Editorialiste

Des mesures sévères face au retour de l’épidémie

Bien sûr qu’on en a marre. Marre de chez marre. Après sept mois de privations, on n’a envie que d’une chose : retrouver nos libertés individuelles, faire ce qu’on veut quand on veut avec qui on veut aussi longtemps qu’on veut.

Mais c’est tout l’inverse qui s’impose à nous : un reconfinement qui ne dit pas son nom. Voilà nos contacts sociaux à nouveau réduits, voilà les cafés et restaurants à nouveau fermés.

Pourquoi ? Parce que l’épidémie de coronavirus frappe à nouveau, exponentielle. La stratégie voulue par les autorités du pays est claire: permettre aux entreprises et aux écoles de fonctionner et, en même temps, éviter la saturation des hôpitaux.

Nos autorités cherchent l’équilibre entre santé publique et liberté. Au nom de la première, on restreint la seconde. On n’aime pas ça. C’est éprouvant pour tout le monde, en particulier pour les professionnels de la santé et pour les métiers mis à l’arrêt, comme l’horeca et l’événementiel. Ils méritent d’être soutenus avec force, à la hauteur du sacrifice imposé.

Il nous faut sortir de cette logique de réaction en urgence et passer à un plan de prévention digne de ce nom.

C’est dur, mais c’est la base. Vivre en société, ce sont des droits et des devoirs. Les uns ne vont pas sans les autres. Nos libertés nous définissent et nous y tenons comme à la prunelle de nos yeux. Mais elles s’accompagnent d’une responsabilité envers les autres, singulièrement envers celles et ceux qui sont plus à risque.

En temps normal, ce gentil petit couplet n’engage à rien. En période d’épidémie, il prend tout son sens. Depuis mars, nous touchons du doigt la complexité qu’il y a à vivre libre et ensemble.

Nous avons à la fois le droit d’être soigné et le devoir de respecter des règles sanitaires, certes pénibles mais somme toute assez simples à appliquer. De même, les autorités ont à la fois le droit d’exiger de nous des efforts et le devoir de faire le maximum pour qu’ils soient payants.

Jusqu’ici, on subit. Puisqu’il nous faut apprendre à vivre avec le virus, il nous faut aussi sortir de cette logique de réaction en urgence et passer à un plan de prévention digne de ce nom. Étape numéro un : mettre fin à l’amateurisme observé dans le testing, le tracing et la mise en quarantaine. C’est le minimum qu’on puisse attendre de la part d’un pays aussi prospère que le nôtre.

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