Des chercheurs belges débusquent les cachettes du virus du sida

Photo d'illustration. ©AFP

Belle avancée signée par des chercheurs de l'UZ Gent: ils ont trouvé où se retranche le VIH lorsqu'un patient est sous traitement.

Actuellement, il n’est pas possible de débarrasser définitivement un patient du VIH (virus de l'immunodéficience humaine). Par contre, grâce aux traitements modernes, la prise d’un seul comprimé quotidien permet de maintenir le virus sous contrôle, et ce durant toute la vie du patient. Malheureusement, même indétectable, le VIH reste pourtant bien présent dans son organisme. Et il réapparaît dès que le traitement est interrompu. 

Où se cache-t-il? C’est ce qu’ont voulu savoir des médecins de l’hôpital universitaire de Gand (UZ Gent). Et ils ont trouvé! Le résultat de leurs travaux vient d’être publié dans le journal scientifique "Cell Host & Microbe".

Des réservoirs à virus

Les chercheurs viennent de démontrer que le VIH se cachait dans diverses parties du corps, divers "réservoirs".

Sous la direction du Pr Linos Vandekerckhove, la Dre Marie-Angélique De Scheerder a mené une recherche sur onze porteurs du VIH sous traitementLeur traitement a été interrompu volontairement et temporairement, et sous haute surveillance médicale. Les chercheurs voulaient ainsi débusquer ce fameux réservoir viral. L’espoir à long terme est, en effet, de pouvoir le cibler pour éliminer définitivement le virus de l’organisme et ainsi guérir définitivement les porteurs du VIH. 

L’étude de l’équipe du HIV Cure Research Center (UZ Gent) a permis de découvrir que le fameux virus "en sommeil" ne se cantonnait pas uniquement dans certaines cellules immunitaires spécifiques, comme on le pensait. Les chercheurs viennent de démontrer que le VIH se cachait dans diverses parties du corps, divers "réservoirs". Ils ont pu montrer que le rebond viral provenait donc aussi de différents types de cellules et organes: le sang, les ganglions lymphatiques, le tissu intestinal…

Une belle avancée. Mais qui ne permet pas encore d’entrevoir un moyen d’éradiquer totalement le virus de l’organisme. "La voie de la guérison du VIH demeure essentielle, même si elle est particulièrement complexe", concèdent les chercheurs gantois. 

Intérêt des pharmas

Dans les 24 heures, l'Américain Gilead prenait contact avec nous afin de pouvoir avoir accès à l'ensemble des données.
Marie-Angelique De Scheerder
Chercheuse au HIV Cure Research Center (UZ Gent)

Éliminer définitivement le VIH est une tâche à laquelle les entreprises pharmaceutiques s'attellent depuis de nombreuses années, mais sans succès jusqu'à présent. Autant dire que les études de l'UZ Gent étaient très suivies.

"L'industrie pharmaceutique était certainement dans l'attente. Dans les 24 heures (de la publication des résultats de l'étude, NDLR), l'Américain Gilead prenait contact avec nous afin de pouvoir avoir accès à l'ensemble des données", explique Marie-Angelique De Scheerder. Gilead est l'un des principaux acteurs mondiaux de la médication pour le VIH.


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