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Armand De Decker, "avocat et rien d'autre"

©BELGA

Selon le Canard Enchaîné, qui revient sur l'affaire des hélicoptères vendus en 2009 par la France au Kazakhstan, l'ancien président du Sénat aurait touché 734.346 pour changer la loi au profit de richissimes Kazakhs. Totalement faux, répond l'intéressé, qui a touché "bien moins" et en toute légalité, en tant qu'avocat.

Armand De Decker a reçu pour 734.356 euros de pots-de-vin dans une sombre affaire de vente d'hélicoptères français mêlant trafic d'influence, comptes en Suisse et richissimes Kazakhs, affirme le Canard Enchaîné de ce mercredi. Un peu gros et surtout faux, s’est efforcé à expliquer hier l’intéressé à toutes les rédactions du royaume.

Le journal satririque français centrait son article sur la demande de levée d'immunité parlementaire d'un sénateur UDI du Gers, Aymeri de Montesquiou-Fezensac d’Artagnan, qui est aussi ancien représentant spécial de Nicolas Sarkozy en Asie centrale.

Il y était question de pots-de-vin découverts en 2012 à l'occasion de la vente d'hélicoptères au Kazakhstan et impliquant trois riches Kazakhs installés en Belgique, ainsi qu'une avocate niçoise du nom de Catherine Degoul.

Le Canard affirmait ensuite qu'Armand De Decker, ancien président (MR) du Sénat et dont le nom était déjà sorti dans la presse en 2012 comme un des intervenants dans cette affaire, avait reçu la somme de 734.346 euros via l'avocate.

Elle aurait aussi versé 3 millions d'euros à des cabinets d'avocats bruxellois, une somme issue d'une commission occulte totale de 7.245.221,73 euros.
Le "service rendu" par l'homme politique belge aurait été le changement de la loi belge au bénéfice de l'homme d'affaires kazakh Patokh Chodiev et de ses amis, qui étaient menacés d'une lourde condamnation et de la confiscation de leurs biens en Belgique pour association de malfaiteurs, de faux et de blanchiment d'argent dans le dossier Tractebel.

Les origines de l'affaire remontent à 2009. En visite au Kazakhstan, l'ancien président français Nicolas Sarkozy négocie la vente de 45 hélicoptères en échange, notamment, d'une intervention pour protéger Chodiev et ses acolytes.

En 2011, le parlement belge vote effectivement une nouvelle loi et Chodiev n’écope plus que d'une "simple" amende. De 22 millions d'euros tout de même mais n’empêche, on a envie de comprendre...

"Des fantasmes" pour Armand De Decker

Quel rôle a joué Armand De Decker au juste dans cette affaire? Celui d'un avocat, "et rien d'autre", explique l'intéressé, qui qualifie le scénario du Canard de "fantasmes".

"L'origine de cet article, c'est d'une part la volonté de chercher des puces à Sarkozy à tout prix et, d'autre part, le système électoral français majoritaire - et non proportionnel comme chez nous-, qui fait qu'une droite à tous les pouvoirs ou une gauche a tous les pouvoirs en alternance".

Que s'est-il passé en Belgique en 2011? "Les six partis politiques, des trois familles politiques ont appuyé un amendement à la loi afin d'étendre le champ de la transaction pénale, pour la cinquième fois. Pourquoi? Parce que le collège des procureurs généraux le réclamait au gouvernement afin de réduire l'arriéré judiciaire et d'éviter que des dossiers ne tombent dans la prescription. Croire que Sarkozy avait le pouvoir de faire pression sur tout le monde relève du fantasme le plus absolu!"

Un amendement bien utile du reste, puisque grâce à lui, la Justice belge a pu récupérer 500 millions d'euros rien qu’en 2014 suite à des transactions.
Armand De Decker, qui est inscrit au barreau depuis 1973, a ensuite travaillé avec les cabinets Stibbe et Tossens pour la négociation des cas des hommes d'affaires kazakhs. "Ils avaient besoin d'une formule élégante pour sortir de cette affaire et étaient intéressés de s'associer à quelqu'un qui connaissait bien le monde politique belge. J'ai amené la piste de la transaction".

L'ancien président du Sénat connaît-il l'avocate Catherine Degoul? "Bien entendu! C'est une ancienne magistrate et championne de tennis qui a travaillé depuis le début sur cette affaire. Elle assistait à toutes nos réunions à Bruxelles. Parfois on allait à son cabinet à Paris".

Et a-t-il perçu des honoraires approchant la somme évoquée par le Canard? "Non, c'est totalement excessif. Je suis aussi très étonné des montants cités pour Stibbe et Tossens, cela devait être bien moins que ça".

En annexe de cet article, la revue de droit pénal et de criminologie d'Eric de Formanoir, qui expose l'historique des cinq réformes de la transaction pénale et où le collège des procureurs généraux recommande d'étendre son champ.

 

 

 

 

 

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