Bisbrouille wallonne autour du gâteau de la Loterie

©Photo News

L’opposition MR-Ecolo accuse la majorité wallonne de faire preuve d’opacité dans la distribution des subsides de la Loterie nationale.

La distribution des subsides de la Loterie nationale est-elle le fait du prince wallon? La polémique a été relancée par l’opposition MR-Ecolo qui accuse le gouvernement PS-cdH de s’asseoir sur la transparence au niveau de la répartition du gâteau financier.

Prestige wallon

De quel gâteau parle-t-on? Chaque année, la Région wallonne bénéficie, au travers d’une convention entre les gouvernements des entités fédérées, d’une rétrocession d’un peu moins de 20% de l’enveloppe francophone des bénéfices de la Loterie Nationale. Le montant de ces subventions s’élevait à 4,5 millions d’euros en 2014. La somme est coquette. Elle est distribuée à différentes associations par le gouvernement sous la forme de subsides selon une répartition bien précise: 68,31% vont au secteur de l’accueil des personnes handicapées, 10,35% à l’accueil du troisième âge, 4,12% au tourisme et finalement 17,22% pour des événements de prestige wallons comme l’Ethias trophy ou le FIFF.

Le problème, qu’a soulevé l’opposition au Parlement jeudi, vient du manque de transparence dans la distribution des parts du gâteau. "Il y a une opacité dans la distribution. Hormis le ministre-président qui a accepté de donner quelques détails sur les montants octroyés dans l’enveloppe prestige wallon, chez les ministres Prévot et Collin (qui se partagent le reste des montants en fonction de leurs compétences, NDLR), c’est le black-out complet sur la répartition des montants", rappelle le député Pierre-Yves Jeholet (MR) au ministre-président Paul Magnette.

"Les ministres peuvent faire ce qu’ils veulent. Il y a une certaine forme du fait du prince."
Stéphane Hazée
Député Ecolo

Si, comme le précise le parlementaire Stéphane Hazée (Ecolo), "il n’y a pas de soupçons avérés", on est, selon lui, face à une logique de distribution sans que de véritables critères objectifs aient été mis en place. "Le gouvernement et les ministres peuvent faire ce qu’ils veulent. Il y a une certaine forme du fait du prince. On souhaite que la transparence soit davantage organisée et systématique."

Le démineur Magnette

Du côté de la majorité, on écarte toute opacité. Paul Magnette jouera même les démineurs en distribuant la liste complète des subsides aux parlementaires. "Quand on ne donne pas les données, cela peut laisser penser qu’on a des choses à cacher. Mais il y a déjà beaucoup de critères dans le décret", estime le premier wallon qui affirme ne pas avoir touché à la liste des bénéficiaires depuis son arrivée à l’Elysette.

Le MR accuse pourtant le gouvernement de s’asseoir sur les dispositifs qui auraient pu lever les doutes. "Le décret du 13 novembre 2002 prévoyait que les procédures d’octroi soient précisées dans un arrêté de gouvernement, lequel n’a jamais été adopté."

Contrôle a posteriori

Déjà bloquée sur une proposition similaire au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’opposition tente de forcer la porte wallonne. "Dans certaines communes, il y a des critères et une procédure pour demander des subsides. Si une commune peut le faire, la Région wallonne aussi. Est-ce absurde de mettre un peu de forme dans les demandes?" s’interroge Pierre-Yves Jeholet.

La solution proposée vise à rendre public l’ensemble du processus décisionnel en instaurant "un mécanisme de mise en place d’appels à projets".

Jugé trop lourd, le système sera rejeté par la majorité. Un compromis a malgré tout pu être dégagé. "Le meilleur des contrôles est de transmettre chaque année au Parlement la liste des subsides accordés", estime Paul Magnette, qui promet de prendre un arrêté pour officialiser le dépôt du rapport annuel.

Quant aux éventuelles anomalies détectées, les députés de l’opposition sont invités à en informer le ministre concerné.

Frédéric Van der Schueren pour présider la Loterie Nationale

Nommé depuis peu à des fonctions opérationnelles à la direction de la Loterie Nationale, Olivier Alsteens, l’ancien directeur de la communication du MR, a laissé vacante la place de président du conseil d’administration de l’entreprise publique. Ce poste doit être dare-dare réattribué selon les desiderata du MR. Une opération apparemment moins aisée qu’auparavant, suite à l’introduction par Olivier Chastel, le président du parti, d’une nouvelle règle interne de limitation des mandats rémunérés à trois maximum. Après avoir pris quelque temps, la recherche a fini par aboutir, annonce La Libre, qui cite le nom de Frédéric Van der Schueren.

L’homme est directeur liquidity and capital management à la banque Belfius. Son profil se démarque toutefois de l’habitude, puisque Frédéric Van der Schueren est un technicien issu du monde de l’entreprise et qu’on qualifiera de plutôt vierge sur le plan politique, même s’il collabore avec le Centre Jean Gol, le centre d’études du MR.

Sa désignation à la présidence de la Loterie devrait être proposée au conseil des ministres de ce vendredi, selon notre confrère. Une information qu’on nous confirme par ailleurs: le point est bel et bien à l’ordre du jour.

L’administrateur délégué Jannie Haek (sp.a) aura donc une nouvelle "belle-mère" d’origine bancaire après avoir eu affaire à un communicateur (et ancien journaliste).

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés