Comment les étudiants veulent amplifier le mouvement des grèves pour le climat

©Photo News

Les étudiants du supérieur sont attendus en masse ce jeudi pour le cinquième acte des grèves pour le climat. Ils viennent en soutien aux élèves du secondaire, mais construisent une dynamique propre.

Ils sonnent la mobilisation générale. À coup de tracts, d’appels dans les auditoires, de posts sur les réseaux sociaux, les étudiants se passent le mot: ce jeudi, tous à Bruxelles. Un mois après la première "grève scolaire", où 3.000 élèves de l’enseignement secondaire s’étaient mobilisés pour le climat, les étudiants du supérieur s’apprêtent à grossir massivement les rangs de la prochaine marche. Une partie d’entre eux n’avait pas attendu le mot d’ordre – et le retour de congés des universités flamandes – pour aller fouler le pavé avec les benjamins. Mais "l’acte VI" sera bien celui du déploiement de la mobilisation étudiante.

"Nous comptons sur l’implication et le soutien de chacune d’entre vous autour de cet enjeu majeur"
Yvon Englert

Un déploiement que les universités accompagnent avec bienveillance. À l’Université catholique de Louvain (l’UCLouvain), on assure les étudiants qu’aucune épreuve obligatoire ne sera organisée jeudi. Même message à l’Université libre de Bruxelles (ULB), dont l’administration indique aussi qu’elle fera preuve de souplesse envers les membres du personnel qui souhaiteraient rejoindre la marche. Le recteur encourage le mouvement: "Nous comptons sur l’implication et le soutien de chacune d’entre vous autour de cet enjeu majeur", a écrit Yvon Englert à la communauté universitaire.

Structuration

"ça reste une grève: que l’unif soutienne ou pas, ça nous est égal – ce n’est pas quelque chose que nous recherchons", tranche Bakou Mertens, étudiant en sciences politiques et économiques à l’Université de Gand (UGent). C’est autour de lui que se structure depuis quelques semaines le mouvement Students for Climate. En pleine session d’examens, Bakou Mertens et son frère Yuni ont voulu soutenir le mouvement des élèves du secondaire. "On a lancé un appel autour de nous à la mobilisation. La réponse a été telle, si rapide, si forte, qu’on s’est dit qu’il fallait faire quelque chose de sérieux: on a lancé le mouvement", explique-t-il. Via Facebook, il invite les étudiants à former des comités locaux, eux-mêmes en contact avec des groupes locaux du mouvement du secondaire.

"La réponse a été telle, si rapide, si forte, qu’on s’est dit qu’il fallait faire quelque chose de sérieux."
Bakou Mertens
Students For Climate, Étudiant à l’Ugent

Les Students for Climate ont organisé la semaine dernière la première réunion de leur "comité central", qui rassemble des représentants des comités locaux. Avec en ligne de mire, le plus urgent: la manifestation de ce jeudi. Chaque groupe a organisé sa première assemblée générale – "À Liège, on a rassemblé une petite centaine de personnes", indique Suzon Huart, qui a cofondé le collectif local. Sur Facebook, Liège est d’ailleurs le groupe qui a le plus de likes, signe de la qualité du terreau militant de la Cité ardente, souligne-t-elle. Ce mercredi, une délégation se rendra à Bruxelles pour échanger avec des cheminots grévistes, explique-t-elle. Et jeudi, le gros des troupes est attendu à Liège Guillemins pour aller à la grande marche bruxelloise.

Le stade roi Baudouin

Au-delà des manifs, l’idée de Students for Climate est de lancer à partir de la semaine prochaine une délibération collective. Dès la fin janvier, le collectif étudiant en construction s’était fendu d’un "manifeste", rédigé en partie sur base des positions de Greta Thunberg, la Suédoise à l’origine des grèves scolaires pour le climat.

Il demande notamment une transition sociale, l’inscription dans la loi belge d’un objectif de neutralité carbone en 2050, ou encore un seul ministre du Climat en Belgique.

"Mais rien n’est gravé dans le marbre, souligne Ethan Libert, qui pilote le groupe à l’ULB. Ce manifeste a simplement donné un socle au mouvement." La suite doit se construire par la base. "À l’ULB, on voudrait organiser une Assemblée générale tous les jeudis après-midis. Pour la semaine prochaine, on va essayer d’avoir un auditoire de 500 personnes", poursuit-il.

Et chaque groupe local – ils sont seize pour l’instant – devrait faire de même, reprend Bakou Mertens: organiser des débats au cours d’assemblées générales. Aux alentours de la grève internationale pour le climat prévue le 15 mars, les étudiants belges devraient organiser une assemblée nationale, poursuit le Gantois: une réunion délibérative de milliers d’étudiants. Où? "On pense à quelque chose comme le stade roi Baudouin, mais ça dépendra bien sûr de l’évolution du mouvement. Tout est ouvert." Que ce soit pour louer le stade roi Baudoin ou pour imprimer des bannières, le groupe commence doucement à penser à ses finances – "On vient de créer un compte", précise Mertens. Chez Triodos, bien entendu.

 

Correction: il s'agit bien de la sixième manifestation d'affilée, et non de la cinquième, comme écrit erronément dans la première version de cet article.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect

Messages sponsorisés

n