Discours du 1er mai: entre salaires et dividendes

Les discours ont eu lieu après l'échec de l' accord interprofessionel. ©Photo News

Les partis politiques ont tenu leur discours du premier mai en mode virtuel. Ecolo, PS et PTB ont plaidé pour une hausse salariale. Le MR a dénoncé la proposition d'interdire les dividendes.

Le 1 er mai rime traditionnellement avec les discours des partis politiques à l'occasion de la fête du travail. Cette année, Covid-19 oblige, les meetings ont eu lieu en mode virtuel.

Les discours ont lieu alors que l'impasse des discussions sur l'accord interprofessionnel secoue la majorité fédérale depuis plusieurs jours. Du côté du PS, d'Ecolo, et du PTB, l'accent a été mis sur les augmentations salariales.

Dans un Facebook Live, Paul Magnette, le président du PS, a affirmé que "nous sommes aussi, bien entendu, aux côtés de nos camarades des organisations syndicales dans leur combat pour l'augmentation des salaires". "Il faut pouvoir octroyer des augmentations de salaire à tous les travailleurs qui ont continué à donner le meilleur d'eux-mêmes dans des secteurs qui, malgré la crise, ont fait des bénéfices. C'est pour nous une évidence. On ne comprendrait pas qu'ils ne soient pas récompensés pour leur travail", a répété le socialiste en appelant par ailleurs à la poursuite du combat pour le salaire minimum. Le président du PS avait brandi vendredi dans un entretien la proposition d'interdire les dividendes en cas de limitation à 0,4% de la hausse des salaires, une position défendue également par le Vooruit.

Pour le parti Ecolo, le personnel des entreprises qui ont connu une bonne année devrait recevoir plus qu'une augmentation de salaire de 0,4%, ont déclaré les coprésidents Jean-Marc Nollet et Rajae Maouane dans leur message du 1er mai. Ils pensent que la loi sur les normes salariales réformée par le gouvernement précédent devrait être à nouveau révisée, car elle rendrait le dialogue social très difficile. Ils ont critiqué la loi de 1996 sur les normes salariales, qui doit être révisée selon eux. Cette loi a été durcie par le précédent gouvernement Michel. "Le blocage des négociations montre une fois de plus que la loi entrave gravement le dialogue social, mais aussi qu'elle entrave des augmentations salariales équilibrées dans des secteurs sains et constitue un obstacle à la valorisation de performances exceptionnelles en situation de crise", a déclaré Jean-Marc Nollet.

Le PTB a appelé samedi les "autres partis de gauche" à soutenir la proposition de loi pour libérer les négociations salariales, déposée conjointement par Marc Goblet (PS) et Raoul Hedebouw (PTB). "La question n'est pas le nom de la loi, il s'agit de libérer les négociations salariales et de donner à la classe travailleuse le respect qu'elle mérite", a lancé M. Hedebouw dans un discours retransmis sur Facebook.

Réagissant à la menace de la famille socialiste au gouvernement fédéral de bloquer le versement des dividendes si des augmentations de salaires ne sont pas accordées aux travailleurs, le PTB y voit une "bonne mesure", tout en déplorant qu'elle n'ait jamais été appliquée en 25 ans, "même quand les socialistes étaient au gouvernement".

Le président du MR, George-Louis Bouchez, a dénoncé ce samedi la "fausse bonne idée" qu'est selon lui la proposition défendue par les partis socialistes d'interdire le versement de dividendes par les entreprises en cas de limitation à 0,4% de la hausse des salaires, après l'échec des négociations entre partenaires sociaux sur un accord interprofessionnel (AIP) et le renvoi de la balle dans le camp du gouvernement Vivaldi. "Ce n'est pas raisonnable. Cela fait vraiment partie - et je suis désolé de le dire - des idées populistes", a-t-il affirmé.

George-Louis Bouchez a souligné que le MR s'opposerait à cette menace, brandie tant par le PS que par son homologue flamand, Vooruit (l'ex-sp.a), deux des sept partis de la coalition fédérale dite Vivaldi, à la suite de l'échec des négociations sur l'AIP 2021-2022. "C'est facile de dire aux gens: 'il n'y aura pas de dividende'. Tout le monde applaudit parce qu'on dit 'c'est les multinationales, les très riches'. Savez-vous qu'un grand récepteur de dividendes, c'est l'Etat belge", a -t-il ajouté lors d'une séance de questions-réponses en ligne avec le président du "parti frère", l'Open Vld, Egbert Lachaert. "Est-ce qu'on va dire à l'Etat belge: 'plus de dividendes chez Proximus, plus de dividendes chez Belfius'?, a-t-il poursuivi en rappelant que les dividendes généraient également des impôts. "Ce sont des centaines de millions d'euros dont l'Etat se priverait si jamais on appliquait cette mesure et des centaines de millions en moins pour la sécurité sociale et pour les services publics" a-t-il ajouté.

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