C'est parti pour la vaccination de masse en Belgique

La vaccination dans les maisons de repos, c'est ce mardi que cela commence vraiment. Les deux premiers tours de piste, les 28 et 30 décembre – ici, à Woluwe-Saint-Pierre – étaient essentiellement symboliques et ont surtout permis de tester le dispositif. ©Photo News

Après un démarrage symbolique fin décembre, c'est ce 5 janvier que débute officiellement la campagne de vaccination. Mais la Belgique n'est-elle pas déjà à la traîne?

Cette fois, c'est vraiment parti. Parce que les 28 et 30 décembre 2020, cela ressemblait plus à un tour de chauffe, qui a débouché sur quelque 700 personnes vaccinées dans les sept maisons de repos impliquées. Avec un premier chiffre ressortant de ce lancement symbolique: un taux d'acceptation de plus de 85% – ce qui ne signifie pas que les 15% restants ont tous refusé, certaines personnes pouvant ne pas remplir les conditions de vaccination, parce présentant les symptômes du Covid par exemple.

85%
Taux d'acceptation
Dans les sept maisons de repos belges où la vaccination a déjà eu lieu, plus de 85% des candidats ont reçu leur première dose. Parmi les 15% restants, certains ont refusé la piqûre, tandis que d'autres ne répondaient pas aux critères ouvrant la voie à la vaccination – ceux qui présentaient des symptômes du Covid, par exemple.

Mardi 5 janvier 2021, c'est donc le démarrage officiel de la vaccination belge. La phase 1a s'attaque aux maisons de repos – les quelque 150.000 résidents et 60.000 membres du personnel doivent être vaccinés pour la fin février, quitte à déborder un brin sur mars – et au personnel soignant. Fin avril, début mai, la phase 1b devrait prendre le relais, avec au bout de la seringue les personnes de plus de 65 ans (2,05 millions), celles ayant entre 45 et 65 ans au compteur mais considérées comme à risque (1,3 million), ainsi que les métiers prioritaires. Pour le reste de la population de plus de 16 ans, rendez-vous fin juillet – si tout se passe comme prévu.

Ce lundi, la première vraie livraison du vaccin Pfizer/BioNTech – seul reconnu et utilisé pour l'instant – a été effectuée; pour la suite, la Belgique devrait recevoir quelque 87.000 doses par semaine, un chiffre qui pourrait venir chatouiller les 100.000 à partir de février. Le planning des opérations est entre les mains des entités fédérées, rappelle Sabine Stordeur, project manager au sein de la task force "vaccination". Ce calendrier est évidemment appelé à évoluer au gré du bon suivi, ou non, des livraisons prévues.

169
Maisons de repos
Cette première semaine de vaccination à grande échelle concerne 169 maisons de repos: 73 en Wallonie, 54 à Bruxelles et 42 en Flandre. En tout, plus de 22.000 personnes devraient recevoir leur première dose du vaccin développé par Pfizer et BioNTech.

Durant cette première semaine, la Wallonie a l'intention de se pencher au chevet de 73 maisons de repos, administrant leur première dose à quelque 11.500 personnes, le tout concentré en trois jours. À Bruxelles, on parle d'environ 4.000 futurs vaccinés, répartis dans 54 institutions. En Flandre, enfin, 42 maisons de repos et environ 6.600 personnes sont inscrites au programme.

Traîne-t-on la patte?

Reste cette question, lancinante. Avec un petit 700 vaccinés en ce début 2021, la Belgique ne fait-elle pas pâle figure au vu des millions de personnes déjà vaccinées de par le monde? Plus de 4,5 millions aux États-Unis, pas loin d'un million au Royaume-Uni et, l'exemple est cité de toutes parts, un bon million en Israël où la campagne, débutée le 19 décembre, est menée au pas de charge. Le fait d'être devant la France – où la polémique fait rage – ne constitue même pas une maigre consolation.

"Les comparaisons ne tiennent qu'entre États membres européens. Qui sont livrés selon le même calendrier, et approvisionnés de manière proportionnelle à leur population. Il n'y a pas moyen d'aller plus vite."
Sabine Stordeur
Project manager au sein de la task force "vaccination"

Traîne-t-on la patte? La critique est infondée, balaie Sabine Stordeur. États-Unis, Israël et Royaume-Uni: ce trio dépend d'autres autorités de régulation, chacune allant à son propre rythme. "Aux États-Unis, la Food and Drug Administration a déjà autorisé le vaccin Moderna, qui a commencé à être administré." Et si outre-Manche, on affiche une longueur d'avance, il pourrait s'y trouver une volonté politique post-Brexit, cherchant à prouver que l'on avance plus vite lorsque l'on a largué les amarres européennes.

"Les comparaisons ne tiennent qu'entre les États membres européens", insiste Sabine Stordeur. Tous sont logés à la même enseigne, dépendants du même calendrier de livraison, et approvisionnés de manière proportionnelle à leur population. "Il n'y a pas moyen d'aller plus vite." Et puis, il ne s'agit pas de se précipiter, fait-on valoir au sein de la task force, tout pas de travers pouvant renvoyer une image désastreuse.

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