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Au boulot, une femme sur 25 a été agressée sexuellement

©BELGAIMAGE

Depuis que le mouvement #MeToo dénonce le harcèlement et l’agression sexuels au travail, un nombre croissant d’entreprises a pris des mesures pour prévenir le fléau. Mais il y a encore du boulot, quand on écoute ce que disent les salariées sur le sujet, au travers d’un sondage mené en Belgique.

Le mouvement #MeToo, qui depuis 2017 dénonce le harcèlement et l’agression sexuels notamment dans le monde du travail, a-t-il modifié la perception des rapports entre hommes et femmes dans les entreprises? Une enquête menée par Tempo Team, la société de services en ressources humaines, apporte quelques éléments de réponse. Pour l’occasion, 250 entreprises et 1.800 salariés ont été sondés.

Du point de vue des entreprises, il y a semble-t-il un avant et un après #MeToo. Quelque chose a changé. Trois entreprises sur quatre (77%) ont aujourd’hui désigné une personne de confiance qui, à titre informel, est disponible pour recueillir les doléances en cas de comportements déplacés. Ce membre du personnel est là pour écouter, aider, voire concilier.

La désignation d’une personne de confiance n’est pas obligatoire mais elle s’est nettement répandue: il y a trois ans, les entreprises n’étaient que 40% à l’avoir fait.

Sonnette d’alarme

L’étude relève aussi que, "pour éviter toute friction éventuelle, près de la moitié des entreprises de Belgique a édicté des codes de comportement sur ce qui est toléré ou pas au travail, afin de définir plus clairement les limites des comportements déplacés et du harcèlement sexuel". Seul un quart des employeurs avait pris de telles dispositions il y a trois ans. Bref, #MeToo semble bien avoir agi comme une sonnette d’alarme.

"Nous n’avons pas vu le nombre de plaintes augmenter significativement."
Kris De Schutter
Avocat chez Loyens & Loeff

Et du côté des salariés, note-t-on du changement? Difficile à dire et ce, pour une raison toute simple. Tempo Team a bien sondé récemment le vécu des employés en matière de harcèlement sexuel mais elle ne l’avait pas fait lors de son enquête précédente, en 2016, qui était concentrée sur les relations amoureuses au travail. #MeToo est passé par là.

Voici ce que cela donne, en mode crescendo. Sur 1.800 salariés interrogés, 22% ont essuyé des ragots liés à une relation supposée, les femmes (30%) deux fois plus que les hommes (16%). Des blagues déplacées ont touché 23% des femmes (10% chez les hommes).

On continue, 14% des femmes disent avoir été harcelées au travail, deux fois plus que les hommes (6%). Pas moins de 13% des femmes ont subi un contact physique déplacé (4% chez les hommes). Enfin, 7% des femmes interrogées signalent avoir reçu une proposition indécente (1% chez les hommes) et 4% avoir été agressées sexuellement. Une femme sur vingt-cinq.

"Pas plus de plaintes"

Autre question. Le mouvement #MeToo a-t-il eu pour effet d’augmenter le nombre de plaintes? Non, répond l’avocat spécialisé Kris De Schutter (Loyens & Loeff), invité par Tempo Team lors de la présentation des résultats de l’enquête, ce mardi. "Ce qui a changé, c’est que les personnes qui se sentent victimes en parlent plus vite mais, nous n’avons pas vu le nombre de plaintes augmenter significativement."

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