Alain Berlinblau: "Si on avait su, on n'aurait pas prononcé la faillite de la Sabena"

©Tim Dirven

Après 24 ans, Alain Berlinblau rend sa toge de président des juges consulaires du tribunal de l'entreprise francophone de Bruxelles. Son successeur sera désigné mercredi soir.

Après huit mandats de trois ans, Alain Berlinblau s'apprête à raccrocher sa toge de président des juges consulaires du tribunal de l'entreprise francophone de Bruxelles. Et le moins que l'on puisse écrire, c'est qu'en 24 ans de présidence, entre la faillite de la Sabena ou l'affaire de la Générale, Alain Berlinblau a vu passer dans "son" tribunal la plupart des grosses affaires juridico-financières. L'assemblée générale des juges consulaires se réunira mercredi en fin de journée à la salle solennelle de la cour d'appel de Bruxelles afin d'élire le nouveau président. Ils devront choisir entre Réginald d'Hoop de Synghem et Mohamed Meyahed, tous les deux juges consulaires au tribunal de l'entreprise.

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Élu une première fois en 1997, Alain Berlinblau s'est vite retrouvé dans l'affaire de la faillite de la Sabena, l'ancienne compagnie aérienne belge. D'abord en tant que juge chargé de la chambre des enquêtes censée détecter les entreprises en difficulté, puis au moment de la mise sous concordat judiciaire et enfin à l'heure de prononcer la faillite de la Sabena, le 7 novembre 2001. "Dans le dossier Sabena, il y a eu un gros problème. Avant la faillite, British Airways avait proposé trois milliards de francs belges pour les slots (fenêtres d'atterrissage et de décollage) à l'aéroport de Londres-Heathrow. Nous n'étions pas au courant de cette offre. Si on avait su, on n'aurait pas prononcé la faillite de la Sabena", nous a-t-il expliqué.

97
juges consulaires
Sur près de 120 juges au tribunal de l'entreprise francophone de Bruxelles, 97 sont des juges consulaires.

Issus du monde de l'entreprise, les juges consulaires sont appelés à aider les juges dits de carrière dans la rédaction des jugements. Au tribunal de l'entreprise francophone de Bruxelles, on compte actuellement 97 juges consulaires qui assistent le tribunal en jouant les liens entre les sociétés en difficulté et le tribunal, en siégeant dans les chambres d'enquêtes ou en siégeant dans les différentes chambres. Le président des juges consulaires organise le fonctionnement du tribunal aux côtés du président du tribunal (Paul Dhaeyer) et veille au bon déroulement des audiences.

Deux candidats en lice

Expert-comptable de formation, Mohamed Meyahed souligne les difficultés rencontrées ces dernières années par les entreprises bruxelloises, entre les attentats, la mise en place du piétonnier, la fermeture des tunnels et, plus récemment, la crise causée par la pandémie de Covid-19.

"L'équation devient de plus en plus compliquée pour mettre en place une structure afin de rendre une justice saine."
Mohamed Meyahed
Candidat au poste de président des juges consulaires du tribunal de l'entreprise francophone de Bruxelles

"L'équation devient de plus en plus compliquée pour mettre en place une structure afin de rendre une justice saine", nous a-t-il expliqué. S'il est élu, son objectif sera de travailler la formation et l'information des juges consulaires et faire connaître ce métier au grand public.

"Il faut mettre l'accent sur la plus-value amenée par les juges consulaires."
Réginald d'Hoop de Synghem
Candidat au poste de président des juges consulaires du tribunal de l'entreprise francophone de Bruxelles.

Après une carrière dans le monde bancaire, étant actif dans le secteur de la construction, Réginald d'Hoop de Synghem veut que le tribunal se réinsère dans la vie économique et que la vie économique soit correctement représentée au tribunal", nous a-t-il expliqué. Tout comme son "concurrent", il entend faire la promotion de la fonction de juge consulaire vers l'extérieur. En interne, son objectif, s'il est élu, sera de mettre l'accent sur la plus-value amenée par les juges consulaires.

"Une grande disponibilité". Voilà, selon Alain Berlinblau, la plus grande qualité dont devra faire preuve le futur président des juges consulaires. "Il devra être au taquet, veiller à ce qu'il n'y ait pas d'audience blanche", précise-t-il encore, avant d'ajouter que le président participe au comité de direction du tribunal au sein duquel il joue un rôle clé.

Le résumé

  • Atteint par la limite d'âge, Alain Berlinblau rend sa toge de président des juges consulaires du tribunal de l'entreprise francophone de Bruxelles.
  • Les 97 juges consulaires éliront leur nouveau président mercredi soir.
  • Deux candidats sont en lice: Mohamed Meyahed et Réginal d'Hoop de Synghem.
  • Le nouveau président aura à cœur de faire connaître le rôle de "ses" juges.

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