analyse

Comité de concertation: vers de légers assouplissements

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Alexander De Croo tente de retrouver la maîtrise de la communication, sous pression politique et dans un contexte sanitaire incertain.

Séquence gagnante ou perdante pour Alexander De Croo? Le Premier ministre a en tout cas pris son petit monde par surprise lundi en convoquant la presse autour des modélisations de l'évolution de la pandémie qui doivent alimenter la réflexion sur les mesures sanitaires à venir. De fait, les vice-premiers n'étaient pas tous au courant du plan de communication du Premier. Sur le plan strictement politique, "c'était une façon de reprendre la main, ce n'est pas mal joué de sa part", analyse un proche du gouvernement. "C'était un message clair vis-à-vis de ses partenaires", décode un autre.

Pour rappel, samedi dans les colonnes de l'Echo, Jean-Marc Nollet, co-président d'Ecolo, sortait pour la première fois avec un discours axé sur l'assouplissement des règles sanitaires avant le comité de concertation de vendredi. Sans toutefois s'enfermer dans un calendrier, insiste-t-on chez les Verts. Fidèle à ses habitudes, le MR communiquait fermement ce week-end pour exiger des perspectives, tant pour les secteurs économiques à l'agonie que pour les citoyens souffrant psychologiquement des mesures de confinement.

Une bulle de 10 à l'extérieur?

Sur base des modélisations présentées lundi, il est difficile d'imaginer un assouplissement important avant le mois d'avril. Mais les limites de l'exercice scientifique sont claires: les modèles ne peuvent intégrer dans leur base de calcul des mesures ponctuelles de déconfinement et ne prennent comme point de comparaison qu'une situation donnée, celle de septembre où les mesures étaient bien moins contraignantes qu'aujourd'hui. Il reste donc une marge pour des décisions soulageant tant que faire se peut une population épuisée par cette pandémie et partant, plus enclin au lâcher-prise. Les images de foules agglutinées dans les parcs sans grand respect du port du masque et des distances de sécurité en témoignent.

"C'est sans doute ce qui manque depuis les fêtes de fin d'années: des perspectives."
Une source fédérale

Vendredi, on peut d'ailleurs s'attendre à la réouverture des frontières aux voyages non essentiels, à la confirmation de la réouverture des métiers de contact, voire à l'augmentation de la bulle sociale en extérieur. Le chiffre de 10 personnes est évoqué. Comme à un signal vis-à-vis du secteur culturel. Et, un nouveau rendez-vous en mars pour, qui sait, annoncer le retour les cours physiques dans l'enseignement supérieur. "C'est sans doute ce qui manque depuis les fêtes de fin d'années: des perspectives", déplore une source fédérale.

Mais à décharge du Premier ministre, et c'est le sens principal de son message de lundi répété mardi sur les ondes de la RTBF, les données sanitaires laissent encore planer trop d'incertitude pour plonger tête baissée dans le déconfinement selon un timing établi. Il y a bien sûr le variant britannique dont le comportement reste incertain, la mise en œuvre de la stratégie de vaccination et ensuite, l'évolution des chiffres sanitaires. "Les gens sont à bout et risquent de ne plus respecter les règles, mais l'enjeu premier est d'éviter une troisième vague", répète-t-on dans un parti du gouvernement.

Mardi matin, les statistiques sanitaires avaient d'ailleurs tendance à conforter la prudence gouvernementale. Sciensano communiquant notamment une hausse des détections et surtout, une hausse du taux de positivité des tests qui s'établit à 6,3%, son niveau le plus haut depuis la fin du mois de décembre. "Le risque, c'est de connaître un nouveau 23 septembre", indique-t-on en coulisse quant au comité de concertation de vendredi, en rappelant les décisions qui avaient précédé la deuxième vague alors que les chiffres évoluaient défavorablement.

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