analyse

Comité de concertation: Vandenbroucke entendu, les libéraux ébranlés

Georges-Louis Bouchez, pas très heureux des résultats de ce nouveau Codeco pour le secteur du commerce. ©BELGA

Le serrage de vis appelé de ses vœux dès la semaine dernière par le ministre de la Santé a finalement eu lieu. Les secteurs proches du MR en payent le prix.

Cela commence à devenir une habitude, les décisions de ce comité de concertation finissent par donner raison à Frank Vandenbroucke (Vooruit). Dès la semaine dernière, le ministre fédéral de la Santé estimait que la progression du variant britannique du virus allait nécessiter de nouvelles mesures fortes. Vendredi, le Codeco avait fini, faute de consensus, par renvoyer la patate chaude aux ministres de l'Éducation, en première ligne depuis qu'il apparaît que l'école fait à nouveau office de source importante de contamination. Au sein du gouvernement, on rappelle que d'après les hôpitaux, plus de la moitié des nouvelles admissions concernent désormais des moins de cinquante ans, des gens probablement infectés au contact de leurs enfants, explique-t-on.

Du côté de Franck Vandenbroucke, on est donc satisfait de voir ce nouveau tour de vis enfin décidé, tout en admettant qu'un temps précieux vient d'être perdu dans cette lutte de longue haleine contre la pandémie. Depuis vendredi, les chiffres sanitaires ont continué leur angoissante progression, faisant donc mûrir les esprits politiques pour un nouveau resserrage.

Les maternelles pour la N-VA

Ce mercredi, l'école a de nouveau servi de pierre d'achoppement, le ministre président flamand Jan Jambon (N-VA) tenant mordicus à laisser au moins les primaires et maternelles ouvertes. Alexander De Croo a fini par mettre sur la table "un compromis à la belge", avec cette idée de maintenir uniquement les classes de maternelles en activité "présentielle". Un compromis qui ne fait pas plaisir à tout le monde. "C'est en maternelle que les contacts rapprochés entre les enfants et les personnels sont les plus fréquents", peste un proche du gouvernement.

Une analyse partagée par la CGSP Enseignement qui juge ce traitement différencié "scandaleux". Voilà de quoi mettre dans l'embarras la branche PS du gouvernement et la ministre francophone de l'Éducation, la socialiste Caroline Désir.

Le MR avale une grosse couleuvre

Les libéraux semblent moins heureux encore. Plus que jamais, ils sont sous pression des secteurs qui doivent se résoudre à baisser le rideau pour quatre semaines au moins. Ce n'est pas la prise possible de rendez-vous dans les commerces, difficile à mettre en œuvre, qui calmera les esprits. Depuis le début de cette crise, le MR se pose en saint protecteur des indépendants. Ainsi, le ministre en charge, David Clarinval, plaidait le 14 mars pour la réouverture la plus prompte possible du secteur horeca. On est loin du compte.

Échaudé, le député et ex-ministre des Classes moyennes Denis Ducarme a lancé son petit scud sur Twitter. "Ce lockdown qui ne veut pas dire son nom, c'est une nouvelle promesse de larmes et de sang pour les Belges qui ont besoin de travailler". À nos confrères du Vif, il dira que sa confiance en ce Codeco est "ébranlée".

"Il est aussi regrettable que le fardeau pèse essentiellement sur la Belgique qui travaille."
Georges-Louis Bouchez
Président du MR

Jusqu'en interne, on y lit une foucade de l'ex-candidat à la présidence du parti pour "embêter" son successeur David Clarinval mais le malaise est bien réel chez les libéraux. Le président Georges-Louis Bouchez évoque un "triple échec". "Il est aussi regrettable que le fardeau pèse essentiellement sur la Belgique qui travaille. Il faut des données objectives pour apprendre à vivre avec le virus et surtout accélérer la vaccination", ajoutait-il, toujours sur Twitter. "Les sorties de Bouchez sonnent faux, il a trois ministres autour de la table", observait un libéral. David Clarinval , Sophie Wilmès et Pierre-Yves Jeholet apprécieront en effet le constat d'échec de leur président. Contacté, Georges-Louis Bouchez précise ne pas viser ses ministres, mais parle d'un échec collectif au regard de la situation actuelle de la Belgique en Europe.

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