Affaire Chovanec: Jan Jambon dans la tourmente en Flandre

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L'étau se resserre autour de l'actuel ministre-président flamand (N-VA) après la découverte de documents révélant son implication dans l'affaire Jozef Chovanec, décédé en 2018.

Jan Jambon est plus que jamais dans la tourmente après l'audition mercredi des ministres De Crem et Geens (CD&V) en Commission des Affaires Intérieures et de la Justice sur le dossier Chovanec. A tel point que certains remettent désormais en question la crédibilité du ministre-président flamand. Mais comment en est-on arrivé là?

Un (bref) rappel des faits s'impose. Pieter De Crem affirme mercredi "qu'il n'était pas au courant de ce qui s'est passé ni des images" de la cellule de Jozef Chovanec après qu'il ait été arrêté à l'aéroport de Charleroi en février 2018. L'actuel ministre de l'Intérieur incrimine par contre le cabinet de son prédécesseur, Jan Jambon, qui "savait" selon lui dès juillet 2018. Le ministre-président flamand plaide de son côté la bonne foi, "qu'il ne se souvient de rien du drame." C'est là que le bât blesse: il aurait en réalité été informé à deux reprises... Et reçu de surcroît l'ambassadeur slovaque à propos du décès de Chovanec, mail à l'appui. Plusieurs mails, en réalité, rapporte la VRT.

Le 26 février (avant la mort de Chovanec), un employé de Jambon reçoit ainsi un mail de la police de l'aéroport contenant un rapport des faits. D'autres mails consultés par le média flamand révèle que le cabinet de Jambon était bien au courant. Or le ministre-président flamand affirmait encore la semaine dernière à la VTM que "rien sur cette affaire ne lui a jamais été rapporté".

Audition à la Chambre prévue

Les réactions indignées ne se font pas attendre. "Si j'étais à la place de Jambon, je démissionnerais", a souligné Louis Tobback (sp.a), ancien ministre de l'Intérieur. Mais Jambon semble jusqu'ici avoir le bénéfice du doute de la part de ses partenaires du CD&V et de l'Open Vld. Ceux-ci donnent au ministre-président la possibilité de se défendre à la Chambre la semaine prochaine. "Avant cela, nous ne pouvons rien dire de significatif", déclare Franky Demon, député du CD&V. "Personnellement, j'ai entendu un homme sincère hier. J'avais l'impression qu'il ne savait vraiment pas, mais c'est à lui de tout régler mardi" à la commission.

Ils ne sont pourtant pas tous de cet avis. Le député Sammy Mahdi (CD&V) se montre moins indulgent... Mais attend l'audience. "Creusez jusqu'à l'os", a-t-il tweeté. "Un homme est mort, un autre a clairement menti. A la semaine prochaine".

Vers une démission?

Même son de cloche du côté des libéraux. Le député européen Tim Vandenput a souligné mercredi une "faute grossière" de Jambon. "En tant que ministre, il aurait facilement pu faire ouvrir une enquête interne. Cela n'est pas arrivé". Les partis de l'opposition Groen, sp.a et PVDA ont aussi de sérieuses questions à poser en commission de la Chambre, tout comme le Vlaams Belang. Le parti d'extrême-droite estime toutefois qu'un licenciement "n'est plus à l'ordre du jour". "Jambon n'est plus ministre de l'Intérieur et a déjà démissionné fin 2018", explique-t-on.

"Jambon est en train de passer de "pourquoi nous n'étions pas au courant" à "je ne me souviens pas", et toutes ces explications ne sont pas suffisantes pour notre groupe."
Jessika Soors
Députée Groen

Si l'on n'appelle pas (encore?) ouvertement à la démission, la députée Jessika Soors (Groen) déclare néanmoins que la N-VA devrait remettre en question la crédibilité du ministre-président. "Les ministres ont déjà démissionné pour moins que cela", a-t-elle déclaré. "Je constate que Jambon est en train de passer de "pourquoi nous n'étions pas au courant" à "je ne me souviens pas", et toutes ces explications ne sont pas suffisantes pour notre groupe". Attendons la commission de mardi prochain, en espérant des informations un peu plus fournies qu'une perte de mémoire...

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