Climatologue, métier en vogue chez les assureurs

©Hollandse Hoogte / Flip Franssen

Les coûts et sinistres liés aux catastrophes naturelles et au réchauffement climatique sont en hausse. Les (ré)assureurs s’arment de climatologues pour anticiper les "calamités naturelles".

Sécheresses, inondations, tempêtes et tremblements de terre. Autant de sinistres contre lesquels les particuliers et les professionnels doivent se prémunir. Tantôt qualifiées de "phénomènes naturels" par les assureurs, tantôt interprétées comme conséquences néfastes du réchauffement climatique, ces "calamités naturelles" occupent une place sans cesse croissante dans le calcul des primes d’assurance, à mesure que le dérèglement climatique s’intensifie.

Cependant, alors que la vague de chaleur qui assomme l’Europe ravive le débat autour de l’urgence climatique, la Belgique reste relativement moins impactée par les "calamités naturelles", à l’image de l’évolution moindre de l’attention prêtée à ces dernières par les assureurs belges en comparaison aux pays voisins par exemple.

Les réassureurs, as de la prévision climatique

À l’échelle globale, la couverture des risques climatiques et naturels est devenue un domaine spécifique avec ses spécialistes attitrés. En amont de la détermination des primes de risque, les prévisions des experts des grands réassureurs dessinent les tendances et dictent la marche à suivre aux compagnies d’assurance. En effet, les assureurs des assureurs sont passés maîtres dans l’art d’étudier et de prédire le climat et les catastrophes naturelles, parfois avec plus de précision que les organismes spécialisés.

Dans la pratique, les leaders du secteur comme le géant allemand Munich RE insistent sur la nécessité pour les compagnies d’assurances de prendre en compte l’intensification des risques climatiques et naturels liés au réchauffement de la planète.

Munich RE dispose d’un pôle entier dédié aux prédictions et aux analyses climatiques, composé de géologues, de climatologues et même d’un "Head of Climate" à temps plein. Le réassureur nous indique d’ailleurs à ce propos: "Puisque l’influence du changement climatique augmente avec le temps, l’industrie des assurances se doit de reconnaître, quantifier et inclure ces tendances, à temps, dans les modèles de détermination des primes."

25 à 30%
.
La proportion des calamités climatiques dans l’ensemble des primes d’assurances calculées en Belgique.

En Belgique, la prévention prime

L’urgence climatique, bien qu’incontestable, se veut moins visible dans le plat pays, du moins du point de vue des assureurs. Pour Wauthier Robyns, en charge de la communication chez Assuralia, l’union professionnelle des entreprises d’assurances belges, "ce sont les catastrophes naturelles, comme les très fortes averses de grêle de 2014, qui causent le plus de dégâts et qui coûtent le plus cher. En général, les calamités naturelles représentent 25 à 30% des primes d’assurance, avec une forte variabilité en fonction d’événements exceptionnels. A ce jour, on prévoit que 2019 sera une année marquée par les sinistres, sans pour autant entrer dans les annales. Les assureurs doivent être prêts à absorber financièrement les répétitions de ces calamités naturelles."

Ici, plutôt que d’intégrer complètement les probabilités de récurrence de ces phénomènes naturels (grêle, inondations) dans le calcul de leurs primes, les compagnies d’assurances belges préfèrent, à l’heure actuelle, mettre l’accent sur la prévention.

Ainsi, il n’existe pas encore de pôle "climat" chez AG assurance ou Axa Belgium, même si Wauthier Robyns estime probable qu’à l’avenir "les entreprises avec le plus de moyens s’offriront les services d’analystes climatiques à l’intérieur de leurs bureaux, alors que les compagnies de plus petite taille se contenteront probablement de suivre les directives des grands réassureurs, comme c’est le cas aujourd’hui."

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