600 millions d'euros pour revaloriser les soins de santé: "Un accord historique"

Les travailleurs des soins de santé ont été en première ligne face au Covid-19. Une crise qui leur aura permis d'obtenir gain de cause sur des revendications portées depuis des années. ©AFP

Le gouvernement fédéral a annoncé la conclusion d'un accord avec les partenaires sociaux sur une revalorisation des métiers des soins de santé.

La crise du coronavirus avait remis en avant l'importance et la pénibilité des métiers liés aux soins de santé, mais aussi le manque de moyens qui affectent le secteur. Au niveau politique, la promesse qu'on n'oublierait pas les travailleurs de soins de santé avait été formulée.

C'est fait. Partenaires sociaux et gouvernement fédéral sont arrivés à un accord sur une revalorisation structurelle du secteur, a fait savoir ce mardi le cabinet du vice-premier ministre et ministre du Budget et de la Fonction publique David Clarinval (MR).

500
millions d'euros
C'est le montant de l'enveloppe consacrée à la revalorisation des salaires.

Que contient cet accord?

Un refinancement structurel de l'ordre de 600 millions d'euros.

Cette enveloppe se décline en deux volets principaux: 500 millions consacrés à une revalorisation des salaires et 100 millions pour l'amélioration des conditions de travail. Cela concerne près de 110.000 équivalents temps plein dans le secteur des soins de santé.

Les demandes des syndicats sont rencontrées, se réjouit Yves Hellendorf. La nouvelle grille barémique commencera à être déployée partiellement - mais "de manière significative", précise le syndicaliste - dès 2021. Elle sera pleinement opérationnelle en 2022. Il est également prévu d'harmoniser les salaires dans les secteurs privés et public.

Un bémol tout de même: l'enveloppe espérée par le secteur pour l'amélioration des conditions de travail montait à 300 millions d'euros. Elle sera finalement de 100 millions. Ce volet (aménagements des congés, plans de formation, aménagement des horaires...) aurait nécessité davantage de moyens, estime Yves Hellendorf. "On verra au moment de passer à la pratique ce que l'on peut faire avec les moyens octroyés."

"Cet accord est assez historique. La crise Covid a fait sauter des verrous que l'on ne pensait pas voir sauter."
Yves Hellendorff
Secrétaire national CNE pour le non marchand.

Garantir des stocks stratégiques

La crise du coronavirus avait mis en évidence la mauvaise gestion des stocks stratégiques de masques et autres équipements de protection. L'accord annoncé ce mardi prévoit la (re)constitution de ces stocks.

Yves Hellendorff, secrétaire national CNE pour le non marchand, ne cache pas sa satisfaction. "Cet accord est assez historique. Il s'agit d'un refinancement pour lequel on s'est battu des années. La crise Covid a fait sauter des verrous que l'on ne pensait pas voir sauter."

Le syndicat chrétien se réjouit notamment de "disposer d'un budget permettant de finaliser la réforme salariale mise en chantier depuis 20 ans et entamée en 2017", relaie l'agence Belga.

"Des négociations difficiles à l'automne"

Le syndicat regrette par contre le manque de moyens alloués à l'amélioration des conditions de travail, ce qui "présage de négociations difficiles à l'automne", quand l'ensemble des mesures devront être coulées dans des conventions collectives de travail.

Il n'empêche, "ce sont des moyens budgétaires conséquents qui permettront aux demandes des travailleurs de terrain d'enfin se concrétiser", a enchaîné la CGSLB. "C'est un moment historique car il y a des années que le secteur réclamait des moyens structurants, offrant des perspectives d'avenir", a ajouté le syndicat libéral.

Accroître l'attractivité de ces professions

Côté gouvernemental, on s'estime aussi "particulièrement heureux" du dénouement, car "il est important d'accroître l'attractivité des professions du secteur des soins de santé".

Cet avant-projet d'accord social sera ratifié par le gouvernement après que tous les partenaires sociaux auront marqué leur accord.

Ces 600 millions d'euros s'ajoutent aux 402 millions d'euros du Fonds blouses blanches, sur lequel une majorité de partis s'est accordée le mois dernier. Pour rappel, ce fonds devra, entre autres, servir à créer de l'emploi et renforcer les équipes de première ligne, tout en investissant dans les formations.

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