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D'ici 2040, il y aura toujours plus de camions sur nos routes

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D’après le Bureau du plan, le transport de personnes n’augmentera plus tellement d’ici 2040. Le transport de marchandises devrait par contre continuer à croître, essentiellement au niveau du transit. La vitesse moyenne sur les routes va encore baisser, surtout autour d’Anvers.

La mobilité est un problème auquel la plupart des Belges sont confrontés tous les jours. À en croire le Bureau fédéral du plan, les choses ne sont pas prêtes de s’arranger. Si le transport des personnes va se stabiliser d’ici 2040, le transport de marchandises, lui, va continuer son inexorable progression.

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Les déplacements liés aux loisirs vont augmenter de 22% d’ici 2040, prévoit le Bureau du plan.

Tous les trois ans, le Bureau du plan réalise des projections à long terme sur l’évolution de la demande de transports en Belgique. Il va de soi qu’il s’agit de projections à politique inchangée. On présuppose le maintien de l’infrastructure routière actuelle, tandis que les politiques fiscales et tarifaires ne changent pas. On suppose également que l’économie continuera de croître au rythme de 1,5% par an et que la population augmentera de 0,4% par an. À partir de ces hypothèses, le Bureau du plan déroule le scénario suivant.

  • Le transport des personnes se stabilise. La progression actuelle de la demande de transport de personnes va ralentir. En 2040, cette demande sera supérieure de 9,8% à ce qu’elle était en 2015. La croissance démographique explique à elle seule l’essentiel de cet accroissement. L’augmentation de la richesse par habitant n’aura plus de réel impact sur le nombre total de déplacements de personnes. Le nombre de déplacements par personne et par semaine est quasiment stable, passant de 17,7 en 2015 à 17,6 en 2040. Le trajet moyen reste, lui, de l’ordre de 14,6 km.
  • Hausse des déplacements liés aux loisirs. L’augmentation de la richesse favorise les déplacements liés aux loisirs (vacances, excursions, etc.). Ce type de déplacement va augmenter de 22% d’ici 2040, alors que les motifs de déplacement davantage nécessaires augmentent peu (aller au travail, à l’école, faire des courses au magasin).
  • "Ma voiture, ma liberté." La répartition des modes de déplacement évoluera peu au cours de vingt prochaines années, prédit le Bureau du plan. La voiture reste de loin le mode de transport principal, avec une part de 81,5% de tous les déplacements de personnes en 2040 (81,9% en 2015).
  • Des camions encore et toujours. Avec le PIB qui augmente, logiquement le transport de marchandises doit suivre la même évolution. Or ce n’est que partiellement le cas. Grâce à la tertiarisation de notre économie, le transport de marchandises au niveau national n’augmentera que de 4,3% d’ici 2040. Et pourtant, la demande totale de transport de marchandises continuera d’augmenter, et même plus rapidement (+ 25%) que le transport de personnes (+ 9,8%). Cela s’explique par la croissance importante des échanges avec l’étranger (+ 37%). La présence de grands ports maritimes (Anvers, Gand, Zeebruges) et d’infrastructures bien connectées au niveau international expliquent pourquoi le ballet de camions sur nos routes n’est pas prêt de s’arrêter.
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Si on considère les volumes transportés, la route continue d’être plébiscitée pour le transport de marchandises, avec une part de 75% en 2040 (contre 78% en 2015).

On note une croissance plus importante du transport ferroviaire (+ 59%) et fluvial (+ 31%) que le transport routier (+ 20% pour les camions et + 25% pour les camionnettes). Ceci étant, si on considère les volumes transportés, la route continue d’être plébiscitée pour le transport de marchandises, avec une part de 75% en 2040 (contre 78% en 2015). Au total, le trafic de marchandises augmentera de 0,8% par an d’ici 2040 (contre 0,7% au cours de la période précédente). Le transport de personnes, lui, n’augmentera plus que de 0,4% par an (contre 1% précédemment).

  • Davantage de congestion, surtout à Anvers. Tout ceci ne sera pas sans conséquences sur la densité du trafic sur nos routes. "La croissance du transport routier de personnes et de marchandises conduit à une augmentation du trafic qui, sans nouvelles mesures, entraîne une diminution des vitesses sur le réseau routier par effet de congestion", prévient le Bureau du plan.

Cette baisse de la vitesse moyenne sera peu marquée au niveau national sur une journée-type (-2%). Par contre, cet effet est inégalement réparti sur le territoire. Il est plus marqué dans les grandes agglomérations. L’agglomération anversoise est la plus touchée: la vitesse moyenne y baissera de 13% sur les axes principaux.

  • Moins de pollution. Le Bureau du plan table sur l’adoption des nouvelles normes Euro, l’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules, le recours aux biocarburants et une pénétration accrue des motorisations hybrides et électriques. Grâce à ces mesures et évolutions, les émissions directes (dites "de la pompe à la roue") de polluants locaux tels que les NOX (oxydes d’azote) et les PM2,5 (particules fines) vont diminuer, et ce malgré la croissance de la demande de transport. Et même de manière spectaculaire, puisqu’en 2040, la baisse par rapport à 2015 atteindra 74% pour le NOX et 71% pour les PM2,5. Autrement dit, on peut espérer respirer un air un peu meilleur à l’avenir.

Un bémol quand même: les émissions directes de gaz à effet de serre (CO2 et CH4) atteindront en 2040 un niveau légèrement supérieur à celui de 2015 (+ 3%). Le progrès technologique et les mesures en vigueur ne compenseront hélas pas totalement la hausse de la demande de transport.

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