Denis Ducarme a refusé de débattre avec Georges-Louis Bouchez

Georges-Louis Bouchez est arrivé en tête du premier tour. ©Anthony Dehez

Le MR apparaît divisé après le premier tour des élections visant à désigner un nouveau président. En radio, Denis Ducarme a refusé de débattre avec Georges-Louis Bouchez, arrivé nettement en tête au premier tour. "Au lendemain d'un premier tour, c'est trop tôt", estime le ministre.

Il y aura bien un second tour pour désigner le président du MR. Le sénateur Georges-Louis Bouchez a obtenu 44,59% des votes. Pas la majorité absolue, donc. Il affrontera le ministre Denis Ducarme (25,12%). Le dépouillement aura lieu le vendredi 29 novembre.

Ces deux-là étaient invités sur La Première (RTBF) ce mercredi matin. Belle occasion de débattre de leurs positions respectives. Mais non... Pas de confrontation d'opinions. Denis Ducarme a refusé. Il s'est exprimé tandis que Georges-Louis Bouchez attendait son tour, pas à la même table, mais... en régie. Une fois l'interview de Denis Ducarme terminée, celui-ci est sorti, et Georges-Louis Bouchez est entré. 

Le vent de gauche

Denis Ducarme ©Anthony Dehez

Le ministre fédéral Ducarme s'est de fait montré assez remonté... On le sait, Georges-Louis Bouchez était soutenu dans cette élection par pas mal de pontes du parti. Et ça, le fils de Daniel Ducarme n'apprécie pas"Quand il y a élection interne de cet ordre, il aurait été appréciable, dans un mouvement libéral, qu'il n'y ait pas de consigne de vote."

Selon lui, le résultat de ces élections internes porte deux messages:

  • le militant demande à peser davantage sur les décisions; 
  • le courant libéral social et libéral progressiste a le vent en poupe au MR: Christine Defraigne et Philippe Goffin ont obtenu à eux deux 25% des voix.
Il aurait été appréciable, dans un mouvement libéral, qu'il n'y ait pas de consigne de vote.
Denis Ducarme

Si Denis Ducarme a refusé le dialogue ce mercredi en radio avec son adversaire, il prône par contre la discussion avec la N-VA dans le cadre du labeur fédéral pour composer une coalition. "L'heure n'est plus à la musculation, mais au dialogue politique", a-t-il lancé, tout en préconisant un dialogue entre les composantes francophones...

Notons que par ailleurs, Denis Ducarme compte bien, pour la suite de la campagne, participer à des débats avec son concurrent.  Il explique son refus de ce jeudi: "au lendemain des élections, je souhaitais plutôt porter un regard sur le résultats. Le temps du débat viendra!"

"Ça ne veut rien dire de l'ambiance générale"

Georges-Louis Bouchez, face au refus de son collègue de dialoguer, a tenté de la jouer "constructif". Mais incisif quand même: "Ça ne veut rien dire de l'ambiance générale. Je ne comprends pas ça de la part de quelqu'un qui dit qu'il veut plus de débat, transparence, démocratie." Et aussi: "Le rôle d'un président, c'est de rassembler le parti. On ne le peut pas si on joue un côté populiste de la base contre les élites..." "Cette méthode est dangereuse parce qu’assimilable à du populisme." 

Georges-Louis Bouchez a, avec son assurance coutumière, assuré que sa volonté se portait sur un "débat sain sur les idées, le fond. Sur nos positions sur l'avenir du MR."

Je ne comprends pas ça de la part de quelqu'un qui dit qu'il veut plus de débat, transparence, démocratie.
Georges-Louis Bouchez


Face aux accusations qui le pointent comme le candidat de l'establishment, le Montois a argumenté en rappelant qu'il venait de la base. "Je suis arrivé ici par le courage de mes opinions." Et d'expliquer ses liens avec les ténors du parti dans le cadre de cette élection: "J'assume le fait de pouvoir convaincre. J'ai été voir les responsables du parti. Suite à ça, ils ont décidé de me soutenir." 

Et puis, on a bien compris qu'il ne serait pas contre un retrait de Denis Ducarme, histoire d'éviter le second tour et de lui laisser le champ libre. Raison d'État oblige? Histoire de ne pas laisser Sophie Wilmès trop seule... "Si le MR pouvait être totalement en ordre de marche aujourd'hui ce serait plus sain."

Notons que pour le second tour, Clémentine Barzin et Philippe Goffin ont apporté leur soutien à Georges-Louis Bouchez.


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