analyse

2 travailleurs sur 3 pensent à décrocher avant 65 ans

Le nouveau centre de gestion du trafic ferroviaire pour le rail belge. ©Photo News

Deux tiers des travailleurs ne se voient pas travailler jusqu’à l’âge de la retraite. En cause principalement, le stress au travail et le manque de considération pour les travailleurs âgés.

Tous les deux ans depuis 2013, Securex mesure jusqu’à quel âge le travailleur belge pense "pouvoir", "vouloir" et "devoir" travailler. Cette enquête, qui a été réalisée auprès de 1.502 répondants, débouche sur plusieurs constats.

Résignation. D’après l’enquête, 7 travailleurs sur 10 (72%) se résignent à devoir travailler au moins jusqu’à 65 ans, l’âge légal de la pension actuellement. À partir du 1er janvier 2025, l’âge légal de la pension sera porté à 66 ans et en 2030 à 67 ans. Parmi les personnes interrogées, 31% pensent qu’elles ne pourront pas partir avant 67 ans et 6% pensent même devoir travailler jusque 70 ans!

D’après l’enquête, 7 travailleurs sur 10 (72%) se résignent à devoir travailler au moins jusqu’à 65 ans, l’âge légal de la pension actuellement.

La prise de conscience semble augmenter avec l’âge. Les plus de 55 ans ne se voient pas partir avant 64 ans. En 2017, ils tablaient encore sur 63 ans. D’après Hermina Van Coillie, experte chez Securex, ceci pourrait indiquer que la sensibilisation fonctionne, notamment par le biais de MyPension.be (le module qui calcule quand chacun peut partir à la pension).

L’envie n’y est plus. Une majorité de travailleurs (63%) jugent pourtant que 65 ans constitue un challenge difficile, voire inatteignable. Ils pensent en effet ne pas "pouvoir" travailler jusque 65 ans. Un sur trois (31%) pense même qu’il ne pourra pas tenir jusque 60 ans. Seul un sur cinq (20%) se voit travailler jusque 65 ans et 17% de courageux se voient même poursuivre après 65 ans.

D’ailleurs, si ça ne tenait qu’à lui, le travailleur belge ne "veut" pas travailler jusqu’à l’âge légal de la pension. Trois sur quatre voudraient partir avant. La tendance se marque surtout chez les jeunes. Pour les moins de 25 ans, travailler jusque 58 ans est bien assez. C’est pourtant mieux qu’en 2017, où ils se fixaient comme objectif 54 ans…

Pour Hermina Van Coillie, il faut donner envie aux gens de travailler plus longtemps. "Les travailleurs qui aiment leur emploi ou qui trouvent qu’il a du sens veulent et peuvent travailler bien plus longtemps. Vous obtenez ce résultat en leur donnant de l’autonomie, en stimulant la solidarité avec les collègues et en veillant à ce qu’ils puissent exploiter leurs compétences."

44%
44% des travailleurs affirment que la charge mentale (stress, cadences, intensité du travail) les empêchera de travailler jusqu’à l’âge légal de la pension.

Le facteur stress. Les facteurs psychologiques, et dans une moindre mesure les circonstances physiques, sont les principaux obstacles qui empêchent de travailler jusqu’à l’âge légal de la pension. 44% des travailleurs mettent en cause la charge de travail mentale (stress, cadences, intensité du travail). 40% pointent la charge émotionnelle (ambiance, collègues, clients, situations difficiles à gérer et agressions). Les circonstances physiques (le bruit, la lumière, la température…) et la charge physique n’arrivent qu’en troisième et quatrième position, avec respectivement 39% et 37%. Un travailleur sur trois (34%) admet que cela tient à son mode de vie (alimentation, sommeil, exercice physique…) et un travailleur sur trois (34%) invoque son état d’esprit personnel (esprit positif, persévérance, faculté de relativiser). L’équilibre entre travail et vie privée est l’obstacle le moins gênant.

Plus de respect pour l’âge. Plus de 4 travailleurs sur 10 (43%) pensent par ailleurs qu’on ne les laissera pas travailler jusqu’à 65 ans. À peine 1 travailleur sur 4 pense encore être le bienvenu jusqu’à ses 65 ans. Les affaires de licenciements collectifs, dans lesquelles ce sont principalement les plus âgés qui doivent partir, ont visiblement laissé des traces. Van Coillie comprend cet état d’esprit: "Personne n’aime travailler dans une entreprise où il ne se sent pas bien ni le bienvenu. Si nous voulons maintenir les travailleurs plus longtemps au travail, nous devons faire en sorte qu’il y ait aussi dans l’entreprise des travailleurs plus âgés à qui ils peuvent s’identifier."

Des vieux plus courageux? Un déclic semble s’opérer au tournant de la cinquantaine. Ainsi, les moins de 50 ans indiquent qu’ils peuvent travailler jusque 62 ans alors que les plus de 50 ans pensent pouvoir tenir jusque 63 ans. De même, les moins de 50 ans ne veulent pas travailler au-delà de 59 ans, alors que les plus de 50 ans acceptent de rester jusque 62 ans. Or la réalité est que les plus de 50 ans peuvent encore espérer pouvoir bénéficier de certaines mesures transitoires avant que l’âge légal ne passe à 67 ans, alors que les moins de 50 ans ne pourront sans doute plus compter sur ces dispositifs transitoires.

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