Administrateur d'une entreprise publique, combien ça rapporte?

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D’après une étude de Guberna, le conseil d’administration de la Loterie nationale coûte 425.000 euros contre 268.000 euros à la SNCB et 378.687 euros chez bpost. Proximus est le champion toutes catégories avec plus d’un million pour son CA. Le président de son CA a touché 134.000 euros en 2015 contre une médiane de 50.100 euros. La rémunération du président du CA de la SNCB correspond à cette médiane.

Devant le climat de suspicion qui entoure désormais les rémunérations des administrateurs des sociétés à capitaux publics, la SNCB prend les devants pour une analyse objective de la politique de rémunération de son conseil d’administration. Selon nos informations, l’entreprise ferroviaire a confié à cet effet une analyse comparative à Guberna, l’institut des administrateurs. Dans le monde des entreprises, Guberna est perçue comme le centre d’expertise sur la bonne gouvernance. Ses conclusions sur la politique de rémunération de la SNCB viennent de tomber et le moins qu’on puisse écrire est que la SNCB, tout comme le gestionnaire d’infrastructure, Infrabel, est dans le bas du tableau.

Pour réaliser sa mission, Guberna a analysé les rapports annuels 2015 d’un échantillon de huit entreprises au total (Belfius, bpost, Infrabel, la Loterie nationale, Proximus, SFPI, SNCB). Pour la Loterie, les chiffres examinés sont de 2014. "La rémunération en vigueur pour les administrateurs de la SNCB est comparativement faible", lit-on dans le document de Guberna que nous avons pu consulter.

La Loterie gâte son CA

Tant pour le conseil d’administration que pour les comités spécialisés (audit, nominations, rémunérations), Proximus est championne toutes catégories en matière de rémunération de ses administrateurs et de son conseil d’administration. En 2015, l’entreprise de télécoms belge a consacré un total de plus d’un million à la rémunération de son conseil d’administration (12 administrateurs à l’époque), loin devant la SNCB (268.000 euros, 10 administrateurs, 19.885 travailleurs ETP, 2,23 milliards de chiffre d’affaires). La Loterie nationale a consacré 425.000 euros à son CA en 2014 (les chiffres de 2015 ne sont pas connus) alors qu’elle affiche un chiffre d’affaires de 1,21 milliard pour un effectif de 420 collaborateurs équivalents temps plein (ETP) et compte 12 administrateurs (voir infographie). Le coût de son CA dépasse même le niveau médian des coûts calculé par Guberna. "Le coût total du conseil d’administration tel qu’il est présenté intègre toutes les dimensions de la rémunération qui a été versée aux administrateurs et membres éventuels des comités spécialisés: rémunération fixe, jetons de présence, frais de fonctionnement, etc. C’est donc le coût annuel des rémunérations du conseil d’administration pour l’entreprise", précise Guberna dans le rapport.

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La SNCB dispose de comités spécialisés (audit, rémunération et de nomination/CRN) ainsi que d’un comité d’orientation et la Loterie, un comité de rémunération, un comité d’audit et un comité stratégique. Même si l’État fédéral est actionnaire à des degrés divers au sein du capital des entreprises qui constituent l’échantillon, celles-ci sont différentes de par leurs activités et que "les politiques et les niveaux de rémunération sont hautement dépendants de la vision et des objectifs de la société", relève l’Institut des administrateurs.

1.000 euros le jeton au comité de d’audit

À la SNCB, le président du conseil d’administration perçoit une rémunération annuelle fixe (39.200 euros), couplée à un jeton de présence (500 euros par réunion). Il touche également 2.400 euros par an de frais de fonctionnement et dispose d’une voiture de service. "L’octroi d’une rémunération fixe annuelle au président du conseil d’administration est la norme observée dans l’échantillon analysé. Cette rémunération fixe est couplée ou non à un jeton de présence. Outre la SNCB, Infrabel, la Loterie nationale et Proximus ont adopté ce système de rémunération fixe complétée par un jeton de présence pour leur président", observe Guberna. L’Institut note que la rémunération totale du président du CA de la SNCB correspond au montant médian de l’échantillon, soit 50.100 euros par an.

"La rémunération en vigueur pour les administrateurs de la SNCB est comparativement faible."

La rémunération totale annuelle médiane de l’administrateur ordinaire (un membre qui n’est pas président) dans l’échantillon analysé s’élève à 21.500 euros. À la Loterie, le membre ordinaire a touché 21.500 euros (comme la valeur médiane) en 2014 contre 23.300 euros à la SNCB en 2015. Guberna rappelle que le CA de l’entreprise ferroviaire s’est réuni à 17 reprises en 2015, soit un nombre de réunions beaucoup plus élevé que dans les autres sociétés de l’échantillon. "Étant donné qu’une partie de la rémunération perçue par les administrateurs provient des jetons de présence, cela impacte la rémunération totale annuelle", écrit Guberna. À la SNCB, l’administrateur ordinaire perçoit une rémunération annuelle fixe de 13.600 euros plus un jeton de présence de 500 euros. Infrabel, la Loterie nationale et Proximus ont aussi adopté cette politique (fixe plus jeton).

La situation au comité d’audit est la même dans les entreprises de l’échantillon. Les membres perçoivent un jeton de présence, mais son niveau n’est pas le même. Il varie de 372 euros chez Belgocontrol à 2.500 euros pour Proximus. Il est de 400 euros dans trois entreprises (SNCB, Infrabel, SFPI) et de 1.000 euros à la Loterie et de 1.640 chez bpost. Contrairement aux autres sociétés de l’échantillon où le montant du jeton du président du comité d’audit est le même que celui du membre ordinaire, le président dudit comité chez Proximus touche 5.000 euros.

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