Amélie: "Je suis retournée chez mes parents, ce n'est pas facile"

Amélie finançait une partie de ses études avec des jobs d'étudiant. Il ne lui reste que l'aide sociale de l'université.

Amélie vit des aides sociales de l'université, et de ses jobs étudiants. En attendant de voir l'orage passer, elle est retournée vivre chez ses parents.

Amélie, étudiante en 2e Master en neuropsychologie, finance seule ses études. "Mes parents n'en ont pas les moyens, je bénéficie d’une bourse d’aide sociale de l’UCLouvain, en plus d’un minerval réduit." Cette aide lui permet de payer le loyer de sa colocation et les charges. Rien d'autre. Sa nourriture, son essence, ses loisirs, elle les finançait avec ses deux jobs étudiants. "Je travaillais environ 12 heures par week-end, dans un salon de thé à Namur, et de temps en temps pour une coopérative paysan-artisan." Mais comme beaucoup d’autres, Amélie a perdu son job avec le Covid. "Je suis retournée chez mes parents pour éviter de me retrouver dans de trop grosses difficultés. Mais ce n’est pas facile quand on est indépendante. Il faut se réadapter, chercher un nouvel équilibre."

Psychologiquement, cela a été difficile pour Amélie. "J’ai été surmenée, entre le besoin de se réadapter, et tout le stress des à-cotés." Mais l'étudiante n’a pas de rancœur, ni vis-à-vis de la société, ni envers le politique. "Tout le monde essaye de faire de son mieux et de s’adapter. L’université a fait beaucoup d’efforts, le service d’aide a été présent. Quant au politique, c'est facile de le critiquer. C'est une situation inédite, c'est demander beaucoup que d'attendre des gouvernements qu'ils gèrent tout de manière impeccable. Chacun fait de son mieux. Eux aussi."

"Tout le monde essaye de faire de son mieux et de s’adapter."
Amélie
Étudiante

Résolument optimiste et battante, Amélie a pris son parti des épreuves qui lui sont infligées. Elle s’est battue pour retrouver un autre job. "Je donne des cours d’anglais, ça ne marche pas trop mal."

Pas de "génération sacrifiée"

Sur le plan personnel, elle refuse de se mettre l’étiquette de "génération sacrifiée". "C'est certain que plus le temps passe, plus j'ai l'impression de passer à côté de choses auxquelles d'autres avant nous ont eu droit. Mais ça va encore, et je vois des élans de solidarité."

Amélie est de celles qui voient le verre à moitié plein. "Avec cette crise, et le confinement, j'ai la possibilité de prendre du recul sur ma vie, de voir ce qui est essentiel, de réfléchir sans foncer tête baissée à mes choix. Vous ne pensez pas que c'est plutôt une chance?"

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés