Des heures sup' pour pallier l'absence des profs?

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Le problème des pénuries d'enseignants a fait débat mercredi au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Marie-Martine Schyns lance trois pistes de solution: autoriser les heures supplémentaires, permettre aux prépensionnés de retravailler et faire en sorte d'éviter les départs précoces des jeunes enseignants.

Il n'existe pas de chiffres précis pour objectiver le nombre d'heures de cours perdues par les élèves pour cause d'absence des profs, ni sur le nombre d'enseignants qu'il manque pour remplir les cadres qui se vident peu à peu en cours d'année scolaire. Mais le problème des pénuries dans l'enseignement est une réalité. Mercredi, au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le groupe Ecolo a lancé le débat en interpellant la ministre sur le sujet. 

Quelles sont les pistes de solutions proposées?

Permettre aux enseignants de faire des heures supplémentaires.  Actuellement les enseignants sont tenus de faire leurs heures, mais ne peuvent pas déborder de leur cadre. L'idée, qui doit être discutée en concertation avec les syndicats, serait d'autoriser les heures supplémentaires pour les profs. "Cela ne résoudra pas tout, dit-on au cabinet Schyns, mais c'est une piste qui doit être étudiée."

→ Permettre aux enseignants qui sont partis en prépension (dans le système des DPPR) de revenir travailler.   Actuellement, les enseignants ont la possibilité de partir en préretraite, soit à 4/5e temps, soit à mi-temps, soit à temps plein. Mais le processus est irréversible. Une fois la décision prise, ils ne peuvent plus faire marche arrière. "Or, il y a des enseignants qui, après avoir pris leur DPPR, se rendent compte qu'ils ont fait une erreur." Ou qui, après avoir pu se reposer, seraient prêts à revenir en classe. Mais c'est interdit, explique-t-on au cabinet de la ministre. L'idée serait donc d'ouvrir ce droit de "retour au travail".
Environ 3.500 enseignants bénéficient du régime des DPPR. Ils ne reviendront pas tous en classe, cela concernera sans doute quelques centaines d'entre eux seulement, mais c'est déjà ça, commente le cabinet Schyns.  Ce retour se ferait évidemment sur base volontaire, pas question d'aller rechercher les profs en prépension par la peau du cou. 

3500
enseignants
En FWB, on compte actuellement 3.500 enseignants en prépension (DPPR)

 

Soutenir les jeunes enseignants pour éviter les départs précoces. Une partie de la pénurie d'enseignants s'explique par les jeunes qui quittent rapidement la profession (on parle généralement d'un enseignant débutant sur cinq qui quitte le métier dans la première année). 
Pour Marie-Martine Schyns, il faut travailler sérieusement sur ces départs précoces. Plusieurs pistes existent, et certaines ont déjà été mises en oeuvre. Les écoles sont notamment obligées de mettre en place un dispositif d'accompagnement et de soutien par leur paires des jeunes enseignants. Pour Schyns, il faudrait aussi faciliter l'accès à l'horaire complet dans la même école pour les jeunes enseignants, encore trop souvent ballottés d'une école à l'autre, et ne disposant pas d'un horaire complet leur permettant d'avoir un salaire suffisant. 

Créer un pool d'enseignants "volants" pour les remplacements de profs malades. L'idée est portée notamment par la CSC-Enseignement. Il s'agirait ici de créer des pools de profs qui seraient voués au remplacement des profs absents pour cause de maladie. Ils seraient directement mobilisables et cela éviterait les nombreuses heures de fourche des élèves. Un système "d'intérim" interne à l'enseignement en somme. Par contre, le cabinet Schyns rejette d'emblée l'idée d'ouvrir le secteur de l'intérim à l'enseignement. 

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