Un temps d'attente de quinze minutes imposé aux taxis Uber en Flandre

La guerre continue entre les chauffeurs de taxi et Uber. Cette fois, un décret flamand est au centre des discussions. ©Photo News

Uber conteste le nouveau décret flamand sur les taxis qui impose aux chauffeurs un temps d'attente de quinze minutes. La ministre flamande de la Mobilité annonce un ajustement.

Commander un Uber en Flandre, ce ne sera peut-être pas pour tout de suite. Le nouveau "décret taxi" de la Région flamande, entré en vigueur le 1er janvier, était censé permettre à Uber de s'installer officiellement dans le nord du pays. Mais le service de taxi américain, déjà implanté à Bruxelles depuis plusieurs années, n'est pas convaincu par la réforme. L'Association belge des chauffeurs de limousine (ABCL), qui représente environ 700 chauffeurs Uber, entend contester devant le Conseil d'État la "règle des quinze minutes", l'une des nouvelles mesures du texte. 

L'ancien ministre flamand de la Mobilité, Ben Weyts (N-VA), avait travaillé sur ce décret dans le but de moderniser le secteur des taxis, notamment en intégrant de nouveaux acteurs comme Uber. Le texte prévoit ainsi la suppression des tarifs fixes et des restrictions concernant le nombre de taxis. "Plus de taxis, à moindre prix", avait lancé le ministre en 2018. 

Quinze minutes de trop

Syndicats et chauffeurs avaient dénoncé des règles qui, selon eux, favorisent la société Uber. Aujourd'hui, c'est pourtant Uber qui montre son mécontentement, selon le quotidien flamand De Standaard. En cause, donc: le temps d'attente obligatoire de quinze minutes imposé aux taxis Uber. 

Non seulement le client doit attendre longtemps inutilement - ce qui n'améliore pas sa sécurité - mais les conducteurs peuvent également effectuer moins de trajets par heure, ce qui réduit leurs revenus.
Maurits Schönfeld
Directeur général d'Uber au Benelux

Quand un client commande une course, il doit en effet attendre un quart d'heure avant que le conducteur puisse commencer le trajet"Non seulement le client doit attendre longtemps inutilement - ce qui n'améliore pas sa sécurité - mais les conducteurs peuvent également effectuer moins de trajets par heure, ce qui réduit leurs revenus", a expliqué Maurits Schönfeld, le directeur général d'Uber au Benelux. 

Interrogée au Parlement flamand au sujet du décret taxi ce mercredi après-midi, la ministre flamande de la Mobilité Lydia Peeters (Open Vld) a annoncé un premier ajustement. Le temps d'attente obligatoire de quinze minutes, qualifié d'"erreur" par la ministre, sera donc modifié.

La mesure avait été demandée par le secteur des taxis pour faire la distinction entre les taxis de rue et les taxis de stationnement. Les premiers, illimités, peuvent se déplacer n'importe où pour aller chercher un client qui ne se trouverait pas à proximité d'une station de taxis. Les taxis de stationnement, quant à eux, disposent de places spécifiques dans des stations de taxis. En tant que taxi de rue, Uber n'est par exemple pas autorisé à utiliser les stations de taxis à l'aéroport de Zaventem.

Taxis vs Uber

Mais les chauffeurs de taxi de rue attendent souvent des clients juste à côté des stations fixes. "Une concurrence déloyale", d'après la fédération de sociétés de taxis GTL. La condition d'attente de quinze minutes devait par conséquent protéger le secteur des taxis face au géant Uber.

Pour Maurits Schönfeld, elle pourrait pourtant représenter un obstacle à l'extension d'Uber en Flandre. Plusieurs chauffeurs avaient annoncé qu'ils ne rouleraient pas en Flandre si le gouvernement flamand conservait cette mesure. 

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