Didier Reynders convoque l'ambassadrice d'Israël après ses propos polémiques sur Gaza

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Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a pris la décision de convoquer l'ambassadrice d'Israël Simona Frankel suite à "la réaction disproportionnée" de l'armée israélienne à Gaza lundi et aux propos tenus par Mme Frankel à la radio ce mardi matin. Mme Frankel a affirmé sur les ondes de la Première que les 60 Palestiniens, dont huit enfants et un bébé, tués étaient tous des terroristes.

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a convoqué ce mardi l'ambassadrice d'Israël Simona Frankel. "Cette décision fait suite à la réaction disproportionnée de l'armée israélienne à Gaza et aux propos tenus par Mme Frankel à la radio ce matin", dit un porte-parole des Affaires étrangères, "elle est convoquée pour entendre notre désaccord".

L'ambassade d'Israël a préféré ne pas commenter cette convocation. "Mme l'ambassadrice aura l'occasion de clarifier elle-même sa position auprès du ministre", dit-on à l'ambassade. 

Alors que 60 Palestiniens ont été tués et 2.700 autres blessés par l'armée israélienne à la frontière entre la bande de Gaza et Israël lundi, l'ambassadrice d'Israël en Belgique, Simona Frankel, a estimé ce mardi matin que tous les Palestiniens tués étaient des terroristes.

Simona Frankel, ambassadrice d'Israël en Belgique ©Capture d'écran/LaPremière

"Je regrette la mort pour tout être humain, même pour 60 terroristes qui ont tenté de passer la frontière", a-t-elle déclaré ce mardi matin sur La Première. Parmi les victimes se trouvaient 8 enfants. "Ils ont décidé de sacrifier leurs frères et sœurs, les hommes, femmes et enfants dans une guerre médiatique. Nous voulons simplement protéger nos citoyens. Nous préférons avoir des critiques que des condoléances", a-t-elle renchéri.

Ce discours va dans le sens de celui du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a justifié l'usage de la force par le droit d'Israël de défendre ses frontières. Un communiqué du Shin Bet (renseignements israéliens) et de l'armée israélienne diffusé mardi faisait état de "24 terroristes du Hamas et du djihad islamiste palestinien" parmi les 60 personnes tuées.

Ce mardi, les manifestations continuaient, les Palestiniens célébrant la "naqba" ("catastrophe"). Les violences se sont atténuées, mais deux Palestiniens ont toutefois été tués.

Un Palestinien a été tué à Gaza à la frontière avec Israël. Plusieurs ont été blessés par des tirs de balles en caoutchouc lors de manifestations aux abords de Bethléem, en Cisjordanie.

"Pas de leçons à recevoir d'Erdogan"

La tension diplomatique a continué à monter suite à cette flambée de violence. La Turquie, parlant de "terrorisme de masse", a rappelé son envoyé en Israël et convoqué l'ambassadeur des Etats-Unis. Israël a répliqué en déconseillant à ses ressortissants de se rendre en Turquie. "Erdogan est parmi les grands supporters du Hamas et il ne fait aucun doute qu'il comprend parfaitement le terrorisme et les massacres. Je suggère qu'il ne nous donne pas de leçons de morale", a dit le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

L'Afrique du sud a rappelé son ambassadeur. L'Irlande, comme la Belgique, ont convoqué l'ambassadeur d'Israël. La France et l'Allemagne ont appelé à la retenue. Les Etats-Unis portent la responsabilité sur le Hamas et ont bloqué une résolution du Conseil de sécurité proposant de condamner Israël.

"Aucun pays dans cette salle n'aurait agi avec autant de retenue que ne l'a fait Israël."
Nikki Haley
Ambassadrice américaine à l'ONU

Un Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni ce mardi à la demande du Koweït concernant ces violences. Le pays a annoncé vouloir une "protection internationale" pour les civils palestiniens dans la bande de Gaza, alors que les Etats-Unis ont loué "la retenue" d'Israël face aux manifestants.

"Les violences doivent cesser", a clamé le coordinateur spécial pour le processus de paix au Proche-Orient, Nickolay Mladenov, qui s'exprimait devant le Conseil via une liaison vidéo depuis le Proche-Orient. "Il faut que tous les incidents fassent l'objet d'enquêtes complètes", a-t-il aussi demandé.

Pour l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, "Israël a fait preuve de retenue". "Aucun pays dans cette salle n'aurait agi avec autant de retenue que ne l'a fait Israël", a souligné la diplomate américaine.

Pour son homologue français, François Delattre, la réponse israélienne a été au contraire "inadéquate et disproportionnée". "Nous appelons les autorités israéliennes au discernement", a-t-il dit.

Charles Michel condamne une violence "inacceptable"

Le Premier ministre Charles Michel rencontre ce mardi le secrétaire général des Nations unies, de passage à Bruxelles. Le chef du gouvernement fédéral lui demandera d'ouvrir une enquête internationale après les violences de ce lundi à la frontière entre la bande de Gaza et l'état hébreu.

"Je condamne cette violence, qui est une violence totalement inacceptable."
Charles Michel

"Je condamne cette violence, qui est une violence totalement inacceptable. J'aurai l'occasion ce soir de rencontrer le secrétaire général des Nations unies. Je vais plaider pour qu'il y ait une enquête internationale. Il ne peut pas y avoir d'impunité. Il y a des règles en droit international", a commenté le Premier ministre.   

Charles Michel a rappelé que la Belgique s'était distanciée de la décision de déménager l'ambassade américaine à Jérusalem et que lui-même avait condamné ce choix unilatéral au parlement belge. "Je ne peux que regretter cette situation absolument dramatique pour des familles qui sont en deuil. Des enfants qui ont été victimes également de ces événements", a déploré le Premier ministre. 

L'Union européenne appelle les deux camps à la retenue

"Israël doit faire preuve de proportionnalité dans l'usage de la force et protéger le droit de manifester", a dit ce mardi Maja Kocijancicune porte-parole de la Commission européenne, "nous demandons que tous agissent avec la plus grande retenue".

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