30.000 personnes pour la grève mondiale du climat à Bruxelles

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Ce vendredi 15 mars était une journée placée sous le signe du climat partout dans le monde et plus précisément de la demande citoyenne d'un engagement politique plus fort pour lutter contre le changement climatique. 30.000 personnes ont défilé dans les rues Bruxelles.

Jeunes, ONG, collectifs pour le climat et simples citoyens préoccupés par la question climatique se sont donnés rendez-vous ce vendredi 15 mars pour une grève mondiale prévue dans plus de 100 pays. Le but? Mettre la pression sur les dirigeants afin qu'ils prennent des mesures concrètes pour lutter contre le changement climatique.

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Jeunes et étudiants marchent déjà chaque jeudi depuis des mois dans le cadre du "Jeudi pour le climat", des grèves scolaires organisées par Youth For Climate. Deux marches dominicales rassemblant à chaque fois près de 70.000 personnes dans les rues de Bruxelles ont également eu lieu depuis le début de l'année. Mais cette fois, l'événement est mondial et rassemble des milliers de personnes partout en Belgique. Dans 25 villes du territoire, selon Global Strike For Future: Bruxelles, 8 villes en Wallonie - Liège, Charleroi, Mons, Namur, Tournai, Louvain-la-Neuve, Arlon, Marche-en-Famenne, Esneux et Philippeville - et 16 en Flandre - Gand, Hasselt, Louvain, Bruges, Ostende, Courtrai, Roulers, Zottegem, Saint-Nicolas, Vilvorde, Termonde, Anvers, Izegem, Zwevegem, Bornem et Lokeren.

A Bruxelles, ce sont 30.000 citoyens qui ont déferlé dans les rues dès 13h45 au départ de la gare Centrale. Le cortège est arrivé vers 15h à la gare du Midi. "Il ne s'agit pas que d'un rassemblement en Belgique, mais d'une mobilisation mondiale. Nous portons un message qui transcende les frontières", a alors déclaré Adélaïde Charlier, l'égérie francophone du mouvement "Youth For Climate",  à l'issue de la manifestation. 

Les rassemblements ont commencé dans plusieurs pays d'Océanie et d'Asie. Des milliers de jeunes étaient au rendez-vous à Sydney, Bangkok ou encore Hong Kong, avec comme mots d'ordre "Il n'y a pas de planète B", ou encore "Si vous n'agissez pas comme des adultes, nous le ferons".  

"There is no time to waste", "Act now together", pouvait-on lire sur certaines pancartes à Bruxelles, majoritairement en anglais, en tête de cortège. Parmi les manifestants, élèves et étudiants, devenus coutumiers des rassemblements pour le climat, côtoient cette fois-ci leurs aînés, rassemblés sous les étendards des mouvements "Grands-Parents pour le climat", "Teachers for Climate", ou encore des associations de la société civile comme le CNCD.11.11.11, Greenpeace, Natagora, Amnesty International, etc. Amnesty International a donné rendez-vous à ses activistes et sympathisants "avec si vous en avez des lunettes de piscine et/ou des masques et tubas pour symboliser la montée des eaux causée par le changement climatique."

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Les syndicats colorent également la foule, avec une prédominance de rouge et de vert. En queue de cortège, plusieurs partis politiques ont également fait le déplacement, parmi lesquels le PS, Ecolo et le PTB, notamment.

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A Liège, ce sont quelque 800 jeunes, selon les estimations de la police, qui se sont rassemblés en fin de matinée sur l'esplanade des Guillemins. Les jeunes, issus des différents degrés d'enseignement, criaient, chantaient et brandissaient de nombreux slogans: "Célibataire cherche climat stable pour relation durable", "Ta planète, tu la veux bleue ou bien cuite?", "Stop les bouteilles, chacun sa gourde" en étaient quelques exemples.

D'autres rassemblements ont également déjà eu lieu à la place d'Armes à Namur où ils étaient 600; à la place Léopold à Mons et à la rue Beyaert à Tournai. A Louvain-la-Neuve, on a dénombré pas moins de 3.300 marcheurs.

"Ils volent notre futur en face de nos yeux!"

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"En 2015, nos gouvernements se sont engagés à Paris de protéger notre futur en gardant le réchauffement climatique en-dessous des 2 degrés Celsius, de façon juste au niveau social et climatique. Trois ans ont passé et notre futur semble plus sombre que jamais. Et tout cela car les adultes d'aujourd’hui s'en fichent de demain. Ils volent notre futur en face de nos yeux! Les adultes ne sont pas assez matures pour nous raconter la réalité des choses, même cela les enfants doivent s'en occuper! Pourquoi étudier pour un futur qui bientôt ne sera plus, et si personne ne fait rien pour sauver ce futur? Quel est le sens d'apprendre des faits si les faits les plus importants ne signifient rien pour notre société? Quel est le sens de l'éducation si nos gouvernements n'écoutent pas les personnes éduquées?", annonce Youth For Climate sur la page Facebook de l'événement.

"Les adultes d'aujourd’hui s'en fichent de demain. Ils volent notre futur en face de nos yeux! Les adultes ne sont pas assez matures pour nous raconter la réalité des choses, même cela les enfants doivent s'en occuper!"
Youth For Climate

Dans plusieurs écoles flamandes, la participation à la marche était obligatoire. "La participation à l'événement est une activité extra-muros, liée au projet pédagogique, aux objectifs éducatifs et au programme d'apprentissage", a indiqué la ministre flamande de l'Education, Hilde Crevits, au Nieuwsblad. Côté francophone, pas d'obligation mais la ministre de l'Enseignement Marie Martine Schyns ne souhaite pas que les élèves soient pénalisés au cas où ceux-ci participeraient à la grève.

Les syndicats en ordre dispersé

Si les syndicats éprouvent de la sympathie pour les jeunes qui manifestent, tous n'entendent pas répondre positivement à l'appel qui leur a été fait de déposer un préavis de grève.

  • La CSC n'a pas l'intention de déposer un préavis, selon son président, Marc Leemans. "Nous soutenons la mobilisation et appelons même à y participer. Mais nous n'introduirons pas de préavis de grève", a-t-il fait savoir.
  • La FGTB dit également appuyer le mouvement climatique, mais laisse le soin aux centrales professionnelles de prendre attitude. Trois des six centrales du syndicat socialiste, la Centrale générale, la FGTB Horval (horeca et alimentation) et la FGTB Métal ont déjà déposé un préavis de grève, contrairement aux secteurs des employés (Setca), du transport (UBT) et des fonctionnaires (CGSP).
  • La CGSLB a également décidé de ne pas déposer de préavis de grève. Le syndical libéral indique "soutenir le mouvement, mais pour qu’un plus grand nombre puisse adhérer aux mesures proposées, nous estimons qu’elles doivent aussi être sociales et justes".

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