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Des milliers de foyers toujours sans eau et électricité

La commune d'Ensival, dans l'arrondissement de Verviers, a été durement touchée par les inondations. ©EPA

Des milliers de foyers sont toujours sans électricité, sans gaz et/ou sans eau potable. Et le retour à la normale prendra du temps.

Les opérateurs de réseau sont sur le pied de guerre. Resa, qui dessert une grande partie de la province de Liège en gaz et en électricité, fait état de perturbations "d'une ampleur sans précédent".

"Le retour à la normale prendra certainement des mois."
Laetitia Naklicki
Porte-parole de Resa

Jeudi, un peu avant 17 heures, une conduite de gaz de moyenne pression située sous le pont de Chênée a été arrachée par l'eau et le gaz libéré s'est enflammé. Le poste Fluxys d'Angleur a été mis hors service pour des raisons de sécurité, privant d'alimentation en gaz Chaudfontaine, Trooz, Fraipont, Nessonvaux, Tilff et Embourg.

L'alimentation en électricité a aussi été coupée à de nombreux endroits. Environ 20.000 foyers desservis par Resa sont actuellement dans le noir. Sur ses 5.000 cabines électriques, 379 étaient sous eau jeudi soir. "Lors de la décrue, les installations doivent être séchées et nettoyées avant de pouvoir être relancées en toute sécurité", souligne Laetitia Naklicki, porte-parole de Resa. Dans la région de Pepinster, où la station à haute tension d'Elia est complètement sinistrée, Resa et Elia s'efforcent de mettre en place des solutions temporaires, notamment via des groupes électrogènes.

Impossible pour l'instant d'évaluer l'ampleur des dégâts. "On verra lors de la décrue. Mais le retour à la normale prendra certainement des mois, même si bien sûr les gens ne resteront pas sans électricité jusque là" ajoute Laetitia Naklicki.

279 cabines de distribution d'Ores inondées

Ores, le principal opérateur wallon dans la distribution de gaz et d'électricité, n'est pas épargné. Vendredi soir, il comptait encore 215 cabines de distribution inondées, sur les 20.000 de son réseau, auxquelles l'accès reste toujours impossible. Elles concernent quelque 15.000 foyers dans les régions de Verviers/Theux, Rochefort, Eupen, dans le Luxembourg et en Brabant wallon.

"Le remplacement d'une cabine prend un jour à un jour et demi."
Annabel Van Bever
Porte-parole d'Ores

"Nos équipes font l'évaluation des dégâts, voir si un nettoyage et séchage du matériel suffit ou s'il faut le remplacer", explique Annabel Van Bever, porte-parole. En parallèle des agents d'Ores sillonnent les rues inondées afin de vérifier la sécurité des compteurs des particuliers.

"Le remplacement d'une cabine prend un jour à un jour et demi. S'il s'avère que trop de cabines doivent être remplacées, nous devront mobiliser des sociétés extérieures."
Fernand Grifnée, CEO, évoque lui plusieurs semaines nécessaires à un retour à la normale sur le réseau.

Chiffrer les dégâts est évidemment totalement prématuré. Mais pour fixer un ordre de grandeur, le coût d'une cabine électrique peut rapidement atteindre, voire dépasser, 100.000 euros.

Du côté des centrales électriques, les dégâts sont limités, sauf pour de petites centrales hydroélectriques et la centrale thermique de Luminus à Angleur, qui est hors service pour l'instant.

Eau non potable

Du côté de l'eau de distribution aussi, les problèmes sont nombreux. La SWDE, qui dessert un peu moins d'1 million de foyers en Wallonie, estime qu'environ 30.000 foyers sont actuellement soit privés d'eau, soit alimentés en eau déclarée non potable, dans toutes les provinces wallonnes. La CILE, qui dessert la région liégeoise et dont le siège a été inondé, a fait savoir que l'eau potable n'était plus potable à Huy et Marchin, et que des problèmes de distribution étaient possibles dans une série de communes, dont Embourg.

Des canalisations endommagées par des mouvements de terrain pourraient céder une fois mises sous forte pression.

Un retour à la normale est espéré dans les 48 heures dans pas mal d'endroits. "Les niveaux de turbidité diminuent, mais il faut compter 24 heures entre les prélèvements et l'analyse pour confirmer la potabilité", indique Benoît Moulin, porte-parole de la SWDE.

Mais le distributeur d'eau craint que de nouveaux problèmes n'apparaissent. "On ne peut exclure que des canalisations aient été endommagées par des mouvements de terrain. Et ces canalisations vont être très sollicitées dans les prochains jours, avec des communes et des riverains qui vont nettoyer à grande eau", explique Benoît Moulin. Une problématique à laquelle la SWDE a sensibilisé les bourgmestres, pour qu'ils évitent de mettre le réseau trop sous pression.

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