analyse

Bruxelles, grande perdante des migrations entre Régions

Dilbeek fait partie de ces communes flamandes proches de la capitale vers lesquelles les Bruxellois migrent de préférence. ©Photo News

Selon une étude menée par les trois bureaux de statistique régionaux, les Belges sont de plus en plus nombreux à déménager dans une autre Région. Ce sont surtout les Bruxellois qui quittent leur région. Ils choisissent de préférence des localités proches de la capitale.

Les Belges qui déménagent d’une région à une autre du pays sont de plus en plus nombreux avec une hausse particulièrement importante des flux sortants de la Région bruxelloise au cours des vingt dernières années, rapporte une étude menée conjointement par les trois bureaux de statistique régionaux, à savoir l’IBSA, l’IWEPS et Statistiek Vlaanderen.

Depuis 1991, Bruxelles perd chaque année de la population au profit des deux autres Régions, avec un solde migratoire négatif de 14.908 personnes en 2018. Ce qui n’empêche pas la Région bruxelloise de connaître une croissance de son nombre d’habitants grâce à un apport important de population extérieure à la Belgique.

Phénomène de périurbanisation

La périurbanisation s’étend vers des zones de plus en plus éloignées, comme la vallée de la Dendre ou la région de Tirlemont.
Auteurs de l'étude

L’étude, qui passe au crible les communes de départ et de destination, met en lumière le phénomène de la périurbanisation bruxelloise qui reste le moteur des migrations interrégionales. Cela signifie très concrètement que les Bruxellois qui déménagent en Flandre et en Wallonie s’établissent principalement dans les communes les plus proches de la capitale. Il s’agit des localités du Brabant flamand jouxtant la Région bruxelloise (Dilbeek, Vilvorde et Leeuw-Saint-Pierre formant le trio de tête), mais aussi du Brabant wallon et du nord du Hainaut.

"Néanmoins, depuis quelques années, ce mouvement s’élargit vers des zones de plus en plus éloignées, comme la vallée de la Dendre ou la région de Tirlemont en Flandre. Le processus de périurbanisation de Bruxelles, très actif depuis les années 60, se poursuit donc toujours", précisent les auteurs de l’étude.

©Mediafin

Surtout vers la Flandre

Anvers est la ville la plus prisée des résidents provenant de Wallonie.

Après une augmentation entre 1984 et 1992, les migrations depuis Bruxelles vers les deux autres Régions se sont réduites au cours des années 90 avant de connaître un nouveau regain dans les années 2000. Si les départs de la capitale vers la Wallonie stagnent depuis 2005, ceux vers la Flandre ont augmenté de près de la moitié durant la période 2012-2016 en comparaison avec 1997-2001. Rien qu’en 2016, 23.800 Bruxellois ont déménagé en Flandre.

Les échanges migratoires entre les Régions flamande et wallonne sont également de plus en plus nombreux avec une inversion de la tendance en 2016. À cette date, on observe en effet une hausse très nette des migrations de la Wallonie vers la Flandre, avec pour la première fois un solde migratoire positif pour la Région flamande. Anvers est la ville la plus prisée des résidents provenant de Wallonie. Les autres destinations privilégiées se situent le long de la frontière linguistique et autour de Bruxelles sans oublier les communes de la côte, avec La Panne, Coxyde, Ostende et Knokke-Heist en tête.

L’exode urbain s’accroît chez les trentenaires

En termes de solde migratoire, la Région bruxelloise est donc gagnante entre 20 et 29 ans, mais perdante à tous les autres groupes d’âges.

Au-delà de l’analyse des flux, les auteurs de l’étude ont envisagé les migrations interrégionales à travers une variable sociodémographique déterminante: l’âge des individus. Ainsi, l’essentiel des migrations depuis la Wallonie en direction de Bruxelles (entre 42 et 46%) concerne des adultes dans la vingtaine, ce qui correspond à une période dite d’émancipation ou de décohabitation parentale.

En revanche, les migrations les plus nombreuses vers la Wallonie sont enregistrées chez les trentenaires ainsi que chez les jeunes enfants, ce qui correspond aux âges clés de la périurbanisation.

En termes de solde migratoire, la Région bruxelloise est donc gagnante entre 20 et 29 ans, mais perdante à tous les autres groupes d’âges. Même si plus d’un tiers des migrations de la Flandre vers Bruxelles concernent des jeunes adultes dans la vingtaine, le solde migratoire est négatif pour la Région bruxelloise pour tous les groupes d’âges, vingtenaires compris, entre 2012 et 2016.

Enfin, l’étude relève que toutes les migrations interrégionales ont tendance à s’internationaliser, surtout à partir des années 2000. Ainsi, les ressortissants des pays tiers ou des pays très récemment entrés dans l’Union européenne (UE13) représentent une part croissante des migrants entre Bruxelles et les deux autres Régions.

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