5 à 8% des parents en burn-out parental

©Photo News

Une étude de la Mutualité chrétienne en collaboration avec l'UCLouvain indique que le burn-out parental touche, au minimum, 100.000 mères et 50.000 pères en Belgique. En quoi consiste ce type de burn-out? Comment en sortir?

Le burn-out parental touche entre 5 et 8% des parents en Belgique... soit entre 150.000 et 210.000 Belges, et au minimum 100.000 mères et 50.000 pères, selon les chiffres de l'étude de la Mutualité chrétienne et l'UCLouvain. 

Qu'est-ce que c'est? 

Concrètement, le burn-out parental touche les parents exposés à un stress parental chronique. Il présente plusieurs facettes comme l'épuisement, la distanciation affective avec les enfants, la perte d'efficacité et d'épanouissement dans son rôle de parent et le contraste (prise de conscience du parent entre celui qu'il était avant et ce qu'il est devenu).

L'étude illustre ces différentes facettes par plusieurs témoignages: "Je suis épuisée; c'est la saturation; rien que d'imaginer ce qu'on va manger le soir, c'est une montagne...; je suis juste en mode survie; le mot 'maman', je ne le supporte plus, il est devenu une torture", explique une maman.

Une autre explique avoir "l’impression d’être devenue distante vis-à-vis de mes enfants. Je regarde les autres parents et je me dis que je suis devenue un monstre d’insensibilité. Petit à petit, je développe des sentiments négatifs à leur égard. Je ne parviens plus à les voir tels qu’ils sont. Mais plutôt comme des individus qui mettent en danger ma survie. Cela fait de moi 'une mauvaise mère' et d’eux de 'mauvais enfants'".

La première mention du terme "burn-out parental" date de 1983. Le concept s'est développé dans la littérature scientifique à partir de 2007, pour véritablement exploser en 2017. Aujourd'hui, des chercheurs de 45 pays à travers le globe travaillent sur cette thématique.

"J'ai l’impression d’être devenue distante vis-à-vis de mes enfants. Petit à petit, je développe des sentiments négatifs à leur égard."
une maman

Intervention nécessaire

Pour faire avancer la recherche dans le domaine, l'UCLouvain et la Mutualité chrétienne (MC) ont organisé des groupes d'accompagnement avec 150 parents en burn-out. "Les résultats montrent qu'en l'absence d'intervention, aucun des symptômes ne se réduit spontanément avec le temps. A l'inverse, les effets positifs des protocoles de prise en charge ont été constatés immédiatement après la fin des huit séances mises en place et tendent à augmenter au fil du temps, pour les deux types d'intervention expérimentés", indique la MC.

Une intervention est bien souvent nécessaire puisque le burn-out parental peut avoir des conséquences graves sur le parent lui-même (problèmes de santé, addictions, intentions suicidaires...), sur le couple (irritabilité, conflits...) et sur la relation parent-enfant (négligence, violence...). Généralement, la personne qui est victime du burn-out parental se sent très coupable.

"Les résultats montrent qu'en l'absence d'intervention, aucun des symptômes ne se réduit spontanément avec le temps."
La Mutualité chrétienne

Chez les parents qui ont participé aux "groupes de parole" (où les questions sont ouvertes), les symptômes du burn-out parental régressent de 22,67%, tandis que chez les parents rassemblés au sein de l'intervention dite "structurée" (où le thérapeute donne les clés pour diminuer le stress et doper les ressources), la réduction est de 32,42%. 

"Les effets sur le long terme sont encourageants puisque le niveau du burn-out parental des participants a continué à décroître trois mois après la fin des séances", explique Maria-Elena Brianda, doctorante en psychologie à l'UCLouvain.

Une nouvelle recherche déjà lancée

Des analyses biologiques ont conforté ces données, expliquent l'UCLouvain et la MC dans leur communiqué: "Nous avons récolté des mèches de cheveux chez les parents, lors de la première session et trois mois après la dernière séance, pour comparer le taux de cortisol (hormone du stress, NDLR) et évaluer le stress des participants. Au final, on a constaté une diminution de 52% du cortisol capillaire après l'intervention", enchaîne la doctorante.

"Ces avancées nous motivent à poursuivre nos travaux. Nous allons lancer une nouvelle recherche sur le burn-out parental. Les personnes intéressées peuvent déjà s'inscrire sur notre site", précise Moïra Mikolajczak, professeure et directrice de recherche sur le burn-out parental à l'UCLouvain. Les résultats sont attendus pour la fin de l'année 2019.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect