En cinq ans, les universités belges ont créé 183 spin-offs

A l'usine S.m.b. de recherche et fabrication de médicaments à Marche-en-Famenne. ©Photo News

En 2013, neuf des plus grandes universités belges prévoyaient de créer une centaine de spin-offs d’ici 2018. Cinq plus tard, elles en ont créé deux fois plus, révèle une enquête du bureau d’avocats NautaDutilh. Et les perspectives sont prometteuses.

La croissance des spin-offs belges a dépassé, et de loin, les estimations très prudentes des universités à la faveur d’un climat d’investissement particulièrement favorable. Interrogées par le cabinet d’avocats NautaDutilh en 2013, neuf d’entre elles (VUB, ULB, KUL, UCL, UA, UNamur, UHasselt, ULiège, UGent) estimaient qu’on en dénombrerait une centaine en 2018. En réalité, aujourd’hui, elles sont près de 200 (183 pour être vraiment précis).

Les secteurs les plus plébiscités sont les TIC (49 spin-offs en cinq ans), la technologie médicale (30) et les biotechnologies (28). Si le secteur des TIC remporte la palme d’or en termes de nombre de spin-offs créées dans chaque université, l’étude souligne que "le grand nombre de projets dans la technologie médicale illustre le fait que la distinction entre les différents secteurs s’estompe et souligne la pluridisciplinarité croissante des projets".

Un écosystème unique

"Nous avons un écosystème unique avec des acteurs comme la SRIW, Meusinvest, Qbic, PMV, Theodorus…"
Elke Janssens

En outre, les spin-offs s’appuyant sur des technologies médicales disposent de plus en plus de ressources financières pour croître, ce qui tend à suggérer que ce secteur devrait poursuivre sa croissance dans les années à venir. "Les perspectives s’ouvrant aux universités belges et à leurs spin-offs demeurent prometteuses ces prochaines années si le climat actuel, qui met l’accent sur le soutien des spin-offs, perdure" estime Elke Janssens, partenaire chez NautaDutilh.

Pour cette dernière, il est également essentiel que le prochain gouvernement continue de libérer des moyens suffisants pour l’innovation et l’entrepreneuriat. "Nous avons un écosystème unique avec des acteurs comme la SRIW, Meusinvest, Qbic, PMV, Theodorus…", souligne Elke Janssens.

Attractivité grandissante

L’un des moteurs principaux qui soutient la croissance des spin-offs est l’intérêt croissant des fonds d’investissement, notamment parce que les rendements sont faibles ailleurs. "Nous observons qu’il existe de plus en plus de fonds orientés vers les spin-offs universitaires", explique Jean Van Nuwenborg, managing partner chez Qbic, le seul fonds d’investissement interuniversitaire belge.

"Les rendements étant faibles ailleurs, il est logique que les investissements à hauts risques dans les spin-offs soient plus attractifs, poursuit-il. Certains fonds qui investissent dans les spin-offs semblent également rentables grâce à une sélection et une répartition des risques très stricte, raison pour laquelle je pense que la croissance des spin-offs se poursuivra dans les années à venir."

Entre une et cinq spin-offs en 2019

Malgré cette vague favorable, les universités restent prudentes dans leurs prévisions. Pour l’année à venir, elles prévoient de créer entre une et cinq spin-offs. Concrètement, 48 nouvelles spin-offs potentielles sont déjà en projet pour les 12 prochains mois.

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48 nouvelles spin-offs potentielles sont déjà en projet pour les douze prochains mois.

En revanche, sur le long terme, la majorité d’entre elles envisagent plus d’une dizaine de projets susceptibles de donner lieu à la création d’une spin-off au cours des cinq prochaines années. Pas moins de 127 projets prometteurs sont concernés, relève NautaDutilh.

"Ces chiffres démontrent que la science et l’esprit d’entreprendre vont de pair de plus en plus souvent, conclut Elke Janssens. Au-delà de leur rôle essentiel en recherche fondamentale, les universités sont de plus en plus disposées à pousser leurs étudiants et leurs chercheurs vers la création d’entreprise.

Un nombre croissant d’universités permettent à leurs étudiants d’expérimenter la création d’entreprise. Certaines sociétés créées par des universités sont devenues des entreprises solides, autorisant leurs étudiants à se lancer dans un doctorat ou tout autre projet. La combinaison des fonds publics et du soutien (financier) des investisseurs professionnels crée un environnement prospère d’où sortiront de nombreuses sociétés en pleine santé."

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