"Covid rationnel" souhaite élargir (et peser sur) le débat

Le Comité de concertation du 19 mars actait le report de l'entrée en vigueur du plan "plein air", initialement prévue pour début avril. Une mesure qui en a interloqué plus d'un. ©Photo News

Il est déjà arrivé à certains de ses membres de publier des opinions à l'emporte-pièce. Mais, ce mercredi, le groupe de réflexion a surtout soulevé une série d'interrogations.

C'était, ce mercredi, leur première sortie officielle et de groupe. Au nom de "Covid rationnel", ce groupement dont les membres critiquent vertement la gestion de la crise sanitaire. Problème: certaines de ces publications ont déjà pris des libertés avec la rigueur scientifique, ou se sont pris le rude mur des faits dans les dents – de quoi, déjà, jeter l'ombre d'un doute sur la référence à la rationalité.

"Les premières personnalités se sont regroupées il y a environ un an. Les suivantes se sont greffées au fur et à mesure."
Vincent Laborderie
Politologue (UCLouvain)

Mais voilà, mercredi, les choses étaient différentes. Parce que l'idée était de se présenter. Qui se cache derrière "Covid rationnel"? Une vingtaine de personnalités universitaires, venant de disciplines variées, titillées par la réponse des autorités à la pandémie. "Les premières se sont regroupées il y a environ un an, détaille Vincent Laborderie, politologue à l'UCLouvain. Les suivantes se sont greffées au fur et à mesure."

"Dehors, dehors, dehors!"

Différentes, surtout, parce que cette fois, l'intention n'était pas tant de répondre à des questions que d'en poser. Et que certaines de ces interrogations, qui n'ont pas forcément attendu ce groupe pour résonner, valent la peine de s'y attarder.

"Les écoles sont fermées, mais les enfants ne vont pas disparaître, ni forcément rester à la maison. De quoi placer les grands-parents en première ligne."
Élisabeth Paul
Spéclialiste de l'évaluation des politiques de santé (ULB)

Ceci, par exemple: pourquoi avoir laissé les sciences sociales de côté, dans le cadre de la stratégie de riposte? Ne serait-il pas bon d'appréhender les façons de maintenir l'adhésion, sur le long terme? "Ou d'anticiper les adaptations de comportement?, relève Élisabeth Paul, chargée de cours à l’École de santé publique de l’ULB. Les écoles sont fermées, mais les enfants ne vont pas disparaître ni forcément rester à la maison. De quoi placer les grands-parents en première ligne." Ou, si le soleil s'en mêle, faire déborder les trains menant à la plage.

Autre reproche: le partage avare de données, qui permettraient pourtant une analyse plus poussée de la situation. "Et de faire fonctionner l'intelligence collective", déplore Pierre Schaus, spécialiste de l'analyse de données (UCLouvain). Données qui n'existent pas toujours, appuie le virologue Bernard Rentier (ULiège). "Il nous faudrait une meilleure évaluation de la situation virologique et sérologique de la population. Via des échantillons, ce qui permettrait de savoir où l'on en est, et pas uniquement de trouver le virus où on le cherche."

Reste ce mystère, déjà abordé ici. Pourquoi diable le gouvernement a-t-il reporté le plan "plein air"? "C'était pourtant le dernier slogan épidémiologique à la mode, s'étonne Bernard Rentier. 'Dehors, dehors, dehors.' On sait que les risques de contamination en extérieur sont quasi nuls, si la distanciation est respectée."

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