Agriculteur, un métier en voie de disparition?

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Selon la Fedagrim, le métier d'agriculteur pourrait être amené à disparaître d'ici une dizaine d'années. Fatigués par des prix trop bas et des mesures trop restrictives, beaucoup d'exploitants songent en effet à baisser les bras.

C'est un portrait gris de l'agriculture belge que dresse Fedagrim, la fédération des fournisseurs de machines, bâtiments et équipements pour l'agriculture, l'horticulture, l'élevage de bétail et le jardinage. Se basant sur sondage réalisé  auprès de 1.131 agriculteurs, celle-ci met en garde: l'agriculture de notre pays pourrait être amenée à disparaître d'ici une dizaine d'années.

En effet, 40% des agriculteurs interrogés sont convaincus qu'ils ne travailleront plus dans le secteur agricole d'ici 10 ans.

D'après ce sondage au constat interpellant, c'est surtout l'Europe et sa politique agricole qui découragerait les principaux intéressés.  90% des agriculteurs belges interrogés estiment en effet que les exigences imposées par l'Union européenne aux agriculteurs ne sont pas réalisables et que l'ouverture des frontières génère trop de concurrence déloyale.

"L'idée que le secteur agricole cesse d'exister entre aujourd'hui et 10 ans est parfaitement inacceptable. Elle n'est pourtant pas impensable."
Johan Colpaert
Président de Fedagrim

On sait également que la chute des prix touche particulièrement le secteur, notamment au niveau de la production laitière. C'est donc sans grande surprise que 97% des interrogés se sont plaints des prix pour les produits agricoles, qu'ils jugent insuffisamment élevés. 

Nombre d'agriculteurs déplorent également la volatilité des prix ou encore les exigences qui leur sont imposées par les pouvoirs publics en ce qui concerne les règles et législations en matière de bien-être animal, d'autorisations, d'administration, etc.

Enfin, toujours selon ce sondage, 95% des agriculteurs belges estiment que les pouvoirs publics doivent faire davantage d'efforts pour garantir un prix équitable pour les produits agricoles et 92% veulent que les autorités s'occupent davantage de la promotion de la production agricole locale.

"L'idée que le secteur agricole cesse d'exister entre aujourd'hui et 10 ans est parfaitement inacceptable. Elle n'est pourtant pas impensable", résume Johan Colpaert, président de Fedagrim. Pour prendre les devants la fédération a donc décidé d'organiser les premiers Etats généraux de l'Agriculture, qui se dérouleront le 27 octobre prochain. 

Au regard chiffres wallons, le constat n'est guère plus réjouissant. Selon le dernier rapport annuel de la Direction générale opérationnelle de l'Agriculture, des ressources naturelles et de l'Environnement sur l'état de l'agriculture Wallonne, le sud du pays  comptait 12.902 exploitations en 2014. Une très légère hausse par rapport à 2013 (12.832 exploitations), mais une chute vertigineuse en regardant sur le long terme. En 2000, il en comptait encore 20.720. Et en 2010, encore 14.502.  

Pour une simplification et une digitalisation du travail administratif

Le Collège des producteurs, représente quelques 12.000 agriculteurs wallons de différentes filières, a remis vendredi au ministre wallon de l'Agriculture René Collin (cdH) les résultats d'une enquête sur la charge administrative en agriculture. L'objectif de cette enquête, réalisée auprès de 1.000 agriculteurs, était de cerner les difficultés rencontrées quotidiennement dans les exploitations agricoles afin de suggérer des pistes de solution et des priorités.

Les propositions d'amélioration avancées ont reçu un écho favorable auprès du ministre. Parmi celles-ci, la centralisation des bases de données visant à fluidifier le travail administratif et à éviter les demandes d'informations identiques est en cours. Elle s'accompagne d'un travail législatif pour doter d'un corps de texte cohérent les arrêtés relatifs aux paiements de base, aux aides à l'investissement, aux primes liées au bio et aux mesures agro-environnementales. Une application "Agrilien-onWeb", disponible dès 2017, permettra également à tout agriculteur de connaître en temps réel l'état de ses paiements relatifs aux 1er et 2e piliers.

De son côté, René Collin dit plaider pour que l'Union européenne s'engage dans les principes légitimement réclamés par le monde agricole et qui ne sont pas respectés, comme le principe de confiance dans l'utilisation des aides accordées ainsi que l'impérative stabilité des politiques afin d'éviter tout chamboulement perpétuel dans la gestion des exploitations.

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