Ouverture d'une enquête sur Jan Fabre et ses comportements déplacés

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Humiliation, intimidation sexuelle: des anciens collaborateurs de Jan Fabre dénoncent son comportement. Le ministre flamand de la culture, Sven Gatz, a ouvert une enquête.

Une vingtaine de collaborateurs et stagiaires de Jan Fabre se plaignent du comportement de l'artiste anversois dans une lettre ouverte publiée mercredi soir sur le site internet du magazine spécialisé dans l'art "rekto:verso". Des faits d'humiliation et d'intimidation sexuelle sont évoqués.

La lettre ouverte fait état d'activités photographiques semi-secrètes. L'artiste renommé y aurait invité des danseurs dans le cadre de performances d'art visuel, et, sous couvert de ce prétexte, tenté un rapprochement sexuel. Certains danseurs se seraient vus offrir, après ces sessions, des sommes d'argent conséquentes. Qui les refusait voyait son rôle restreint et s'exposait à des humiliations ou manipulations, indique la lettre ouverte, signée par vingt personnes dont huit ont communiqué leur nom, le reste des signataires restant anonymes.

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Il est aussi reproché à Jan Fabre d'avoir humilié des femmes durant des répétitions à coup de "critiques douloureuses et souvent ouvertement sexistes". Une partie des signataires affirment avoir été victime de ces pratiques, une autre partie d'en avoir été le témoin. Leur témoignage est désormais rendu public car les tentatives de dialogue avec Jan Fabre au sein de la compagnie Troubleyn n'ont pas abouti.

Ça n'a jamais été mon intention d'intimider psychologiquement ou sexuellement des gens.
Jan Fabre

Les signataires s'offusquent aussi d'une interview durant laquelle l'artiste affirme n'avoir jamais constaté de problèmes relatifs à des comportements sexuels transgressifs au cours de quarante ans de collaboration. Or, en deux ans, pas moins de six collaborateurs ont pourtant claqué la porte pour cette raison, signale le document.

Jan Fabre et la compagnie Troubleyn réfutent les critiques sur le site internet de "rekto:verso". "Nous ne forçons personne ici à faire des choses qui sont considérées pour l'un, l'une ou l'autre comme au-delà de ses limites". Ils regrettent en outre qu'un procès soit mené dans les médias sans possibilité de se défendre et contestent tout comportement inapproprié.

Une enquête est ouverte

Le ministre flamand de la Culture, Sven Gatz (Open VLD), dit prendre au sérieux la lettre ouverte publiée. Il annonce que son administration ouvrira une enquête sur la compagnie de danse Troubleyn. Plus tard dans la journée, on apprenait que l'auditorat du travail d'Anvers a ouvert une enquête sur cette affaire. "Nous avons pris connaissance de la lettre ouverte de travailleurs et anciens collaborateurs de l'ASBL Troubleyn et avons, après consultation du procureur du Roi, décidé d'ouvrir une enquête", explique Pieter Wyckaert, membre de l'auditorat du travail. "Nous sommes compétents pour enquêter car ces faits se seraient produits sur le lieu de travail. Pour autant que je sache, aucune plainte n'a été déposée mais cela n'est pas nécessaire pour l'ouverture d'une enquête."

"Je suis préoccupé par le contenu de la lettre", indique de son côté le ministre flamand de la Culture. Il ajoute avoir été informé de cette affaire voici dix jours. "Toute plainte sur des comportements transgressifs doit être prise au sérieux".

Le département culture, jeunesse et médias de son administration va se pencher sur cette affaire. "Un audit par mon administration offre la possibilité de donner la parole à toutes les parties. J'attends les conclusions de mon administration avant d'entamer d'autres étapes". 

La compagnie Troubleyn reçoit des subsides du gouvernement flamand. Les conditions fixées sont notamment le respect du droit du travail et n'autorisent dès lors pas les comportements transgressifs, selon le ministre. Une enquête qu'il a fait réaliser dans le secteur de la culture et des médias montre qu'une femme sur deux qui y est active a fait l'expérience de comportements inappropriés. Quatre pour cent d'entre elles ont fait état de contact sexuel forcé ou de chantage...

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