Détention de Jozef Chovanec: le numéro 2 de la police fédérale se retire

Une policière a effectué le salut nazi lors de l'intervention de six policiers sur Jozef Chovanec, passager de l'aéroport de Charleroi.

Depuis la diffusion, mercredi, de la vidéo de la détention de Jozef Chovanec, les politiques manifestent leur indignation et demandent des éclaircissements.

Le numéro 2 de la police fédérale, André Desenfants, se retire après la diffusion dans la presse des images de la détention d’un passager à l’aéroport de Charleroi. Il n'aurait jusqu'ici pas eu connaissance de ces images, jugeant qu'il aurait dû en être informé plus tôt. Dans une vidéo de surveillance datant du 28 février 2018, un passager de l’aéroport de Charleroi, Jozef Chovanec, est maîtrisé violemment par la police fédérale aéroportuaire

L’homme de 38 ans avait été arrêté après avoir posé des problèmes au personnel lors de son embarquement vers Bratislava. Durant sa détention, les policiers ont dû intervenir pour contenir le passager qui se portait des coups à la tête jusqu’au sang. C'est alors qu'une agente réalise un salut nazi tandis que cinq de ses collègues immobilisent le détenu. Pendant 16 minutes, un policier appuie avec son genou sur la poitrine du forcené. Jozef Chovanec fait alors un arrêt cardiaque qui le plonge dans le coma. Il décède quelques heures plus tard à l’hôpital.

André Desenfants a pris ses fonctions à la fin 2017, quelques semaines avant le décès de M. Chovanek. Il chapeaute notamment la police aéronautique dont l'intervention est mise en cause dans cette affaire.

Des éclaircissements exigés

"Il est essentiel, pour l'état de droit et pour la police elle-même, que la lumière soit entièrement faite."
François De Smet
président de DéFI

L'intervention des six policiers est musclée, et leur comportement choque également la classe politique. Depuis que la scène a été rendue publique, deux ans après les faits, c’est l’incompréhension et l’indignation qui règnent: "Que s'est-il passé il y a deux ans à l'aéroport de Charleroi? Il est essentiel, pour l'état de droit et pour la police elle-même, que la lumière soit entièrement faite", écrivait mercredi soir le président de DéFI, François De Smet.

"Ces comportements sont inacceptables. S'agissant de la police fédérale sous l'autorité du ministre de l'Intérieur, je demande à ce dernier de faire toute la lumière sur ces agissements", a demandé le président du PS, Paul Magnette. Le groupe PS de la Chambre a demandé jeudi au président de la commission de l'Intérieur, Ortwin Depoortere (VB), de convoquer en urgence une réunion après ces révélations.

Du côté du cdH, la députée fédérale Catherine Fonck et le président Maxime Prévot ont exigé des éclaircissements . "Les circonstances du décès à l’aéroport de Charleroi sont interpellantes et les images particulièrement choquantes. Il est essentiel que dans un délai raisonnable, on puisse avoir toute la lumière sur ce dossier", a estimé le président.

L’ancienne coprésidente d’Ecolo, Zakia Khattabi, a souligné: "Tout le monde s'enflamme, légitimement, pour un salut nazi. Je n'oublie pas moi qu'un homme est mort..."

Le regard est tourné vers les ministre de l'Intérieur, Pieter de Crem (CD&V), et de la Justice, Koen Geens (CD&V) , qui ont exprimé leur émoi, mercredi soir, au micro de VTM. Pieter de Crem a affirmé qu’une plainte avait été déposée auprès du Comité P et qu'une enquête disciplinaire était en cours. Koen Geens a estimé que l’affaire serait portée devant les tribunaux en 2021. "Trois ans après les faits, c’est trop long", a-t-il jugé.

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