Bouchez face à Ducarme lors du second tour de l'élection à la présidence du MR

Georges-Louis Bouchez et Denis Ducarme ©mfn

Malgré les nombreux soutiens reçus ces dernières semaines, le Montois Georges-Louis Bouchez n’est pas parvenu à l’emporter face au ministre fédéral hennuyer Denis Ducarme au premier tour. Un second suivra donc. Résultats attendus pour le 29 novembre.

Le suspens se prolongera encore quelques semaines dans la course à la présidence du MR. Un second tour sera organisé dans la foulée du dépouillement intervenu mardi après-midi. Et ce parce qu’aucun candidat n’est parvenu à remporter la nécessaire majorité des suffrages exprimés par les 13.000 militants lors du premier tour de l’élection.

Bouchez en tête

Voici les résultats obtenus par les cinq candidats.

  • Georges-Louis Bouchez: 6.044 (44,59%)
  • Denis Ducarme: 3.405 (25,12%)
  • Christine Defraigne: 1.899 (14,01%)
  • Philippe Goffin: 1.521 (11,22%)
  • Clémentine Barzin: 685 (5,05%)
  • Nul ou blanc: 174

Au total, 13.728 bulletins ont été dénombrés.

Pourtant, Georges-Louis Bouchez n’en était pas loin, avec 6.044 votes (44,59%), contre 3.405 pour Denis Ducarme (25,12%), 1.899 pour Christine Defraigne (14,01%), 1.521 pour Philippe Goffin (11,22%) et 685 pour Clémentine Barzin (5,05%).

Mais la règle est la règle. Et sur cette base, les deux Hennuyers arrivés en tête du scrutin se verront donc obligés de croiser le fer. Les résultats de leur affrontement sont attendus pour le 29 novembre, date de l’ultime dépouillement destiné à élire un successeur à un Charles Michel en partance pour présider le Conseil européen. Les bulletins de vote devraient parvenir aux militants le 18 novembre prochain, évoquait-on en soirée au siège du parti.

Malgré les soutiens

Une donne qui a réjoui le ministre fédéral des Classes moyennes. "Malgré la mobilisation de l’appareil, il y aura un deuxième tour. Une bonne surprise démocratique! Un signal fort, déjouant les pronostics!", déclarait Denis Ducarme en soirée.

Georges-Louis Bouchez, 33 ans. ©Photo News

Et pour cause, son adversaire, Georges-Louis Bouchez, était parvenu à rallier de nombreux poids lourds au sein du parti ces dernières semaines. Jean-Luc Crucke, Daniel Bacquelaine, Sophie Wilmès, Jacqueline Galant ou encore David Clarinval lui avaient publiquement donné leur blanc-seing – ce qui n’avait pas manqué de froisser du côté des autres candidats en course. Au total, près de 60% des ministres et députés étaient derrière le candidat, écrivait Le Soir il y a peu. De quoi donner à l’homme un important coup de pouce dans une élection qui l’est tout autant, puisqu’elle doit permettre au parti de retrouver un leader après les départs européens du trio Reynders-Michel-Chastel.

Mais le coup de pouce ne fut apparemment pas suffisant. Du moins pour remporter la course d’emblée. L’intéressé reconnaissait d’ailleurs, avant la campagne, que sa tâche ne serait pas simple, que rien n’était plié d’avance, que la lutte serait complexe face à ses adversaires. Hier, il se disait "ravi" d’un score que peu lui auraient prédit il y a encore quelques semaines, surtout face à de tels ténors.

Goffin se rallie au Montois

©Anthony Dehez

Que feront désormais les trois candidats mis sur la touche? Si la Liégeoise Christine Defraigne nous indiquait juste être disposée à rencontrer les deux "lauréats", sans donner de consigne de vote aux militants à ce stade, le bourgmestre de Crisnée (Liège) Philippe Goffin, lui, appelait à rallier Georges-Louis Bouchez dans la soirée. Logique, après tout, "son électorat, tout comme celui de Barzin, est plus proche de celui de Bouchez que d’un Ducarme", analysait un fin connaisseur. Contactée, la députée bruxelloise n’a pour sa part pas souhaité commenter les résultats. Ni, a fortiori, s’exprimer sur quelque ligne à suivre à l’avenir.

Ce que d’autres, dans les rangs libéraux, n’ont pas manqué de faire à sa place. "Le débat continue", résumait une personnalité connue au MR, soulignant un "processus tout sauf bâclé, et c’est tant mieux". D’autres voyaient surtout ici un signe: "La ligne politique a été tranchée. Le MR est très largement un parti de centre droit, sans nécessité d’aller vers la gauche. C’est le premier vrai enseignement du scrutin." D’autres constataient plutôt une volonté de modernité. Quand d’autres, encore, pointaient la dissension familiale constatée: "Cela fait des années que ce parti souffre d’une absence de rassemblement en raison des tensions entre ténors. On a connu les tensions entre Louis et Didier, puis entre Charles et Didier… Ces résultats disparates montrent que ce rassemblement est encore loin d’être abouti", pestait un visage bien connu. Mais c’eût pu être pire. "Je pensais que ce serait plus serré que ça. Ils étaient quatre en face", concluait un soutien de Bouchez. Soutien que certains ont d’ailleurs réitéré mardi soir.

Fédéral | Le remplacement de Reynders se précise

Une décision importante attend le président du MR et, vu l’organisation d’un second tour pour la présidentielle MR, devrait être prise par Charles Michel. Le départ à court terme de Didier Reynders pour la Commission européenne se précise, ce qui laisse vacantes des fonctions stratégiques au sein du gouvernement Wilmès. Il faut s’attendre à la montée d’une personnalité accompagnée de glissements des compétences exercées par Didier Reynders.

Restons sur les plus importantes. Selon les scénarios les plus crédibles qui circulent, le poste de vice-Premier ministre serait offert à Daniel Bacquelaine, ministre des Pensions. La Défense serait quant à elle destinée à Denis Ducarme, actuel ministre des Indépendants, sous réserve de son élection à la présidence du MR. Restent les Affaires étrangères. En cas de bon résultat dans la course à la présidence du MR, ce qui est le cas, Philippe Goffin est cité, tout comme Jean-Luc Crucke qu’on voit cependant mal abandonner son poste de ministre wallon.

L’absence de Bruxellois dans l’exécutif fédéral fait également vivre la piste Vincent De Wolf. L’ex-chef de file dans la capitale attend depuis des années un portefeuille ministériel. Un poste ad interim, soit en attendant la formation du prochain gouvernement, devrait suffire à faire son bonheur, entend-on. Philippe Goffin serait alors mis en réserve pour intégrer le prochain gouvernement de plein exercice. Le hic pour Goffin, c’est que le MR ne pourra revendiquer que trois postes ministériels maximum dans cet exécutif et devra payer la place de Reynders à la Commission. Et le nom de Sabine Laruelle circule également. Faites vos jeux.

Mac

 

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