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Des victimes de Ghislenghien ciblent Husqvarna et Fluxys

©Photo News

Des victimes de la catastrophe de Ghislenghien veulent être mieux indemnisées.

Il y a près de quinze ans, l’explosion d’une conduite de gaz sur un site industriel à Ghislenghien lors de la construction d’une nouvelle usine de Diamant Boart causait la mort de 24 personnes et en blessait 132. Le 28 juin 2011, la cour d’appel de Mons condamnait pénalement Fluxys et Husqvarna (ex-Diamant Boart) à rembourser les victimes.

L’arrêt avait été confirmé en cassation un an plus tard. Voilà que l’affaire ressurgit à nouveau, devant le tribunal de l’entreprise francophone de Bruxelles, cette fois. Husqvarna a introduit une action contre Fluxys. L’affaire n’est pas simple, des vies ont été brisées et toutes les parties marchent sur des œufs dans ce dossier délicat.

Procédures en cours

Après la condamnation prononcée par la cour d’appel de Mons, il avait été convenu que Fluxys se chargerait de l’indemnisation des personnes physiques tandis qu’Husqvarna prendrait en charge les dégâts matériels. Dans la foulée de l’arrêt, Fluxys avait déboursé une trentaine de millions d’euros pour dédommager près de 300 personnes. Mais tout n’est pas fini pour autant et des victimes contestent encore aujourd’hui le montant des indemnisations. Différentes procédures sont en cours devant les tribunaux.

"Nous avons essayé de faire le plus vite possible et de la façon la plus équitable".
laurent remy
fluxys

L’action intentée par Husqvarna serait essentiellement conservatoire. La société, qui a repris le site de Diamant Boart, estime qu’elle a respecté sa part de la convention en dédommageant tous dégâts matériaux. Pas question donc pour Husqvarna de prendre une quelconque responsabilité dans le dédommagement des personnes physiques, la société s’en référant à la convention passée avec Fluxys.

Il existe aujourd’hui trois cas de figures concernant les victimes de Ghislenghien, nous a expliqué Laurent Remy, le porte-parole de la société.

  • Le premier cas concerne la majorité des victimes: celles qui ont été indemnisées par Fluxys. La société n’avait pas attendu la conclusion de la Cour de cassation pour prendre ses responsabilités. "Nous avons versé les indemnités en cinq vagues successives. La première convention a été signée en février 2012", nous a expliqué Laurent Remy.
  • Le deuxième cas de figure concerne des personnes qui doivent encore être indemnisées par Fluxys et dont les dossiers d’indemnisations sont encore en cours d’élaboration. Il s’agit de moins de dix personnes, nous a précisé le porte-parole de Fluxys.
  • Enfin, une trentaine de personnes, qui ont été dédommagées dans l’urgence par le Fonds commun de garantie des accidents (FCGA), pour lesquelles des procédures sont en cours (elles estiment en effet avoir été indemnisées insuffisamment par le FCGA).

Du côté de Fluxys, on ne souhaite pas se prononcer sur le fond du dossier. "Nous avons essayé de faire le plus vite possible et de la façon la plus équitable", a déclaré Laurent Remy.

À titre d’exemple, l’avocat Jean-Luc Fagnart défend aujourd’hui les intérêts de 5 victimes indemnisées par le FCGA. Un de ses clients a ainsi perçu 30.000 euros alors que son avocat estime qu’il a droit à 900.000 euros. Toute la difficulté sera de faire annuler la convention d’indemnisation signée avec la FCGA. Pour ses 5 clients, Jean-Luc Fagnart réclame entre 3 et 5 millions d’euros.

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