Des armoiries plus égalitaires et modernes font leur apparition à la Maison royale

©SPF Affaires Etrangères

Quand la lutte en faveur de l’égalité homme-femme engrange aussi des victoires du côté de la monarchie.

Comme quoi, la lutte en faveur de l’égalité homme-femme engrange aussi des victoires du côté de la monarchie. En témoigne un arrêté royal, tout juste publié au Moniteur. L’acte met un terme à une certaine forme de gradation qui a pu prévaloir jusqu’ici entre les armes du Roi et de la Reine, les premières étant plus chargées que les secondes. À compter du 12 juillet, le couple royal est logé à la même enseigne – de quoi paver la voie, aussi, à l’avènement au trône de la princesse Elisabeth le jour venu (suite à la suppression, en 1991, de la loi salique, constituant un élargissement de la primogéniture masculine pour éliminer les femmes de l’ordre de succession). Et ce, en modernisant dans la foulée des ornements et blasons devenus quelque peu chargés pour l’époque.

"Il convenait d’adapter les armoiries de la Maison royale et de ses membres aux évolutions historiques et juridiques traversées depuis plus d’un siècle."

Au passage, ce coup de pinceau général permet aussi de prendre en compte une réalité particulière, à savoir la cohabitation d’un roi, Albert II, ayant abdiqué de son vivant, et de son fils. Désormais, le sixième souverain du pays verra la situation être réglée avec des armoiries de la Maison royale chargées, dans son cas tout comme celui de la reine Paola, d’un "lambel à trois pendants de gueules", soit un meuble en filet horizontal, assorti de pendants trapézoïdaux, placé dans le tiers supérieur de l’écu ("en chef" dans le jargon). De quoi éviter à l’avenir les "risques de confusion ouvrant la voie à des usages héraldiques inappropriés et dommageables tant dans les usages publics que privés" liés à la situation, décrit l’arrêté.

Dans un autre registre, plus surprenant, l’écu saxon, qui a longtemps prévalu, fait aussi son grand retour. Rayé ("burelé", dit-on) jaune et noir, il avait été supprimé au sortir de la Première guerre mondiale pour des raisons évidentes d’éviter de remémorer alors les origines allemandes du souverain.

Pourquoi le réintégrer aujourd’hui? "Le roi Albert Ier n’avait jamais supprimé juridiquement la présence de ce blason, commente Vincent Dujardin, professeur d’histoire contemporaine à l’UCL. C’était seulement une habitude après la première guerre. Dans un contexte de réconciliation avec l’Allemagne depuis 75 ans, si en modifiant juridiquement les armoiries, on enlevait juridiquement le blason de Saxe, cela aurait pu paraître discourtois à l’égard de nos voisins allemands." La décision a donc été prise de le réintégrer dans ce contexte de remise à niveau générale. Ce à quoi convient-il d’ajouter, "et cela pèse à mon avis aussi, l’attachement du Roi pour l’histoire et pour les origines de sa famille", souligne le spécialiste.

En fait, plus globalement, avec ces modifications, il s’agissait "d’adapter les règles fixant les armoiries de la Maison royale et de ses membres aux évolutions historiques et juridiques traversées depuis l’entrée en vigueur de l’arrêté royal du 17 juin 1910", précise l’arrêté.

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