Ecolo et Groen veulent fermer les centrales de Doel

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La prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires de Doel 1 et 2 crée un problème juridique majeur, estiment Groen et Ecolo. Les Verts proposent une alternative concrète au nucléaire, ce qui permettrait la fermeture des deux centrales.

Le gouvernement Michel souhaite prolonger la durée de vie des deux centrales nucléaires de Doel. L'Agence fédéral de contrôle nucléaire (AFCN) et le Conseil d'Etat ont émis des doutes là-dessus. Et pour l'opposition écologique, ça ne passera pas d'un point de vue juridique. "Tant au niveau du droit belge que du droit international, nous aboutissons à une conclusion importante. L’actuel projet de loi ne peut être voté sans qu’une étude d’incidence sur l’environnement préalable ne soit menée" ont déclaré ce lundi Jean-Marc Nollet (Ecolo) et Kristof Calvo (Groen). Une telle étude devrait comporter une enquête publique auprès de toutes les populations concernées, y compris les Néerlandais étant donné que les centrales se trouvent à proximité de la frontière avec les Pays-Bas.

L'alternative à la fermeture de Doel 1 et Doel 2

Groen et Ecolo proposent d'aller chercher de l'énergie aux Pays-Bas. Le projet BRABO consiste à renforcer l'interconnexion avec les Pays-Bas à court terme, mais pour cela, une condition: la fermeture définitive de Doel 1. "Le coût de cette proposition est minime et si les travaux débutent rapidement, tout peut être opérationnel pour l’hiver prochain", explique Jean-marc Nollet.

Doel 1 et 2 ont été mis en fonction en 1975. Ces deux centrales sont les plus vieux réacteurs du pays.

Ils avaient été construits pour une durée de 30 à 40 ans, qui arrive à échéance cette année.

"Il est dangereux de prolonger des centrales nucléaires qui sont âgées", commente Jean-Marc Nollet. Il met ainsi en avant les risques encourus par l'environnement et la population, environ un million et demi de personnes vivant dans un rayon de 30 km autour du site de Doel, soit neuf fois plus qu'autour de la centrale japonaise de Fukushima.


Les deux partis souhaitent également  mettre la pression sur l'AFCN. "Par le passé, l’AFCN plaidait pour des standards de sécurité équivalent à celui des centrales les plus récentes. Elle demandait également que les travaux prioritaires soient réalisés avant le redémarrage de la production. Ces deux exigences risquent de ne pas être rencontrées", craignent les écologistes. "L’AFCN met en jeu sa crédibilité", concluent Jean-Marc Nollet et Kristof Calvo.

Ecolo et Groen critiquent également le coût de la prolongation de la durée de vie de Doel 1 et 2. Electrabel avait ainsi évoqué un montant de 700 millions d'euros. "Pourquoi dépenser une telle somme dans de vieilles centrales nucléaires", s'interroge Kristof Calvo. "Autant investir dans un vrai projet énergétique à long terme."

"Maintenir ces centrales ouvertes représente non seulement un risque de sécurité, mais il met également en péril le marché de l'énergie à long terme."
Jean-Marc Nollet et Kristof Calvo
Chefs de groupe Ecolo et Groen

Kristof Calvo et Jean-Marc Nollet espère que la ministre de l'énergie Marie-Christine Marghem reviendra dans les prochaines jours sur sa "décision dogmatique et idéologiques". "Maintenir ces centrales ouvertes représente non seulement un risque de sécurité, mais il met également en péril le marché de l'énergie à long terme." D'après les écologistes, le marché de l'énergie des dix prochaines années, tout comme les dix années passées, va adopter une attitude prudente et n'investira pas parce que l'offre n'est pas assurée.

Ce mardi le Parlement débattra du projet de loi de Marie-Christine Marghem visant à prolonger la durée de vie de Doel 1 et Doel 2.

 


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