La pollution à Zwijndrecht connue du gouvernement depuis 2017

La pollution sur le site de 3M à Zwijndrecht durait depuis au moins vingt ans. ©BELGA

Le gouvernement flamand et la Ville d'Anvers ont été mis au courant dès 2017 du risque sanitaire à Zwijndrecht, mais ils n'y auraient pas donné suite.

L'information a été révélée par plusieurs médias flamands jeudi et devrait continuer d'alimenter le scandale qui secoue actuellement le nord du pays. Le 29 septembre 2017, la quasi-totalité des membres du gouvernement flamand, dirigé par Geert Bourgeois (N-VA), ainsi que le bourgmestre d'Anvers Bart De Wever, ont été mis au courant du risque sanitaire lié à la pollution au PFOS d’une vaste zone entourant le site de production de 3M à Zwijndrecht, près d’Anvers.

C'est Liantis, la société qui réalise les travaux de l'Oosterweel, l'extension du ring d'Anvers, qui a alerté par mail les personnes précitées. Celles-ci n'y ont cependant pas donné suite et les habitants n'ont pas été mis au courant.

Le PFOS (ou acide perfluorooctanesulfonique) est une substance chimique qui peut poser des problèmes de santé graves (cancers, cholestérol, obésité, immunité à la vaccination).

Un exécutif silencieux

Lantis a effectué ses propres analyses des sols. Ce qui a permis d'établir, dès 2017, la forte contamination du terrain.

La question s'est posée au sein du gouvernement de Geert Bourgeois de l'opportunité d'organiser une soirée d'information pour les habitants.

Une analyse a également été commanditée par le toxicologue Jan Tytgat (KU Leuven) qui a compilé ses observations dans un rapport daté du 6 octobre 2017. Il en est ressorti que la présence de PFOS posait problème tant pour la santé publique que pour la chaîne alimentaire.

Le rapport conseillait de ne pas consommer les légumes issus des zones polluées au-delà des normes. Il conseillait également de ne pas laisser les enfants jouer dans les bacs à sable où les sols avaient été contaminés.

En dépit de ces informations, la communication par les services de gestion des déchets du gouvernement flamand (OVAM) auprès des habitants n'a pas eu lieu. Le porte-parole de l'OVAM, Jan Verheyen, a précisé que si aucune communication n'avait été réalisée, c'est parce que les normes n'étaient pas dépassées.

Au sein du gouvernement de Geert Bourgeois, la question s'est posée de l'opportunité d'organiser une soirée d'information pour les habitants. L'exécutif a finalement choisi de ne rien faire.

Commission d'enquête ouverte

Mercredi soir, quelques heures avant ces révélations, le Parlement flamand a donné son feu vert à la mise sur pied d'une commission d'enquête afin de faire la lumière sur cette affaire.

Cette commission d'enquête va surtout se pencher sur l'historique du dossier.

La ministre flamande de l'Environnement, Zuhal Demir avait sollicité la constitution d'une telle commission dès la semaine dernière. Ce qui avait provoqué un certain malaise au sein de la majorité, une telle démarche émanant en général de l’opposition.

Si une majorité s'est finalement dégagée en faveur d'une commission d'enquête, c'est parce que l'Open Vld a changé son fusil d'épaule, après quoi tous les autres partis ont suivi.

Cette commission d'enquête va principalement se pencher sur l'historique du dossier. Le gouvernement flamand se chargera, quant à lui, des étapes à suivre pour protéger la population.

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