analyse

Alexander De Croo: "Ce sont les mesures de la dernière chance!"

Le Premier ministre Alexander De Croo a promis que personne ne serait laissé au bord du chemin. ©REUTERS

Le comité de concertation met la vie sociale des Belges ainsi que le commerce à l'arrêt. Le reste de l'économie doit cependant pouvoir continuer à fonctionner.

«Ce sont les mesures de la dernière chance !» Le ton du Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) était grave, vendredi sur le coup de 19h, à l’issue de la réunion du Comité de concertation, l’instance qui rassemble le pouvoir fédéral et les entités fédérées.

Les mesures prises jusqu’ici n’ayant pas donné les résultats escomptés, il fallait donc forcer un tour de vis supplémentaire. Même si on continue de jouer quelque peu sur les mots. «C’est un confinement plus strict, identique pour l’ensemble du territoire», a fait savoir Alexander De Croo (Open Vld). «C’est un lockdown sans isoler les citoyens», a pour sa part précisé le ministre-président wallon Elio Di Rupo (PS).

Pas de confinement général donc, puisque les déplacements non essentiels demeurent autorisés. Ce point constitue d’ailleurs la principale différence par rapport au confinement du printemps dernier.

L’économie n’est pas non plus mise à l’arrêt complet, puisque les entreprises (à l’exception notoire des commerces non essentiels) pourront continuer de travailler. La Flandre tenait beaucoup à ce que l’économie ne soit pas entièrement paralysée.

Le Premier ministre a fait savoir que les mesures seront d’application «sur l’entièreté du territoire». Fini donc la cacophonie avec des mesures prises en ordre dispersé par les différents niveaux de pouvoir. Ce sera tout bénéfice pour la bonne compréhension et le respect des mesures par la population.

«Chacun d’entre nous, nous avons les cartes en mains pour faire reculer l’épidémie», a encore insisté Alexander De Croo.

"Chacun d’entre nous, nous avons les cartes en mains pour faire reculer l’épidémie."
Alexander De Croo
Premier ministre

«Les hôpitaux ont dépassé le seuil critique et il y a un risque de dislocation de notre système de soins de santé», s’est pour sa part alarmferé le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (sp.a). «Au rythme actuel, les portes des soins intensifs vont se fermer pour tous les autres patients non-Covid.» Il fallait donc agir.

Ce confinement partiel est valable pour six semaines à partir de ce lundi 2 novembre. Toutefois, une évaluation sera réalisée début décembre, afin d’examiner si les commerces non essentiels pourraient éventuellement rouvrir.

Voyons, dans le détail, ce que ces décisions impliquent pour la vie quotidienne des Belges au cours des six prochaines semaines au moins.

Contacts sociaux

La règle de 4 personnes est abrogée. Désormais on ne peut plus inviter qu'une seule personne à la fois à la maison, sans distanciation. Cette personne peut changer par tranche de quinze jours. Une exception est faite pour les personnes seules : elles auront droit à la visite de deux personnes, mais pas en même temps. Les autorités ont tenu compte qu’à l’approche de l’hiver, la solitude est beaucoup plus difficile à supporter. Par contre, il sera toujours possible de rencontrer 4 personnes hors de chez soi, en l’extérieur, tout en respectant les règles de distanciation.

Commerce

C’est sans aucun doute la mesure phare prise par le Comité de concertation : les magasins non essentiels vont fermer jusqu’à la mi-décembre. La collecte et livraison à domicile est en revanche autorisée et même encouragée. «Chacun connait des plates-formes étrangères de vente en ligne, ceci est l’occasion parfaite de soutenir nos classes moyennes, consommez local», a lancé le ministre-président Jan Jambon (N-VA).

"C'est l’occasion parfaite de soutenir nos classes moyennes, consommez local."
Jan Jambon
Ministre-président flamand

Les commerces alimentaires resteront par contre ouverts, comme au printemps dernier. «Aucune raison de commencer à faire des provisions, ce serait même franchement un comportement asocial», a lâché Alexander De Croo.

Pour éviter la concurrence déloyale, les supermarchés et les marchés limitent leur offre à ce qui est offert dans les magasins essentiels. Les produits qui n’en font pas partie doivent être éliminés des rayons.

Entreprises

Les entreprises (y compris les professions libérales) ne doivent pas fermer mais le télétravail est obligatoire partout où c’est possible. Si le télétravail n’est pas possible, les employeurs doivent garantir un environnement sanitaire sécurisé, avec notamment une ventilation adéquate. Les services publics restent ouverts.

Horeca

Si les cafés et restaurants restent fermés, les hôtels restent ouverts, mais ne peuvent pas servir de repas dans leur restaurant. Seuls les repas servis dans les chambres sont autorisés.

Coiffeurs

Comme au printemps dernier, on risque de croiser bientôt des gens assez mal coiffés. Les salons de coiffure, ainsi que toutes les professions de contact (salons de beauté, centres de wellness, etc.), devront fermer leurs portes.

Vacances

Alors que débute le congé de Toussaint, les villages de vacances et campings en Belgique doivent fermer. Par contre, ceux qui possèdent une résidence de vacances pourront s’y rendre, puisque les déplacements non essentiels ne sont pas proscrits. Comme les frontières ne sont pas fermées, les voyages à l’étranger ne sont pas interdits mais ils sont néanmoins «vivement déconseillés». Même si les réservations de billets d’avion sont beaucoup moins importante que la normale, un certain nombre de Belges avait néanmoins prévu de passer les vacances de Toussaint à l’étranger.

Mariages et enterrements

Les funérailles ne pourront rassembler que 15 personnes maximum. Ni repas ni réception après la cérémonie. Les mariages, eux, ne pourront se faire qu’en présence des époux, des témoins et de l’officier de l’état civil.

Cultes

Les cultes ne pourront plus avoir lieu même si les lieux de culte restent ouverts au public. Les rassemblements dans les lieux de culte ne pourront toutefois pas dépasser quatre personnes.

Sport professionnel

En cette période de l'année, c'est surtout le football qui est au menu des supporters. La Jupiler Pro League se poursuit, sans spectateurs dans les stades. Une décision qui a suscité des réactions très contrastées sur les réseaux sociaux.

Soutien aux personnes touchées

Ce nouveau tour de vis aura un impact désastreux sur le commerce, mais le Premier ministre l’a promis: «Le gouvernement fera tout pour soutenir les personnes impactées, nous ne laisserons personne en bord de chemin et les mesures de soutien seront renforcées».

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