De Wever veut un "front flamand" face aux "ukases" du PS

Bart De Wever, le président de la N-VA, appelle les partis du nord du pays à constituer un front flamand.

Après la sortie du PS vendredi dernier, la N-VA contre-attaque. Bart De Wever et Theo Francken, les hommes forts du parti, appellent à former un front flamand afin de ne pas laisser les francophones imposer leurs vues au nord du pays.

"Ne pas céder face aux ukases du PS et former un front flamand". Le message lancé ce lundi matin par le président de la N-VA Bart De Wever est limpide: son parti n'entend pas accepter un gouvernement fédéral minoritaire en Flandre. Comme par le passé, l'Anversois répète que la Flandre ne payera pas la facture d'une politique de gauche pour laquelle elle n'a pas voté. "Ce n'est pas possible qu'un petit parti comme le PS impose sa volonté", a-t-il affirmé en prélude à un bureau de son parti.

"Agonie du fédéralisme"

D'après Bart De Wever, l'Open Vld a déjà "cédé" en décembre dernier et c'est désormais sur le CD&V que la pression va être "extrêmement forte". "Ce serait irresponsable de monter dans un gouvernement de gauche", martèle-t-il, assurant que cela équivaudrait à renier l'accord conclu en Flandre. L'option d'une coalition Vivaldi (incluant les familles socialiste, libérale, écologiste et le CD&V) est clairement dans sa ligne de mire. 

Toujours prompt à dégainer de petites phrases assassines, Bart De Wever n'hésite pas à qualifier la crise actuelle "d'agonie" du modèle fédéral, que seuls le PS et des partis francophones se refusent à voir.  

Plus tôt dans la journée, Theo Francken tenait en substance le même discours. Rejetant sur les socialistes l'échec des négociations en vue de former une coalition bourguignonne, il a aussi appelé les partis flamands à se rassembler pour "que les francophones et surtout le PS comprennent qu'ils ne peuvent pas faire la différence entre eux". Assurant que son parti se montrerait toujours constructif dans d'éventuelles discussions, le député a prévenu qu'il ne craignait pas de nouvelles élections.

Doit-on encore dire 100 fois que pour nous Vivaldi est exclu?
Eric Van Rompuy
Ancien député fédéral CD&V

Le CD&V reste sur sa ligne

Du côté des chrétiens-démocrates flamands, on continue, en tout cas, à défendre la piste d'un gouvernement avec la N-VA au fédéral. "Ceux qui pensent que le CD&V va retourner sa veste et s'engager dans une coalition Vivaldi avec les libéraux, les socialistes et les Verts se trompent", expliquait-on lundi matin à l'issue d'un bureau du parti. "Doit-on encore dire 100 fois que pour nous Vivaldi est exclu", s'est interrogé Eric Van Rompuy.

En ce qui concerne la formation d'un front flamand, le président du CD&V Joachim Coens ne s'est pas montré enthousiaste. "Malgré le langage du PS et notre déception, je préfère ne pas parler de 'fronts' ou utiliser du vocabulaire guerrier", a-t-il déclaré.

Du côté de l'Open Vld, la présidente Gwendolyn Rutten a, elle aussi, rejeté l'idée d'un "front flamand". "C'est un langage guerrier", a-t-elle déploré. "L'Open Vld n'entre pas dans ce jeu. Nous optons pour la coopération. Pas contre les autres, mais avec le MR pour une Belgique meilleure."

Le PS, pas surpris

Au PS, où un bureau de parti avait aussi lieu lundi matin, Paul Magnette a assuré ne pas être surpris par l'appel de la N-VA. "On sait bien que l'attitude de la N-VA vise à diviser les Belges, mais nous ne nous laisserons pas entraîner sur cette pente. Nous ne voulons pas construire des fronts, nous voulons construire des ponts", a-t-il expliqué.  "Nous serons toujours constructifs pour trouver des solutions aux défis qui se posent à notre pays, en particulier les défis sociaux. C'est pour cela que nous allons continuer à nous mobiliser."

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