Congo: le Roi exprime "ses plus profonds regrets"

Le Roi a adressé une lettre au dirigeant congolais dans laquelle il exprime des "regrets pour les blessures du passé". ©Photo News

Le roi Philippe a exprimé "ses plus profonds regrets" pour les "actes de violences" et les "souffrances" infligés au Congo léopoldien et puis belge, dans une lettre adressée, ce mardi, au président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi.

À l'occasion du 60e anniversaire de l'indépendance du Congo, le roi Philippe a pris sa plus belle plume pour écrire une missive au dirigeant congolais Félix Tshisekedi. Dans cette lettre, déjà qualifiée d'historique par certains, le souverain belge exprime ses "plus profonds regrets" pour les "actes de violence" et les "souffrances" infligés au Congo léopoldien, devenu belge en 1908.

Avant lui, aucun souverain régnant n'avait entrepris une telle démarche. L'initiative, comme de coutume couverte par la Première ministre, émane du Roi, assurent plusieurs quotidiens qui relaient l'information.

À l'époque de l'État indépendant du Congo, des actes de violence et de cruauté ont été commis, qui pèsent encore sur notre mémoire collective.
Philippe de Belgique
Roi

"Notre histoire est faite de réalisations communes mais a aussi connu des épisodes douloureux. A l'époque de l'État indépendant du Congo, des actes de violence et de cruauté ont été commis, qui pèsent encore sur notre mémoire collective. La période coloniale qui a suivi a également causé des souffrances et des humiliations", écrit notamment le lointain successeur de Léopold II.

Dans son texte, Philippe exprime clairement des regrets, mais ne présente pas d'excuses, qu'une pression politique et populaire réclame toutefois avec insistance.

Je tiens à exprimer mes plus profonds regrets pour ces blessures du passé dont la douleur est aujourd'hui ravivée par les discriminations encore trop présentes dans nos sociétés.
Philippe de Belgique
Roi

Discriminations trop présentes

S'il fait référence à l'entreprise coloniale, le souverain évoque aussi ses conséquences à long terme. "Je tiens à exprimer mes plus profonds regrets pour ces blessures du passé dont la douleur est aujourd'hui ravivée par les discriminations encore trop présentes dans nos sociétés", assure-t-il.

Les événements des dernières semaines ont probablement pesé dans la décision du Roi d'exprimer publiquement ses regrets et de fustiger les discriminations.

Aux États-Unis, un large mouvement antiraciste s'est enclenché après la mort, le 25 mai, d’un Afro-Américain, George Floyd, à la suite de violences policières.

En Belgique, ce combat contre le racisme et les discriminations a trouvé une déclinaison dans un mouvement de décolonisation de l’espace public, cristallisé autour de la personnalité de Léopold II.

Le roi Philippe précise dans son courrier qu'il entend continuer "à combattre toutes les formes de racisme" et encourage à cet égard "la réflexion qui est entamée par notre Parlement afin que notre mémoire soit définitivement pacifiée".

Wilmès prendra aussi la parole

La Première ministre belge Sophie Wilmès (MR) prendra publiquement la parole mardi pour livrer un message au ton semblable à celui du chef de l'État.

À 10h20, elle s'exprimera à Ixelles lors d'une cérémonie dans le cadre du 60e anniversaire de l'indépendance du Congo. À cette occasion, une plaque commémorative sera inaugurée à l’entrée de la maison communale.

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