Un investissement à 2,7 milliards à venir pour le port d'Anvers

©Hollandse Hoogte / Peter Hilz

Le groupe chimique britannique Ineos est sur le point d’investir dans deux usines sur le port d'Anvers. Ce serait le plus important investissement depuis 20 ans dans la chimie européenne.

Le groupe chimique britannique Ineos est sur le point d’investir 2,7 milliards d’euros dans deux usines sur le port d’Anvers. Des discussions sont toujours en cours avec la régie portuaire quant au réaménagement des terrains en concession. L’investissement serait en effet réalisé sur les terrains qu’occupent Gunvor, Monsanto et Solvay au nord du petit village de Lillo. Mais les principaux obstacles dans le dossier semblent désormais avoir été levés.

Le fer de lance de l’investissement sur la rive droite de l’Escaut est la construction d’un craqueur, un investissement de 1,7 milliard pour une installation destinée à convertir du gaz éthane en éthylène, une des principales matières de base dans le secteur chimique. Ce serait la première fois en vingt ans qu’un craqueur serait construit sur le continent européen. L’investissement est également le plus important dans le secteur chimique européen depuis vingt ans.

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Ineos – qui est devenue une des plus grandes entreprises chimiques indépendantes au monde en à peine deux décennies – veut également construire une usine de déshydrogénation de propane (PDH) sur le même site. Celle-ci serait destinée à convertir du gaz propane en propylène, une matière première de base de l’industrie des plastiques.

Il s’agit du plus grand investissement dans de nouvelles usines de l’histoire d’Ineos. Ce méga-investissement permet également à Anvers, qui abrite le plus grand cluster chimique au monde après Houston, de retrouver une place prépondérante sur la carte mondiale de la chimie et de consolider l’ancrage du secteur. C’est également un "acte de foi" dans le port d’Anvers qui avait accueilli de nombreux investissements importants dans la chimie l’an dernier.

Des emplois à la pelle 

Ineos – propriété du milliardaire britannique Sir Jim Ratcliffe – a longtemps mûri sa décision et n’a pas hésité à mettre plusieurs sites en concurrence. Le groupe était également en discussion avec le port de Rotterdam, mais il aurait finalement choisi Anvers en raison de sa situation. Le gros de la production des deux nouvelles usines est en effet destiné à des entreprises chimiques déjà établies à Anvers.

L’investissement permettrait la création de 500 nouveaux emplois. Pendant la phase de construction – qui devrait prendre quatre à cinq ans –, le chantier pourrait impliquer jusqu’à 3.000 personnes.

Avec l’investissement monstre d’Ineos, le port d’Anvers peut enfin tourner la page du groupe saoudien ERS. En effet, il y a trois ans, cette entreprise avait annoncé sa volonté de construire une usine de recyclage de plastique dans le port, un investissement de 3,7 milliards d’euros qui devait créer 900 emplois. Après deux ans de négociations, le port d’Anvers avait cependant abandonné un projet qui ne s’avérait pas viable.

Ni Ineos, ni la régie portuaire n’ont voulu donner de commentaires.

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