Thyssen, l'histoire d'un ras-le-bol politique

Marianne Thyssen a jeté l’éponge. Elle en a assez de tenter de maintenir le CD&V à flot. Les autres membres n’auront qu’à assumer leur échec.

Je me suis décidée hier matin (mardi) et j’ai dormi une nuit sur ma décision. Personne ne me l’a demandé. Personne ne m’a demandé de ne pas le faire non plus", a dit Marianne Thyssen pour expliquer sa démission à la tête du CD&V. Ces mots, elle les a choisis pour qu’ils reflètent son ressenti. Marianne Thyssen avait été désignée pour sauver les meubles et son propre parti ne l’a guère aidée dans sa mission.

Thyssen avait un challenge quasi impossible à réaliser. Elle devait sauver le CD&V d’une débâcle électorale assurée. La chute des chrétiens flamands, due principalement à leur manque de concrétisation, est largement imputable à Yves Leterme. Non content d’avoir mis son parti au tapis, il fanfaronnait encore peu avant les élections, en se disant premier ministrable si les résultats étaient bons. Marianne Thyssen, qui s’était profilée prudemment comme candidate première, a eu beaucoup de fil à retordre avec Leterme.

"La pauvre", "Vraiment, on lui a juste donné le sale boulot à faire", entendait-on de-ci de-là avant les élections. "Elle ne le mérite pas. Cela nous fait de la peine à tous", a souligné hier Eric Van Rompuy, parlementaire flamand. C’est aussi ce que pense une bonne partie du CD&V.

D’ailleurs, qui est prêt à la remplacer? Personne ne veut s’y risquer. Wouter Beke, le vice-président, prend juste le relais à titre intérimaire. Les autres restent à l’abri.

Tâche ingrate

Le conseil du parti est venu chercher Marianne Thyssen il y a deux ans, alors que Jo Vandeurzen prenait le ministère de la Justice. À cette époque, il fallait quelqu’un pour prendre les rênes du parti pendant qu’Yves Leterme pouvait enfin jouer le rôle de sa vie: être Premier ministre.

Mais il fallait des reins solides pour garder les rangs du CD&V serrés autour d’un monsieur 800.000 voix, incapable de rester à son poste plus de 6 mois.

Les couacs du CD&V au gouvernement vont se succéder: 15 juillet 2008 sur la réforme socio-économique, 19 décembre 2008 sur le Fortisgate, 22 avril 2010 sur BHV. Marianne Thyssen devait aussi faire taire les voix discordantes au sein du parti.

Quand la popularité d’un parti décline, il y en a toujours quelques-uns qui veulent faire passer leur vision.

Ras-le-bol, tout simplement! Marianne Thyssen se voyait déjà devoir négocier comme perdante tout l’été face à De Wever d’une part, et poussée par des chiens fous du CD&V dans le dos. Sa présidence du parti s’est terminée sur une poignée de main assez sèche à Wouter Beke.

Marianne Thyssen retourne à l’Europe où elle a commencé en 1991. Là, où il y a quelque chose à faire de constructif, et où on ne lui tirera pas tout le temps dans les pattes.

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