Antoinette Spaak, première femme présidente de parti belge, est décédée

©Saskia Vanderstichele

Antoinette Spaak, grande figure de DéFI et du combat des femmes, est décédée à l'âge de 92 ans.

Antoinette Spaak, la première femme belge présidente de parti (FDF) est décédée, a annoncé samedi le président de DéFI, François De Smet. Agée de 92 ans, elle a été l'une des grandes figures du combat politique francophone et également de celui des femmes.

"Antoinette Spaak vient de nous quitter. DéFI, mais surtout l'histoire politique de notre pays, perdent une très grande dame. Elle incarnait au plus haut point la politique dans le sens noble du terme, entre fermeté des convictions et élégance dans le combat", a déclaré M. De Smet sur Twitter.

Même si elle n'a jamais été ministre, Antoinette Spaak a marqué de son empreinte la vie politique belge. Pendant près d'un demi-siècle, elle a incarné une certaine idée du féminisme, du combat francophone et de l'engagement européen.

"La Belgique perd avec tristesse une personnalité marquante de son histoire politique. Femme d’Etat aux convictions ancrées, Antoinette Spaak suscitait un respect immense et inspira de nombreux engagements", selon un Tweet de Céline Frémault, Députée bruxelloise et Vice-Présidente du cdH.

Première femme présidente de parti

Née le 27 juin 1928 à Bruxelles dans un milieu laïque, Antoinette Spaak est la fille de Paul-Henri Spaak, l'un des géants de la politique belge, ancien premier ministre et secrétaire général de l'OTAN. Diplômée en philosophie et lettres de l'ULB, elle attend la mort de son père en 1972 pour se lancer en politique, sous la bannière du FDF qu'il avait rejoint à la fin de sa vie.

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En 1974, elle est élue à la Chambre. Trois ans plus tard, elle prend la direction du FDF et devient de la sorte la première femme à présider un parti politique en Belgique. Elle participe à la négociation du Pacte d'Egmont, vaste projet d'accord institutionnel que fera capoter le premier ministre de l'époque, Leo Tindemans.

Députée européenne

Antoinette Spaak siège au parlement européen de 1979 à 1984 et de 1994 à 1999. Elle préside également le Conseil de la Communauté française de 1988 à 1992.

La lente pacification communautaire et l'affirmation progressive de Bruxelles comme une Région font décliner le FDF qui ne parvient plus à renouer avec ses succès des années 1970. En 1995, les amarantes décident de s'unir aux libéraux dirigés alors par Jean Gol. Antoinette Spaak est l'une des chevilles ouvrières de ce qui deviendra la fédération PRL-FDF, précurseur du MR. Le "projet francophone" porté par les deux formations se fracassera en 2011 sur l'accord trouvé pour scinder l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Wallonie-Bruxelles

En 2007, alors que s'amorce une longue crise communautaire, Antoine Spaak préside avec l'ex-président du PS, Philippe Busquin, le groupe Wallonie-Bruxelles chargé de réfléchir à l'avenir de l'espace francophone et la façon d'articuler la Communauté française avec les Régions wallonne et bruxelloise.

En 2009, elle est élue au parlement bruxellois. Il lui revient de présider la séance d'installation en tant que doyenne de l'assemblée. L'image restera célèbre: la féministe convaincue est flanquée de l'une des benjamines de l'assemblée, la députée Mahinur Ozdemir, musulmane portant le voile.

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Antoinette Spaak cède sa place quelques mois plus tard. Le temps passant, ses apparitions se font plus rares. Elle accordera encore l'un ou l'autre entretien, commentera parfois l'actualité. En 2016, elle s'émeut ainsi d'un gouvernement fédéral où seulement 23% des francophones sont représentés, exprime son opposition aux partisans d'un enseignement régionalisé ou s'affirme en faveur de la république.

Une passionnée de culture

Petite-fille du dramaturge Paul Spaak, directeur du théâtre royal de la Monnaie, nièce de l'écrivain Claude Spaak, et du scénariste Charles Spaak, cousine de la comédienne Catherine Spaak, Antoinette Spaak était également passionnée par la culture.

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Elle a formé dans la vie un couple à la fois discret et célèbre avec le vicomte Etienne Davignon, qui fut le jeune chef de cabinet de son père. Malgré une histoire longue de quelques décennies, les deux amants ne se sont jamais mariés.

Elle a marqué les esprits de ceux qui l'ont croisée par une détermination teintée d'élégance, et sa loyauté y compris à l'égard de ses adversaires politiques. Celle-ci s'est muée en amitié à l'égard de certains d'entre eux parmi lesquels l'ex-Premier ministre CVP Wilfried Martens.

Antoinette Spaak a reçu le titre de ministre d'Etat en 1983.

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