174 milliards d'euros belges sont à l'étranger

©Thierry du Bois

Pour la première fois, le fisc voit clairement le montant des avoirs des Belges détenus à l’étranger.

L’an dernier, notre administration fiscale a échangé automatiquement des données financières avec 87 pays dans le cadre d’un accord international signé en 2014. En 2017, ils n’étaient encore que 45. Parmi ces pays, on trouve non seulement nos voisins immédiats, mais aussi des contrées comme la Suisse, Monaco, la Turquie, Israël, la Chine, le Brésil, les Émirats arabes unis et la Russie.

Les avoirs des Belges détenus sur des comptes étrangers ont pu être calculés grâce aux informations fournies par 87 pays.

Le fisc a donc pour la première fois une bonne vue d’ensemble du patrimoine des Belges sur des comptes étrangers. Selon les chiffres donnés par le ministre des Finances, Alexander De Croo (Open Vld), les Belges possédaient en 2017 (année des revenus) plus de 173,8 milliards d’euros sur ces comptes, au sens large (comptes d’épargne, mais aussi titres, assurances et rentes).

Prudence

Ce montant est à prendre avec prudence puisqu’il peut intégrer des "doublons". Ainsi, les avoirs détenus sur un compte à plusieurs titulaires sont communiqués séparément, dans leur totalité, pour chacun d’eux. La somme n’en reste pas moins considérable. Au dernier comptage effectué par notre rédaction (en juillet), les comptes courants et d’épargne en Belgique affichaient respectivement 97 et 279 milliards d’euros.

Le fisc souligne qu’il n’est pas autorisé à révéler les pays où les Belges détiennent ces 174 milliards d’euros. "Pas même le top 10 de ces pays ", souligne son porte-parole, Francis Adyns.

Marco Van Hees, député (PVDA-PTB), a demandé cependant au ministre De Croo comment notre fisc allait contrôler si ces 174 milliards ne sont pas entachés de fraude. "Le fisc contrôle sur la base d’une analyse des risques", a répondu De Croo. "Nous examinons s’il existe un grand écart entre les revenus déclarés par une personne et les données que nous recevons de l’étranger. Ce n’est donc pas le montant absolu qui est pertinent, mais la différence par rapport à la déclaration fiscale."

Le fisc soupçonne-t-il qu’il s’agit en grande partie d’argent noir? Francis Adyns: "Les raisons de détenir légitimement de l’argent à l’étranger sont multiples. Des Belges peuvent ouvrir des comptes à l’étranger le temps de leurs études ou de leur emploi et oublient de les clôturer après leur retour chez nous. Il peut s’agir aussi d’étrangers qui habitent en Belgique et possèdent encore un compte financier dans leur pays."

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