Comment la continuité des services essentiels est assurée

Il est également question au sein des casernes de séparer physiquement les pompiers qui partent en ambulance des autres afin de réduire le risque de contamination entre les équipes. ©Photo News

Pour assurer les services essentiels à la population – énergie, maintien de l’ordre, incendie et aide médicale urgente, collecte des déchets, télécoms, approvisionnement en médicaments - les entreprises mettent en œuvre des plans de continuité de l’activité. Aperçu.

Incendie et Aide Médicale Urgente

Le Service d'Incendie et d'Aide Médicale Urgente (SIAMU) de la Région bruxelloise fonctionne au quotidien avec un cadre de 171 pompiers. "On peut descendre jusque 161 mais en-dessous de ce chiffre, une réorganisation est nécessaire", explique Walter Derieuw. Selon le porte-parole des hommes du feu bruxellois, une réunion à ce sujet se déroulait vendredi après-midi. Plusieurs pistes concrètes, comme la possibilité de postposer les congés pour maintenir un seuil d’effectif suffisant ont été avancées. Le SIAMU pourra compter sur deux ambulances supplémentaires, principalement pour assurer le transfert des patients entre hôpitaux. De nouvelles recrues qui achèvent actuellement leur formation au niveau de la lutte contre les incendies pourront déjà venir renforcer les effectifs d’ambulanciers si nécessaire. Une liste permettra aussi de rappeler des volontaires si le personnel n’est plus en nombre suffisant. "Nous allons faire un monitoring quotidien de la situation. On se prépare à tourner avec moins de personnel. Mais on s’attend aussi à une baisse du nombre d’interventions car il va y avoir une baisse de l’activité", estime Walter Derieuw.

Police

"Il faudra aussi assurer le bon déroulement des nouvelles mesures décidées vis-à-vis de la pandémie."
Ilse Van de Keere
Porte-parole de la zone Bruxelles-Ixelles

Au sein des forces de l’ordre, le personnel administratif est invité à télétravailler. La police fédérale indique que toutes les missions opérationnelles sont pour l’heure maintenues, en ce compris les contrôles d’alcoolémie avec toutefois quelques précautions d’usages. Si du personnel venait à manquer pour certaines missions, il serait possible que d’autres services viennent en renfort comme cela s’organise déjà lors des préavis de grève. "Beaucoup d’événements sont annulés, ce qui libère aussi de la capacité", relève la porte-parole de la police fédérale. Dans la zone de police locale la plus importante du pays, on explique que les interventions en réponse à des appels 101 resteront prioritaires. "Il faudra aussi assurer le bon déroulement des nouvelles mesures décidées vis-à-vis de la pandémie", déclare la porte-parole de la zone Bruxelles-Ixelles Ilse Van de Keere qui affirme que le taux d’absentéisme actuel n’est pas problématique. Pour des raisons évidentes de sécurité, l’organisation des shifts et des missions prioritaires prévues par les plans de continuité ne peut être dévoilée.  

Poubelles

"On peut être assimilé à un service d’hygiène public, ce qui permet à nos agents de pouvoir confier leurs enfants aux écoles à l’instar du personnel soignant et de venir travailler"
Etienne Cornesse
Porte-parole de Bruxelles-Propreté

Tous les services de Bruxelles-Propreté (ABP) sont assurés normalement et ce jusqu’à nouvel ordre, assure le porte-parole de l’agence régionale qui cite la collecte des déchets en porte-à-porte, la collecte d’encombrants sur rendez-vous et les Recyparks ouverts. Alors que l’ABP est constituée à 90% de personnel opérationnel, plusieurs scénarios sont à l’étude pour continuer à assurer le service en fonction de l’évolution de la pandémie. Cela pourrait notamment consister à répartir les tâches de manière différente sur le terrain. "On peut être assimilé à un service d’hygiène public, ce qui permet à nos agents de pouvoir confier leurs enfants aux écoles à l’instar du personnel soignant et de venir travailler", précise Etienne Cornesse.

Energie

Les principaux acteurs du secteur se sont adaptés aux recommandations du gouvernement. Chez Elia, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, chez Fluxys, le gestionnaire du réseau gazier, et chez Engie, l’opérateur des centrales nucléaires, des plans de continuité des activités ont été mis en place, ainsi qu’une série de mesures concrètes.

Chez Elia, Engie et Fluxys, des plans de continuité des activités ont été mis en place.

Le télétravail, la limitation des réunions et des déplacements et des mesures d’hygiènes strictes, ont été instaurés par les entreprises. Chez Elia, un groupe de travail dédié a été mis sur pied.

Les accès aux bâtiments dits critiques, comme les unités de production de Tihange et Doel ou les centres de dispatching d’Elia et Fluxys, sont fortement contrôlés et limités au personnel essentiel. Les trois entités se veulent aussi rassurantes quant à la gestion des fonctions clés, ces postes étant doublés et les employés se succédant, en alternance, sans qu’aucun contact physique n’ait lieu.

Il est à noter qu’aucun cas de Covid-19 n’a, à l’heure actuelle, été détecté chez Elia, Fluxys ou Engie.  

Télécoms

"Pour le moment, il n’y a aucun problème pour absorber l'évolution. Nous restons attentifs, le premier test sera lundi avec le début officiel du télétravail généralisé"
Michel Van Bellinghen
Président de l'IBPT

Les mesures prises par le gouvernement ont un impact direct sur le secteur télécom. L’IBPT, le régulateur du secteur, a récolté les premières données montrant déjà une évolution dans l’utilisation du réseau. "On a constaté une augmentation importante du trafic de la voie avec parfois des hausses de plus de 50% en journée. Pour l’utilisation de données, la hausse est moins marquée", assure Michel Van Bellinghen, le président de l’IBPT. "Pour le moment, il n’y a aucun problème pour absorber l’évolution. Nous restons attentifs, le premier test sera lundi avec le début officiel du télétravail généralisé." Du côté des opérateurs on se prépare donc. Le réseau doit évidemment continuer à être disponible. Pour les postes les plus sensibles, qui assurent notamment le bon fonctionnement du réseau, des mesures adaptées sont prises. "Nous avons scindé l’équipe en deux. Elles n’ont aucun contact afin d’être certain qu’un suivi puisse être assumé, même en cas de contamination d’un des travailleurs", explique-t-on chez Proximus. Même son de cloche chez Telenet qui examine aussi "comment les équipes des fonctions critiques peuvent être scindées afin de réduire au maximum le risque d'infection."

Pharmacie

Outre les mesures générales (télétravail, hygiène renforcée), l’industrie pharmaceutique a prévu une série de dispositions permettant d’assurer la continuité de la production.

L'industrie pharmaceutique assure la continuité de la production en diversifiant ses sources d'approvisionnement.

La continuité passe aussi bien par l’organisation interne des équipes que par la diversité des sources d’approvisionnement. Chez UCB, on pousse au maximum la logique du "multisourcing" pour être sûrs de pouvoir continuer à produire. "Nous avons aussi accru la production de certains produits-clés, comme les antiépileptiques, afin de disposer de stocks suffisants pour assurer la continuité des traitements," précise Laurent Schots, porte-parole.

Autre mesure, généralisée dans le secteur: le report de tous les voyages à l’étranger. "Depuis jeudi soir, les réunions extérieures sont interdites. Dans les usines, il n’y a plus de contacts entre les départements de support et la partie production. Il n’y a plus non plus de visites d’usines", précise Frédéric Druck, administrateur délégué d'essenscia Wallonie.

GSK a également supprimé les réunions de plus de 20 personnes. Les réunions en plus petit comité doivent se faire dans des locaux surdimensionnés pour assurer une distance sanitaire suffisante. 

Transports

A la SNCB, la STIB et le TEC, jusqu'à nouvel ordre, tous les trains, trams et bus continuent de rouler normalement. "On applique les conseils  classiques en matière d'hygiène, mais aussi des procédures de nettoyage des trains et des gares", détaille Vincent Bayer, porte-parole de la SNCB

Les procédures de nettoyage n'y ont pas été fondamentalement multipliées, mais une attention particulière est mise sur le nettoyage des surfaces qui sont en contact avec les passagers comme les distributeurs de tickets, les rampes dans les gares, etc. La société encourage aussi les horaires décalés pour son personnel pour essayer de désengorger les trains et donc diminuer le risque.

A la STIB, afin de limiter l'usage d'argent liquide, la vente de tickets à bord des véhicules est temporairement suspendue.  Une mesure similaire est prévue chez le TEC qui recommande également à ses voyageurs de "différer, dans la mesure du possible, tout déplacement en évitant les heures de pointe du matin et du soir et de s’abstenir, dans le cas des voyageurs fragiles, de prendre le transport public."

Banques 

Via un communiqué de presse de la fédération sectorielle Febelfin, les banques ont affiché ce vendredi leur volonté de "soutenir les citoyens et les entreprises." Les agences bancaires demeureront ouvertes en semaine, mais les clients sont priés de privilégier les relations numériques dans la mesure du possible. Les banques entendent donner aux entreprises saines toutes les chances de traverser plus facilement cette période de turbulences, notamment via des adaptations de conditions de financement.  Le télétravail est encouragé dans la plupart des enseignes. Ce vendredi, les 3.000 employés d’ING basés au Cours St-Michel étaient en télétravail pour une journée de test. BNP Paribas Fortis comptait pour sa part 3.500 travailleurs à l’œuvre depuis leur domicile ce même jour. À partir de lundi, les 4.000 employés de la tour Belfius place Rogier seront divisés en deux équipes qui alterneront travail au bureau et à domicile chaque semaine. Le bancassureur KBC procède de manière similaire, avec une séparation physique stricte des deux équipes.

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