Des tests rapides bientôt organisés dans les entreprises

Les autorités belges ont opté pour l'utilisation des tests antigéniques dans les entreprises. ©AFP

Le Comité de concertation a décidé d'imposer des tests rapides aux salariés pour qui le télétravail n'est pas possible. L’UCM déplore une "totale improvisation". Qu'en est-il?

Vendredi dernier, le Comité de concertation a décidé que les salariés, lorsque le télétravail n’est pas possible, devraient passer un test rapide pour vérifier s’ils ne sont pas porteurs du virus, et ce, dès ce lundi 22 mars. Une annonce qui en a surpris plus d’un dans la mesure où il s’agit d’un dispositif qui ne s’improvise pas. Plusieurs questions restent en effet toujours en suspens.

De quels tests parle-t-on?

Deux tests rapides sont actuellement sur le marché: les tests antigéniques rapides, qui donnent un résultat en trente minutes, et les tests salivaires, qui nécessitent un passage au labo. En Belgique, le choix s’est porté sur les tests antigéniques qui sont réalisés à l’aide d’un prélèvement dans le nez et d’un autre dans la gorge.

600.000
tests
Le gouvernement dispose d'un stock d'environ 600.000 tests antigéniques.

Les pouvoirs publics ont stocké environ 600.000 tests et ils en ont déjà commandé d’autres. Dans tous les cas, il faut l’intervention d’un tiers pour réaliser le test. Il existe aussi des tests que l’on peut s’appliquer soi-même, mais aucun n’a été homologué en Belgique jusqu'ici.

Quelles sont les professions concernées?

C’est le nœud du problème. Si dans le secteur public, des tests sur le lieu de travail s’effectuent déjà, la situation est plus compliquée dans le secteur privé. Les partenaires sociaux, réunis au sein Conseil supérieur pour la prévention et la protection au travail, doivent remettre ce mardi au ministre de l’Emploi Pierre-Yves Dermagne (PS) une position commune. C’est-à-dire fournir des critères et des secteurs prioritaires.

La mise en œuvre se fera toujours sur une base volontaire, tant du côté de l’employeur que du travailleur.

L’institut Sciensano a défriché le terrain dans un rapport de février qui épingle par exemple l’enseignement, la construction, l’industrie alimentaire ou les métiers de contact comme étant des secteurs plus à risque. Soit parce que le télétravail n’est pas possible, soit parce que la distanciation est par définition difficile à tenir, soit encore parce qu’on travaille dans une atmosphère réfrigérée.

Comment cela sera-t-il mis en œuvre?

Début janvier, un arrêté royal a été publié qui modifie le rôle du médecin conseil pour qu’il puisse réaliser ces tests. La mise en œuvre se fera toujours sur une base volontaire, tant du côté de l’employeur que du travailleur.

Certaines entreprises ont déjà pris les devants et testent leur personnel. C’est le cas de la chimie par exemple où le risque n’est d'ailleurs pas spécialement élevé. Pour la majorité des entreprises, c’est un défi logistique qui se profile. Si les tests sont disponibles, il n’en va pas nécessairement de même pour le personnel chargé de les réaliser.

"Tester sans cibler équivaut à un gaspillage de ressources."
Kris Demeester
FEB

Au ministère, les inspecteurs de la Santé sont déjà en train de baliser le terrain en ciblant quatre provinces où des clusters ont été signalés: Bruxelles, Namur, Hainaut et Flandre Orientale.

"Tester sans cibler équivaut à un gaspillage de ressources. Mais une fois les critères fixés, la mise en œuvre peut aller assez vite", estime Kris Demeester, conseiller en sécurité et santé à la FEB. Il regrette toutefois qu’on n’ait pas agi plus tôt, alors que les entreprises sont demanderesses.

Du côté des classes moyennes, l’UCM déplore une "totale improvisation". "Le gouvernement n'apporte de réponse à aucune des nombreuses questions que les employeurs se posent."

"Les tests antigéniques ne permettent d’identifier que les personnes porteuses d’une grande charge virale."
Hanne Sanders
Cabinet du ministre Dermagne

Reste aussi que ces tests rapides ne sont pas infaillibles. "Les tests antigéniques ne permettent d’identifier que les personnes porteuses d’une grande charge virale. Ils ne dispensent en aucun cas d’appliquer les autres mesures de prévention", précise Hanne Sanders, conseillère en prévention et sécurité au travail au cabinet de Pierre-Yves Dermagne.

Qui va payer?

Les stocks de tests ont été achetés par le gouvernement, mais la réalisation des tests est à charge des employeurs. Si les grandes entreprises disposent généralement de leur propre personnel de prévention, pour les petites entreprises, ce sera un coût supplémentaire. Les entreprises cotisent pour chaque personne qu’elles emploient dans un Fonds national de prévention. Les grandes entreprises disposent d’une réserve plus importante au sein de ce fonds.

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