Diminution des incapacités de travail en 2020

Il y a eu un phénomène de vases communicants entre chômage et incapacité de travail. ©BSIP/T & L

Malgré le pic de personnes en arrêt maladie en mars dernier, la tendance sur l’année est en baisse, d’après les Mutualités Libres. Mais la véritable onde de choc du Covid est à venir.

En mars 2020, lorsque le Covid-19 s’est abattu sur le pays, le nombre de nouvelles entrées en incapacité de travail était 1,6 fois plus élevé qu’en mars 2019. Par contre, entre le 1er janvier 2020 et le 31 août 2020, les entrées en incapacité s’inscrivent en baisse de 4,3% par rapport à la même période en 2019. C’est ce que constatent les Mutualités Libres (MLOZ) à partir des chiffres concernant leurs membres.

-4,3%
Entre janvier et août 2020, le nombre de nouvelles incapacités a baissé de 4,3% sur un an.

Comment expliquer ce paradoxe? «La diminution des incapacités de travail n’est pas due à des facteurs structurels», souligne d'emblée Güngör Karakaya, expert auprès des Mutualités Libres et chargé de cours à l’ULB. Il pointe le ralentissement de l’activité suite à la fermeture de nombreux secteurs qui a fait exploser le chômage temporaire. En avril 2020, près d'un quart de tous les salariés étaient au chômage temporaire. Autrement dit, il y a sans doute eu un effet de vases communicants entre le chômage et l'incapacité de travail.

A cela s’ajoute le télétravail qui a permis à certaines personnes légèrement malades (enrhumées par exemple) de poursuivre le travail de chez elles, alors qu'elles n'auraient pas été capables d'assurer en présentiel. «Mais nous n’avons pas de données chiffrées qui permettraient d’objectiver ce phénomène», tempère Güngör Karakaya.

Périodes plus courtes

Les chiffres des Mutualités Libres montrent par ailleurs qu’entre janvier et août 2020, la durée de l’incapacité de travail des personnes diagnostiquées Covid-19 était assez limitée. Près de 3 cas sur 4 ont été clôturés dans les 30 jours. Pour les autres maladies, la moyenne est de 40%. De nombreuses personnes ont ainsi remis un certificat à leur organisme assureur, mais sont retombées sous le salaire garanti payé par leur employeur plutôt que sous l’indemnité d'incapacité (plus basse) versée par leur mutualité.

Ceux qui ont eu une absence prolongée et sont tombés sous le régime d’incapacité de travail sont principalement les travailleurs des hôpitaux et des maisons de repos.

Report de soins

En ce qui concerne la deuxième vague de la pandémie, les chiffres provisoires des Mutualités Libres montrent que le pic d'incapacité de travail a été moins abrupt, mais qu'il s’étend sur une durée plus longue.

"Nous ne verrons peut-être l’onde de choc du Covid-19 que dans les mois et les années à venir."
Güngör Karakaya
Mutualités Libres

Cet état des lieux doit cependant être considéré comme une première étape. «Nous ne verrons peut-être l’onde de choc du Covid-19 que dans les mois et les années à venir», prédit Güngör Karakaya. «Il y a aussi le phénomène du report de soins de la part de personnes qui auraient pu être diagnostiquées beaucoup plus tôt, ce qui aura pour effet d’aggraver leur problème de santé et d’engendrer une incapacité plus longue», signale-t-il.

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