectuer un travail sur-mesure dans leur commune et qu'ils sont responsables pour la gestion de l'espace public de leur territoire. Il a aussi réexpliqué la chaîne d'intervention en case de crise. Or, "à aucun moment, il n'a été nécessaire de déclencher la phase provinciale en Flandre occidentale."

Collaboration des polices

"Grâce à préparation minutieuse de la présence policière, il n’a a aucun moment fait état d’un manque d’effectif susceptible d’être déployé."
Pieter De Crem
Ministre de l'Intérieur (CD&V)

Quant à la coopération policière, De Crem a pointé l'appui, lors de la bagarre à Blankenberge, des zones de police voisine et des forces fédérales. "Grâce à préparation minutieuse de la présence policière, il n’a été, à aucun moment, fait état d’un manque d’effectif susceptible d’être déployé." Le ministre de l'Intérieur a néanmoins souligné des lacunes dans la gestion locale: selon lui, la première notification de troubles a été donnée à 14h, alors que la première intervention n'a eu lieu qu'à 17h30. Il remarque aussi que le groupe de jeunes en cause aurait pu être freiné plus tôt pour des motifs tels que le rassemblement, interdit, de plus de dix personnes ou l'abus d'alcool. "Ça n’a pas été le cas, on n’a pas profité de tous les moyens!"

"Je suis contre la fermeture des gares parce que déplacer le problème n’est pas une solution."
Pieter De Crem
Ministre de l'Intérieur

Concernant les mesures à prendre, le ministre De Crem refuse les règles trop générales. "Je suis contre la fermeture des gares parce que déplacer le problème n’est pas une solution. Ce serait le déplacer vers d’autres gares plus petites. Ou vers l’intérieur du pays. On ne peut pas punir tout un chacun à cause du comportement de certains criminels." Mais pour la suite, il promet des propositions qui vont "plus loin que celles qu'il a entendues" de la bouche des députés en Commission.

Que faire?

"On ne peut pas punir tout un chacun à cause du comportement de certains criminels."
Pieter De Crem
Ministre de l'Intérieur

Pieter De Crem compte proposer une interdiction de lieu aux personnes identifiées dans des faits similaires, qui pourrait être généralisée à toute la Côte, voire à d'autres endroits tels que les domaines récréatifs de toute la Belgique. Et pour les périodes de canicule, il envisage un devoir d’enregistrement des personnes connues pour des faits punissables, qui devront notifier leur présence pour pouvoir être contrôlées.

Concernant les suspicions de profilage ethnique, suite au témoignage d'un policier en gare de Blankenberge qui disait renvoyer chez eux les "jeunes qui correspondent au profil des responsables de l'accès de folie", Pieter De Crem a précisé que la sélection se basait sur des éléments spécifiques objectifs comme l'interdiction de groupe de plus de dix personnes, "compte non tenu de l’origine des personnes. Je ne vais jamais déroger à cette règle, quelle que soit l’origine!" Abus d’alcool et de drogue constituent aussi une raison d’interdiction.

Mardi, le bourgmestre de Knokke Leopold Lippens a en outre fait savoir que les touristes d'un jour étaient à nouveau les bienvenus dès mercredi. Il avait clairement fait savoir vendredi dernier qu'ils devaient s'abstenir de venir dans sa cité balnéaire.

La police s'étonne du silence du gouvernement bruxellois

Les syndicats policiers SLFP et SNPS veulent agir contre ce qu'ils appellent la "racaille bruxelloise" qui sévit à la Côte et ailleurs. "En festival, on trouve cela normal qu'on n'accepte pas de drogue, de musique et de boissons fortes. Et la police n'est pas accusée de profilage ethnique ou de restrictions de libertés." Ils demandent que les autorités bruxelloises agissent en amont. "Le gouvernement bruxellois doit coopérer. Or, il reste très silencieux", constate Vincent Houssin, , vice-président du SLFP Police.. "S'il y avait des hooligans anversois à Bruxelles, ils seraient les premiers à se faire entendre."

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